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Santé mentale

14 avril 2015

De l’espoir pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer

La méthode de traitement par ultrasons semble prometteuse pour traiter la maladie d'Alzheimer chez les souris, et elle cause moins d'effets secondaires; les essais chez les humains pourraient commencer dans trois à cinq ans.

Lorsque Jürgen Götz et les membres de son équipe ont vu les premiers résultats de leurs recherches, ils ont été très heureux de constater que la théorie de Götz pour un traitement par ultrasons de la maladie d'Alzheimer semblait prometteuse. «Nous avons été surpris de constater des résultats aussi remarquables» dit M. Götz, directeur du Clem Jones Centre for Ageing Dementia Research de l'Université Queensland à Brisbane en Australie.

Les résultats de ces recherches ont été publiés récemment dans la revue évaluée par des pairs Science Translational Medicine. M. Götz est l'auteur principal de l'article. Son équipe de recherche a étudié des souris qui ont été modifiées génétiquement pour produire des plaques amyloïdes – dépôts anormaux d'une protéine qu'on trouve habituellement dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Ces plaques sont l'une des caractéristiques de la maladie, l'autre étant les enchevêtrements ou structures fibrillaires dans les cellules nerveuses qui finissent par étouffer les cellules vivantes.

L'équipe de M. Götz a exposé le cerveau des souris aux ultrasons une fois par semaine pendant sept semaines, et le résultat fut une diminution des plaques de l'ordre de 50 %. En outre, les souris ainsi traitées semblaient indemnes, sans aucun dommage aux tissus, et elles étaient capables de résoudre des problèmes après le traitement -- comme sortir d'un labyrinthe -- aussi bien que des souris en santé.

Selon la Société Alzheimer du Canada, la maladie d'Alzheimer est la forme la plus courante de démence. Une dégénérescence progressive des cellules du cerveau entraîne une détérioration irréversible de la pensée et de la mémoire. La maladie d'Alzheimer modifie également le comportement, l'humeur et les émotions et elle influe aussi sur la capacité d'exercer les activités de la vie quotidienne.

Les répercussions de la maladie d'Alzheimer

Près de 750 000 Canadiens sont atteints de démence, sous une forme ou une autre, et on prévoit que ce nombre doublera ou presque d'ici 2031; les répercussions de cette maladie sont donc énormes -- y compris sur le plan économique. Les chiffres publiés par la Société en 2012 indiquent que «les coûts annuels directs (médicaux) et indirects (perte de revenu) combinés de la démence au Canada sont de 33 milliards de dollars. Ce chiffre montera en flèche d'ici 2040 pour atteindre 293 milliards de dollars par année.»

On développe actuellement des médicaments qui pourraient offrir de l'espoir aux personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et aux membres de leur famille. Aux États-Unis, dans le cadre d'essais chez les humains, ces médicaments ont démontré des résultats prometteurs en ce qui a trait à la réduction de plaques amyloïdes dans le cerveau, même s'ils causaient quelques effets secondaires; des recherches supplémentaires doivent être effectuées. On travaille aussi actuellement sur des vaccins. Toutefois, si la méthode aux ultrasons – M. Götz l'appelle parfois la «dialyse cérébrale» -- se révèle efficace chez l'humain, non seulement serait-elle une option non médicamenteuse dans l'arsenal de traitement, mais «elle serait aussi considérablement moins coûteuse que n'importe quel des vaccins en développement actuellement» explique M. Götz. «Si cette méthode était efficace chez l'humain, elle n'aurait très probablement pas les effets secondaires inévitables des interventions pharmacologiques.»

Simplement Brillant a demandé à M. Götz s'il avait une raison personnelle de s'intéresser à la maladie d'Alzheimer. «Lorsque j'ai commencé mes recherches dans ce domaine, je ne connaissais personne qui était atteint de la maladie» dit-il. «Maintenant, j'en connais plusieurs, y compris dans ma famille élargie, et cela me motive grandement pour trouver un traitement.»

Les chercheurs commenceront cette année à expérimenter la méthode aux ultrasons auprès d'animaux plus gros que des souris. En ce qui a trait aux essais cliniques chez les humains, M. Götz prédit qu'il faudra de trois à cinq années avant de les commencer, ce qui lui semble réaliste. «C'est avec un enthousiasme prudent que j'estime que cette approche fonctionnera chez les humains» dit-il.

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