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Santé mentale

10 octobre 2018

Comment parler de votre santé mentale à votre patron

Il peut être difficile d’aborder le sujet de la santé mentale avec votre patron, mais selon les experts, cela pourrait vous aider à vous rétablir.

La plupart des Canadiens préféreraient ne pas parler de leur santé mentale à leur patron. Selon le sondage Baromètre Financière Sun Life, les travailleurs canadiens seraient à moitié moins susceptibles de signaler à leur employeur un problème de santé mentale ou affective qu’un problème de santé physique grave ou un accident. Pourtant, selon le même sondage, la moitié des travailleurs canadiens ont fait face à un problème de santé mentale à un moment ou à un autre. Cela fait beaucoup de conversations qui n’ont jamais eu lieu.

Bien que parler de votre santé mentale avec votre patron soit la dernière chose que vous ayez envie de faire, cette démarche est essentielle à votre rétablissement. «En gardant le silence, vous vous privez d’aller chercher l’aide dont vous avez besoin, ce qui peut aggraver les choses», indique Dr Samuel Mikail, conseiller principal, santé mentale à la Financière Sun Life.

Parfois, les gens qui ont un problème de santé mentale s’isolent parce qu’ils se sentent submergés. Ils sont également moins productifs qu’à l’habitude ou s’absentent du travail. «Si vous ne souhaitez pas en parler, vous donnerez l’impression de ne pas faire votre part. Il est alors possible que votre supérieur soupçonne que quelque chose ne va pas et qu’il saute aux conclusions», précise Dr Mikail.

En acceptant de parler, vous pouvez aider votre patron à comprendre votre situation. Ensemble, vous pourrez alors créer un plan favorisant votre santé mentale au travail. «Il est essentiel, pour vous rétablir, que vous parliez aux gens autour de vous pour les informer de ce que vous vivez», dit Dr Mikail.

NOTA : Connaissez vos droits – votre employeur ne peut pas vous congédier si vous lui faites part de votre problème de santé mentale. D’un autre côté, même s’il est bénéfique que vous discutiez avec votre patron, vous n’avez pas l’obligation de le faire. Pour obtenir davantage de renseignements sur vos droits en tant que travailleur, lisez la Loi canadienne sur les droits de la personne.

3 conseils pour aborder le sujet du mieux-être mental avec votre patron

1. Soyez indulgent envers vous-même et prenez le temps de réfléchir. «Les sentiments négatifs que nous ressentons par rapport à notre propre santé mentale peuvent être très forts», indique Dr Mikail. «Bon nombre de personnes n’arrivent pas à admettre qu’elles ont un problème de santé mentale, alors elles ne tentent pas de le régler. Le sentiment de honte peut également empêcher les gens d’aller chercher de l’aide.» Si vous ressentez des symptômes de maladie mentale, tels que de l’insomnie perpétuelle, une perte d’appétit ou de l’anxiété, ne les niez pas. Prenez le temps de réfléchir à ce que vous ressentez et prenez des notes. Consigner vos impressions peut vous aider à trouver des moyens de gérer vos symptômes et à vous préparer à avoir une conversation avec votre employeur. Vos notes vous serviront également si vous prévoyez consulter un professionnel en santé mentale. De nombreux régimes d’assurance-santé au travail remboursent les frais de consultation avec un professionnel autorisé. Consultez votre fournisseur d’assurance-santé et d’avantages sociaux au travail pour savoir ce qu’offre votre régime.

2. Préparez-vous à avoir une conversation. «Vous préparer à avoir une conversation importante peut diminuer l’anxiété que vous ressentez», explique Dr Mikail. Exercez-vous avec une personne proche de vous comme un partenaire, un collègue ou un ami. Le Dr Mikail suggère également de faire quelques essais devant le miroir pour voir si votre langage corporel reflète ce que vous dites. Vous vous sentirez plus en confiance sachant que votre langage corporel appuie vos paroles.

3. Discutez des aménagements possibles avec votre employeur. Vous avez le droit de demander des aménagements au travail si vous avez un problème de santé mentale. Selon la Loi sur les droits de la personne, tous les employeurs doivent offrir des aménagements aux personnes vivant avec un handicap tel qu’une maladie mentale. Que pourriez-vous demander? Par exemple, si être entouré d’un grand nombre de personnes vous rend anxieux, vous pourriez demander à ce que votre poste de travail soit déménagé dans un coin plus tranquille ou à ce que vous puissiez faire du télétravail. Donnez à votre employeur des exemples concrets d’aide que vous souhaitez recevoir, puis créez un plan ensemble. L’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) suggère de mettre par écrit vos demandes si vous ne vous sentez pas à l’aise d’en parler de vive voix. Quoi qu’il en soit, il est toujours préférable de consigner les aménagements que vous souhaitez obtenir.

Que faire si vous ne vous entendez pas bien avec votre supérieur?

Si un problème lié au travail, comme de piètres rapports avec votre patron, contribue à votre mauvais état de santé mentale, vous n’êtes pas seul. Plus d’un tiers des travailleurs canadiens ont indiqué, dans le cadre du sondage Baromètre, que leur vie professionnelle était une source de stress élevée pour eux. Si le stress au travail nuit à votre santé mentale, il peut être très difficile pour vous de discuter avec votre supérieur. Si c’est votre cas, le Dr Mikail vous suggère de parler à un collègue, si possible une personne haut placée qui entretient de bonnes relations avec votre patron. «Parlez à une personne de confiance qui – idéalement – s’entend bien avec votre supérieur», conseille-t-il. «Elle pourra peut-être vous donner des conseils pour aborder le sujet avec lui et faciliter la conversation.»

Parler de votre santé mentale à votre patron, particulièrement si vous n’êtes pas au sommet de votre forme, prend du courage. Toutefois, il s’agit d’une étape importante pour vous rétablir et peut-être même pour aider les autres. Pour obtenir davantage de renseignements sur la santé mentale au travail, consultez L’importance d’amorcer une conversation : la santé mentale au travail.

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