Qui dit Fêtes dit temps en famille. Cette année, beaucoup d’entre nous espèrent célébrer ensemble autour d’un bon festin. Mais, une fois que vous aurez célébré, le moment pourrait être propice pour discuter franchement de finances familiales.

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La seule idée de parler sérieusement d’argent vous donne envie de vous enfuir? Vous n’êtes pas seuls! « Parler d’argent semble parfois mettre les gens aussi mal à l’aise que de discuter de la façon dont on fait les bébés, dit Layne Choong (en anglais), Pourtant, l’argent est l’une des principales sources de stress. Les familles doivent donc connaître leur situation financière pour éviter les embûches éventuelles. » 

C’est d’autant plus vrai en période d’incertitude. Ces derniers temps, les familles canadiennes font face à de nombreux défis, notamment :

  • l'augmentation de l’inflation,
  • la possibilité d’une récession;
  • le renouvellement hypothécaire à un taux plus élevé;
  • les tensions internationales;
  • les événements météorologiques extrêmes; 
  • et les problèmes de santé.

Pour s’en sortir, les membres d’une famille doivent être sur la même longueur d’onde. Mais comment y arriver? C’est simple : il faut se parler. Et le temps des Fêtes pourrait être le moment idéal pour le faire. 

Le simple fait de parler ne règlera pas tous les défis financiers des membres de la famille. Mais une discussion ouverte vous permettra certainement d’échanger des idées et peut-être même de trouver des solutions.

Vous aimeriez essayer? Voici quoi faire.

Pourquoi parler d’argent pendant les Fêtes?

 Rien de tel que les Fêtes pour parler d’argent en famille. Déjà, il y a de fortes chances que tout le monde soit là. En plus, la fin de l’année est un moment pour réfléchir au passé et à l’avenir.

« Les gens se plaignent d’avoir un peu trop dépensé pendant les Fêtes, et c’est compréhensible, indique la conseillère. Mais souvent, d’autres questions financières ont occupé leur esprit durant l’année, voire depuis plusieurs années. Les testaments, les plans de retraite, l’assurance-vie… Ce sont des sujets dont on ne parle pas assez en famille. Et pourtant! Il le faudrait vraiment. Comme tout le monde est là, les Fêtes sont une occasion de discuter ouvertement des questions financières. »

Mais aborder un sujet aussi sérieux pourrait casser l’ambiance. Alors, comment en discuter sans être trop rabat-joie? Mme Choong propose de fixer un calendrier de la période des Fêtes et de réserver un moment pour parler de planification financière. Que les membres de votre famille viennent de l’autre bout du pays ou de la ville voisine, prévoyez un moment avec eux. 

« Je préfère ne pas soulever la question des finances pendant un repas ou une soirée, indique-t-elle. Mieux vaut attendre un ou deux jours après les festivités. Tout le monde a alors l’esprit plus clair et l’oreille plus attentive. »

Que faire si un membre important de la famille est absent? Vous pourriez prévoir une rencontre virtuelle.

Quelles sont les 3 questions d’argent à poser en famille?

Avant d’inscrire la discussion à votre calendrier, faites une liste de points à aborder. Faites en sorte que tout le monde soit sur la même longueur d’onde. « De cette façon, personne ne réagira mal à un point imprévu. »

Les sujets soulevés pourraient varier selon la situation financière de votre famille :  

  • budget,
  • hypothécaires et autres prêts; 
  • assurance. 

Toutes ces questions sont importantes. Cependant, si vous avez des enfants ou des parents âgés, Mme Choong vous conseille de commencer par les questions suivantes :

1. Tout le monde a un testament?

« Si vous décédez ab intestat (autrement dit, sans testament), c’est la loi qui nommera le liquidateur de votre succession et décidera comment vos biens seront distribués », explique la conseillère. Et cela pourrait ne pas vous convenir. Un testament permet de désigner le tuteur légal des enfants en cas de décès des parents. Si vous avez une famille recomposée, il est tout aussi important de faire un testament.

Le recours aux voies juridiques pour départager les biens peut prendre des années, selon les circonstances. « C’est une situation compliquée que vous pouvez éviter à votre famille. »

Pour en savoir plus : Testament : les questions à se poser

2. Qui est le liquidateur de votre succession?

Le liquidateur (aussi appelé exécuteur testamentaire ailleurs qu’au Québec) est la personne qui exécute les dispositions de votre testament après votre décès. « Les gens désignent parfois un proche comme liquidateur, note Mme Choong. C’est bien, mais toutes les parties doivent savoir ce à quoi elles s’engagent et le travail que cela représente. »

Les liquidateurs doivent s’acquitter de nombreuses tâches administratives : 

Les liquidateurs doivent s’acquitter de nombreuses tâches administratives :

  • Trouver les contrats d’assurance et contacter les bénéficiaires
  • Recenser les dettes et les payer
  • Régler les impôts et les autres frais
  • Distribuer les biens aux bénéficiaires

  « Dans certains cas, être liquidateur, c’est comme avoir un deuxième emploi à temps plein. C’est beaucoup demander à un membre de votre famille ou à un ami proche. »

Et si la personne de votre choix refuse? Vous pouvez alors faire appel à un professionnel du secteur juridique pour tenir ce rôle. Vous pourriez aussi embaucher un professionnel si vous vous attendez à avoir une succession très importante et/ou complexe. 

3. Qui sont vos bénéficiaires?

Désignez des bénéficiaires (les personnes à qui vous souhaitez laisser votre argent) pour tous les produits financiers possibles. Pourquoi? Pour enlever beaucoup de stress à votre famille :

  • vous n’aurez pas à embaucher de notaire pour le faire;
  • votre institution financière s’occupera de la paperasse;
  • vos bénéficiaires n’auront pas à attendre le règlement de la succession pour toucher leur argent.

Des exemples :

Si vous détenez un régime enregistré d’épargne-retraite (REER), sa valeur peut être transférée dans le REER de votre conjoint si vous l’avez désigné comme bénéficiaire.

Si votre argent est placé dans un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) ou un compte d’épargne libre d’impôt (CELI), vous pouvez désigner votre conjoint comme rentier remplaçant (FERR) ou propriétaire remplaçant du contrat (CELI) ou rentier remplaçant (FERR).

Le document le plus commun où vous pouvez désigner des bénéficiaires est votre contrat d’assurance-vie. « Le capital-décès (l’argent qui est versé aux bénéficiaires) ne dépend pas de la succession. L’argent va directement à la personne désignée. Donc, pas besoin d’attendre que le liquidateur ait payé les dettes et les impôts. », explique la conseillère. 

NOTE : Assurez-vous d’aviser la personne que vous nommez comme bénéficiaire. Sinon, elle ne pourra pas réclamer l’argent. C’est la seule personne qui peut remplir la demande. Votre liquidateur ne peut pas non plus le faire, à moins de faire partie des bénéficiaires.

Vous pouvez désigner plusieurs personnes et donner à chacune un pourcentage.

Comment amorcer une conversation sur les finances avec votre famille?

« L’argent est un sujet délicat, mais on peut en parler sans que ce soit désagréable, rappelle Mme Choong. Expliquez poliment à votre famille pourquoi vous souhaitez avoir cette conversation. Dites-lui pourquoi vous tenez à ce qu’elle soit au courant si quelque chose arrive. »

Autre truc pour éviter de mettre les autres mal à l’aise : parlez en général. « Les membres de votre famille n’ont peut-être pas envie de révéler des montants exacts. N’en parlez pas. Concentrez-vous plutôt sur les types de comptes et de contrats d’assurance. Demandez où se trouve chacun de ces documents et qui sont les personnes-ressources (conseiller, liquidateur, notaire, etc.). »

Votre famille a besoin d’aide pour parler d’argent?

Vous n’êtes pas à l’aise avec cette conversation ou ne savez pas où cela vous mènera? Pourquoi ne pas rencontrer un conseiller tous ensemble? Les conseillers sont de bons médiateurs qui pourront :

  • vous conseiller quant à vos options financières;
  • vérifier tout ce que vous avez à faire;
  • vous aider à créer le plan qui convient à votre famille.

Certaines familles ont un conseiller qu’elles rencontrent chaque année. « C’est merveilleux quand toute une famille a un conseiller de confiance vers qui se tourner. Il y a fort à parier que ce conseiller aura une meilleure compréhension de toute la situation familiale. Il pourra donner de meilleurs conseils. »

Bien sûr, ce n’est pas toujours possible d’avoir le même conseiller. Votre situation financière pourrait être totalement à l’opposé de celle de vos parents ou frères et sœurs. Peut-être habitez-vous des villes et des provinces différentes.

« C’est correct que chacun ait son propre conseiller, indique Mme Choong. Avec votre permission, votre conseiller peut tenir votre famille au courant de votre plan. Pas besoin de révéler des montants précis ou d’entrer dans les détails. » C’est une bonne solution pour les personnes qui ont du mal à parler de leur situation financière avec leurs proches.

L’argent, c’est un sujet difficile et complexe. Mais il est important d’en parler et de trouver le soutien nécessaire pour bien faire les choses.

Vous n’avez pas de conseiller? Trouver un conseiller.

Cet article ne vise qu’à fournir des renseignements d’ordre général. La Sun Life du Canada, compagnie d’assurance-vie ne fournit pas de conseils professionnels d’ordre juridique, comptable, fiscal ou autre. Pensez à consulter un professionnel spécialisé qui fera un examen approfondi de votre situation juridique, comptable et fiscale.