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Auto et maison

01 juin 2018

Comment acheter une maison avec un ami… et rester amis?

Si vous planifiez soigneusement les aspects émotionnel, juridique et financier de votre acquisition, devenir copropriétaire avec un ami pourrait vous permettre d’accéder à la propriété dans le coûteux marché immobilier d’aujourd’hui.

Lorsque ma colocataire et moi-même avons été prêtes à acheter une maison après avoir partagé un logement pendant longtemps, nous avons pensé mettre en commun nos ressources : pourquoi ne pas acheter un beau petit condo ou une maison de ville avec une cour où nous pourrions recevoir? Nous nous étions bien entendues en tant que colocataires, alors l’idée de devenir copropriétaires nous paraissait sensée.

Tout était parfait, non? Hélas, lorsque nous avons entrepris de concrétiser notre projet et commencé à visiter des propriétés, rien ne faisait réellement l’affaire : soit les chambres à coucher n’étaient pas de même taille – un critère important –, soit nous n’avions pas suffisamment d’intimité chacune de notre côté, soit l’emplacement ne convenait pas à l’une ou à l’autre.

Finalement, nous nous sommes parlé à cœur ouvert, et il nous est apparu que nous n’étions pas aussi compatibles que nous le pensions : mon amie n’appréciait pas vraiment ma désinvolture à l’égard de la vaisselle qui s’empile dans l’évier, par exemple, tandis que, de mon côté, j’avais une affection très limitée envers son superbe chat qui perdait ses poils à la grandeur de l’appartement.

Les situations comme la nôtre seront de plus en plus courantes, puisque le prix des maisons reste élevé et que le mode traditionnel d’accès à la propriété devient inabordable pour un grand nombre de Canadiens.

En fait, une étude du fournisseur de carte de crédit Capital One révèle que près de la moitié des membres de la génération Y seraient disposés à acheter une maison avec des amis. De plus, selon un rapport publié par la société immobilière RE/MAX, plus de 40 % des Canadiens envisageraient d’acheter une habitation avec un ami ou un membre de leur famille. La raison est simple : le prix de vente médian des maisons unifamiliales a atteint 317 000 $ dans la région du Grand Montréal en avril 2018, selon la Chambre immobilière du Grand Montréal, une augmentation de 4% depuis la même période l’année précédente. Par conséquent, il devient extrêmement tentant de partager avec un ami digne de confiance les frais d’habitation toujours grandissants. Devenir copropriétaire avec un ami est également une option de plus en plus prisée chez les personnes veuves et les célibataires à la retraite.

Si vous envisagez d’acheter une maison avec un ami toutefois, vous devez absolument faire d’abord la planification nécessaire sur les plans financier et émotionnel.

Mettez-vous d’accord sur l’essentiel

Il pourrait être étourdissant de visiter au hasard des maisons ou des condos. C’est pourquoi, avant de commencer votre recherche, vous devez prendre le temps de vous asseoir avec votre ami et de vous mettre d’accord quant à vos désirs à court terme, vos objectifs à long terme et vos besoins essentiels.

Chacun de votre côté, notez vos caractéristiques idéales (quartiers, superficie, nombre de chambres et de salles de bain, équipements collectifs) et, surtout, le prix que vous souhaitez payer.

Comparez ensuite vos notes. Pensez-vous toujours pouvoir vous entendre?

Faites un budget

C’est le moment de prendre une grande respiration et de parler finances en toute sincérité : combien pouvez-vous tous deux vous permettre de payer? L’un ou l’autre dispose-t-il de fonds supplémentaires à affecter à son achat (qui proviendraient, par exemple, de parents ou d’un héritage)? Avez-vous tenu compte des impôts fonciers, des factures d’électricité, des frais de clôture, des frais juridiques, des dettes et autres dépenses?

Il est souvent difficile de parler argent avec les amis et la famille, mais solliciter un emprunt – et éventuellement contracter un prêt hypothécaire – représente tout un engagement. Il importe que chaque copropriétaire connaisse en détail la situation financière de l’autre pour qu’il n’y ait pas de mauvaises surprises une fois votre propriété achetée.

Idéalement, votre achat sera réparti en deux parts égales (50-50); sinon, c’est maintenant qu’il vous faut établir la répartition de votre achat et de vos dépenses – avec l’aide d’un notaire, s’il y a lieu.

Mettez votre relation à l’abri des aléas du futur

Pour préserver votre propriété commune, ainsi que votre santé et votre amitié, il importe que vous souscriviez suffisamment d’assurance pour vous protéger tous deux contre les imprévus. Cela comprend l’assurance habitation, qui couvre, par exemple, les bris de tuyauterie, les fuites de toiture, les incendies ou les cambriolages, et l’assurance hypothèque, qui combine l’assurance-vie et l’assurance contre les maladies graves pour protéger votre investissement, dans le cas où vos paiements hypothécaires deviendraient impossibles à faire en raison d’une maladie grave ou d’un décès.

Rédigez un contrat de copropriété

Un notaire peut vous aider à rédiger une convention qui énoncera, de manière claire et conforme aux lois en vigueur, les rôles et responsabilités de chacune des parties relativement à diverses questions, par exemple :

  • Comment répartir les dépenses courantes, comme les réparations, l’assurance et l’entretien?
  • Comment répartir les tâches?
  • Qu’arrive-t-il si l’un des copropriétaires veut vendre sa part? (On traitera ici aussi du droit de premier refus de l’autre copropriétaire et du processus d’établissement de la juste valeur de marché.)
  • Quelles sont les participations financières des copropriétaires dans la propriété?
  • Qu’arrive-t-il si l’un des copropriétaires perd son emploi ou devient malade et ne peut plus rembourser sa part du prêt hypothécaire?

Cela vous effraie? Ça ne devrait pas pourtant. Tout comme les bonnes clôtures font les bons voisins, les bons contrats font les amitiés qui durent.

Mon amie et moi avons fini par nous rendre compte que nous voulions toutes deux vivre séparément, et nous sommes parties chacune de notre côté.

Cependant, si, après avoir exercé une diligence raisonnable, un achat conjoint vous semble toujours avantageux pour toutes les parties et financièrement réalisable, n’hésitez pas à avancer vers la dernière étape du processus, c’est-à-dire recevoir vos proches dans la cour de votre toute nouvelle maison!

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