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Santé mentale

23 septembre 2014

Arrête-moi ça tu-suite!

Nous, les femmes, adoptons parfois des habitudes plutôt difficiles à mater. Plus ou moins conscientes des dommages que celles-ci peuvent nous causer, nous les perpétuons souvent pendant des années, et parfois même durant toute une vie.

Les mauvaises habitudes sont comme un lit confortable, on s'y installe facilement, mais il est difficile d'en sortir.

— Watson C. Blake

Nous, les femmes, adoptons parfois de désolantes habitudes plutôt difficiles à mater. Plus ou moins conscientes des dommages que celles-ci peuvent nous causer à court, moyen et long terme, nous les perpétuons souvent pendant des années, et parfois même durant toute une vie. Glanées çà et là au fil du temps, ou tout simplement héritées de nos mères, qui elles les tenaient de la leur, il se trouve que certaines de ces mauvaises habitudes diminuent considérablement nos chances d’épanouissement tout en réduisant du même coup notre potentiel de bonheur. En voici 5 à enrayer aussi vite que possible.

S’cusez-là!

S’excuser sans cesse : À force de s’excuser pour tout et pour rien, on pourrait bien finir par s’excuser de respirer… et tant qu’à y être, pourquoi pas aussi d’exister. L’excuse automatique étant la sœur du sentiment de culpabilité injustifié, nous aurions intérêt à nous demander, avant d’y aller d’un s’cuse-moi machinal, s’il y a vraiment lieu de s’excuser. Les gens qui s’excusent constamment sans raison sont ceux qui croient qu’ils dérangent sans cesse. Allô estime de soi. Il faut savoir faire la différence entre politesse et servilité dans la vie, sans quoi on risque de passer pour un tapis sur lequel tout le monde s’essuie les pieds… sans même s’excuser.

Quelle partie du NON tu ne comprends pas?

Dire oui à tout le monde, ou être incapable de dire non, ce qui revient au même. Autant vous dire tout de suite que si ce n’était de toutes ces années de thérapie qui m’ont raplombé le canayen, ce serait en plein mon genre. Mais après avoir maintes et maintes fois payé le prix d’avoir dit oui quand je pensais non, j’ai fini par me guérir de cette vilaine habitude. Les autres peuvent bien tenter d’exercer toutes les pressions du monde sur moi, quand c’est non, c’est non. Tant pis pour ceux que ça dérange. Vous essaierez ça, c’est fou comme ça fait du bien. Et pas la peine de vous justifier jusqu’à demain, je vous signale. «Je sais que je risque de te décevoir, mais je ne peux pas accepter (ton invitation, ta demande, etc.)» constitue une réponse très convenable. Et si par malheur vous avez affaire à quelqu’un qui ne manque pas d’air et ose vous demander «pourquoi?», vous pouvez sans remords répondre «parce que ça me tente pas». Moi je trouve que c’est bien en masse comme raison, non?

Me, myself and I.

De nos jours, notre aide et notre collaboration sont sollicitées de toutes parts. Que ce soit nos enfants, nos parents vieillissants ou qui que ce soit d’autre qui nécessite notre attention ou des soins, il y a toujours quelqu’un qui passe avant nous-mêmes, en priorité. Et bien franchement, il arrive en effet que certaines situations l’exigent. Il est parfois impératif de mettre nos propres besoins sur la glace afin de pouvoir régler une situation de crise. On n’a qu’à penser au statut de mère pour s’en convaincre, puisqu’il comporte à lui seul une multitude de renoncements et d’oublis de soi pas toujours agréables. C’est connu, toute mère a un jour mangé des restants froids, avant de se résigner à prendre une douche tout aussi froide, une fois que sa tribu a complètement épuisé le réservoir d’eau chaude.

Au bout du compte, le temps nous manque souvent pour prendre soin de soi, et s’octroyer quelques douceurs de temps à autre, genre un repas entre copines, un après-midi au spa ou encore une balade en ville seule comme une grande.

Le jour où j’ai entendu le bon Dr Phil, à la télé, convaincre une femme de s’occuper d’elle-même, sous peine de quoi elle ne serait bientôt plus en mesure de s’occuper adéquatement de ses enfants, j’ai compris le principe. Vous devez prendre soin de la mère de vos enfants, avait-il dit à cette pauvre femme à bout de nerfs. Au fond, je me dis que c’est comme nous le répètent sans cesse les agents de bord dans les avions dans leur vidéo de consignes de sécurité : Posez le masque à oxygène sur votre visage avant d’aider les autres…parce que sinon, c’est clair, vous allez étouffer ben raide sous les yeux de votre smala qui fera de même à son tour. Pis vous ne serez pas bien avancée.

Le démon du midi.

Certaines femmes considèrent la nourriture comme un ennemi. Au resto, elles consultent le menu du midi comme s’il regorgeait d’aliments au pouvoir maléfique. Une fois qu’elles ont commandé, elles picorent dans leur assiette sinon avec dédain, à tout le moins avec méfiance. Et si d’aventure elles osent commander des frites, elles n’en mangent qu’une, et encore, que du bout des dents. Manger est non seulement un besoin, mais un plaisir, on l’oublie trop souvent. Et puis les femmes qui mangent avec appétit, les gars aiment ça. C’est mon beau-frère qui me l’a dit récemment en regardant sa femme se servir des farfalles une deuxième fois. Les petites maigrelettes qui regardent une pointe de tarte comme les habitants de Salem regardaient leurs supposées sorcières, ça ne respire pas la sensualité, ça madame. C’est Épicure lui-même qui vous le dirait.

T’es belle, t’es fine, t’es capable!

Nous, les filles, avons parfois tendance à nous déprécier à la première occasion. Quelqu’un nous fait un compliment sur la robe que nous portons? C’est avec une spontanéité déconcertante que nous rétorquons tout de go : Ha! Arrête-moi ça! C’est vieux pis c’est cheap. Pas besoin des autres pour nous rabaisser, on dirait bien, il semble que nous sachions très bien le faire toute seule. Et si, au lieu de nous autocritiquer sans cesse, nous tentions plutôt de porter attention à nos bons coups, à ce que nous avons de beau et de bien? Pourquoi ne pas faire taire la petite voix qui nous rabaisse toujours le caquet de ses mots acerbes et humiliants?

Je propose que nous récitions toutes, en commençant nos journées, le mantra que ma mère m’a appris à me répéter ad nauseam : T’es belle, t’es fine, t’es capable. Changeons de disque, une fois pour toutes, et prenons le chemin de l’estime de soi. Après tout, aime ton prochain comme toi-même, a dit un grand sage aux cheveux longs. Il est indéniable que le bonheur s’acquiert en aimant les autres. Mais entre vous et moi, ça marche bien mieux quand on s’inclut soi-même dans le groupe.

Dominique Bertrand est aussi l’auteure de Démaquillée, livre autobiographique où elle se livre en toute humanité, et du livre Le pot au rose, son premier roman, dans lequel elle nous invite à plonger dans l'univers savoureux de Florence.

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