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Travail et retraite

19 septembre 2017

Se lancer en affaires avec peu d’épargne : c’est possible?

Si vous pensez avoir la bosse des affaires et avez toujours rêvé d’être votre propre patron, voici quelques conseils qui pourront vous aider.

Se lancer en affaires avec peu d’épargne, est-ce possible? Tout à fait! Le Québec recèle de belles histoires d’entrepreneurs partis de rien qui se sont bâti leur petit empire. Si vous pensez avoir la bosse des affaires et avez toujours rêvé d’être votre propre patron, voici quelques conseils qui pourront vous aider à démarrer votre projet.

Par où commencer?

Petite somme mise de côté ou non, ça commence toujours par les chiffres. Et si on n’a pas d’épargne, ça prendra un peu de financement. Mais bien avant de rechercher du financement, un plan d’affaires solide est indispensable pour assurer la viabilité du projet (et votre sécurité financière) et pour bien guider vos actions en temps opportun. De plus, un plan d’affaires bien ficelé, démontrant le potentiel de l’investissement, aidera à convaincre les éventuels investisseurs en quête de bons placements. À ce chapitre, les centres locaux de développement, les banques et les centres locaux d’emploi sont d’excellents points de départ qui vous aideront à bâtir votre plan d’affaire et, dans une deuxième étape, vous indiquer quelles options de financement pourraient convenir à votre type d’entreprise.

Interrogée au sujet du financement d’entreprise, Nathaly Riverin, directrice générale de l’École d’entrepreneurship de Beauce, explique que, pour une entreprise de service, «il vaut mieux chercher des clients avant de chercher du financement. Ce sera moins long!»

Kim Auclair, entrepreneure passionnée et bloggeuse reconnue, abonde dans ce sens. «Chercher du financement pour une entreprise de services, c’est beaucoup de frais et des mois de dépenses, de démarchage, de déplacements, alors qu’on ne connaît pas encore toutes les balises de notre marché. C’est pourquoi il est important de se concentrer sur les ventes en premier. Cela permet aussi de garder le contrôle de son entreprise et de son évolution.»

La théorie des petits pas ou comment mieux se connaître

Quand on a peu de connaissances en affaires, il vaut mieux commencer petit et s’autofinancer le plus possible en évitant les gros projets complexes de financement. C’est ce que Nathaly Riverin appelle «la théorie des petits pas».

Kim Auclair est aussi une fervente croyante de cette approche et recommande de prendre son temps avant de chercher du financement extérieur. «J’ai fait l’erreur de me lancer trop rapidement en partenariat avec une personne que je ne connaissais pas. Après 4 mois, j’ai donc dû dépenser beaucoup en frais d’avocats qui n’étaient pas prévus. Ça peut aussi coûter cher en émotions», explique-t-elle. «Les six premiers mois permettent de mieux connaître son marché, ses services et ses besoins.»

Puisque vos partenaires ou bailleurs de fonds n’auront pas forcément les mêmes valeurs que vous et la même vision d’entreprise, cela mérite une certaine réflexion avant de s’engager avec d’autres. D’autant plus que ces partenaires auront probablement un certain pouvoir sur votre entreprise et sur les décisions qui y seront prises.

Les différentes options de financement comme les subventions, les Anges financiers et les investisseurs privés sont d’excellents moyens pour vous permettre d’avancer plus rapidement. Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier pourrait être une bonne idée : il est même souhaitable de diversifier ses méthodes de financement pour avoir plus de flexibilité.

Pour mieux cerner la forme de partenariat qui nous convient et être en mesure de mieux négocier le moment venu, prendre du temps pour connaître son marché sur le bout des doigts peut être très utile.

Être créatif

Plusieurs sont adeptes de ce qu’on appelle le «bootstrapping», ou plutôt l’art de se débrouiller. «J’ai dans mon entourage des personnes qui n’avaient pas les fonds nécessaires pour lancer leur entreprise. Elles ont décidé de partager le risque à trois. Alors que deux continuaient à travailler pour amasser des fonds pour la création de l’entreprise, la dernière se consacrait à temps plein au projet. C’est un bel exemple de créativité qui leur a permis de démarrer», raconte Nathaly Riverin.

Évidemment, s’entourer de personnes qui ont de l’expérience en démarrage d’entreprise se révélera un atout sûr, si ce n’est la clé du succès. «Ils reconnaîtront votre audace et vous donneront de bons conseils», ajoute-t-elle.

Si on ne veut pas avoir recours à du financement extérieur, mais qu’on a besoin d’un petit coussin supplémentaire, vous pouvez toujours opter pour le love money, c’est-à-dire solliciter votre entourage pour vous financer sans subir les contraintes plus rigoureuses que vous imposent parfois les banques ou les investisseurs privés. Par contre, il ne faut pas oublier que, argent et famille ne font pas toujours bon ménage!

Et sur le plan personnel?

En moyenne, un entrepreneur doit compter environ 24 mois avant d’atteindre une certaine rentabilité. Il est donc plus sécuritaire d’avoir un bon plan de match au préalable et d’accepter, dès le départ, que ce ne sera pas facile.

Beaucoup de patience et de discipline peuvent mener loin; Kim Auclair en est la preuve. «Avant de démarrer mon entreprise, explique-t-elle, j’ai calculé pour un mois ce dont j’avais besoin pour vivre, pendant un mois. Cela m’a aidée à fixer mon taux horaire, auquel j’ai ajouté un petit surplus. Je me suis ensuite ouvert deux comptes bancaires : un pour l’entreprise et l’autre à titre personnel. Pendant un an, je me suis versé le salaire minimum que je m’étais fixée dès le départ et m’assurais de conserver le surplus dans le compte ‘’affaires’’. C’est ainsi que j’ai pu me bâtir un cash-flow.»

Selon Nathaly Riverin, les grands entrepreneurs sont souvent ceux qui ont réussi à traverser les premiers pas en étant bien accompagnés, soit par leur conjoint, leurs collègues ou leurs associés. Kim Auclair ajoute cependant un bémol à cette réflexion : «c’est bien de tenir son entourage au courant de ce que l’on fait, mais en même temps, c’est parfois une bonne chose de garder une petite distance. De cette façon, on peut décrocher à la fin de la journée!»

L’absence de financement ne signifie pas absolument la mort de vos rêves d’entrepreneurs. La route sera sans doute parsemée d’embûches, mais avec un peu de patience et de créativité, on peut y arriver!

Une fois qu’on a une meilleure idée de nos besoins financiers et du style de gestion qui nous convient, on peut se pencher sur les différentes formules de financement qui existent. Par exemple, un entrepreneur peut préférer une méthode qui lui permet de garder le contrôle de son entreprise, alors qu’un autre peut chercher l’aide et l’implication d’investisseurs privés.

Pour en apprendre davantage sur les possibilités de financement, on peut consulter son conseiller en sécurité financière ou se renseigner auprès des organismes suivants :

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