Par où commencer?

Parler d’argent aux jeunes enfants n’est pas toujours facile pour les parents. On se questionne souvent sur la meilleure façon de s’y prendre. Faut-il…

  • donner une allocation à nos enfants ? 
  • dévoiler notre salaire et le coût de nos dépenses courantes à nos enfants ? 
  • donner des sous à nos enfants pour qu’ils assument eux-mêmes certaines dépenses ?

C’est ici que la Fondation canadienne d’éducation économique arrive à la rescousse. Dernièrement, la FCEE a mis sur pied le projet « Parlons d’argent avec nos enfants » (PAANE). L’objectif est d’aider les parents à amorcer ou à poursuivre des discussions sur l’argent avec leurs jeunes. Ce programme en ligne propose des outils pour les enfants de 5 ans jusqu’à l’âge où ils quittent la maison. Il permet donc d’améliorer le niveau de confiance des parents. Et ce, afin que les enfants prennent de bonnes décisions financières pour leur futur.

Isabel est maman de deux enfants de 8 et 10 ans. Selon elle, trop de parents escamotent l’éducation financière de leurs enfants. Et ce, en omettant de leur parler de la valeur des choses.

« À chacun d’élever ses enfants comme il l’entend. Mes enfants ont plein d’amis à qui leurs parents achètent n’importe quoi, n’importe quand. Des vêtements, des jouets, des babioles du magasin du dollar… Le tout, sans se soucier de savoir s’ils en ont besoin ou s’ils vont en prendre soin. Et ça me désole. Depuis toujours, je parle de la valeur des choses à mes enfants. Et j’achète ce dont ils ont besoin, sans plus. Maintenant que ma fille est plus vieille, je lui donne un budget et elle choisit ses vêtements. C’est une belle occasion de calculer, et de vraiment réfléchir à ses besoins. Mais également à ce qu’elle est capable de s’offrir. »

Quels sujets doit-on aborder?

Voici quelques pistes pour amorcer la conversation avec vos enfants :

  • À quoi sert l'argent et pourquoi en avons-nous besoin?
  • Qu'est-ce que l'argent ne peut PAS acheter?
  • Quelles sont les façons dont vous pouvez gagner de l'argent?
  • Quelle est la différence entre un désir et un besoin?
  • Qu'est-ce que vous ne pouvez pas vous permettre maintenant, mais que vous désirez pour le futur?
  • Qu'est-ce qu'un prêt? une dette? des impôts? des intérêts composés? une assurance-vie? un investissement?

Évidemment, on ne parle pas d’assurance-vie à un enfant de 5 ans. Il faut commencer par des concepts financiers de base. Avoir des conversations adaptées à l’âge et au niveau de compréhension de notre enfant.

Les avantages de parler d’argent avec vos enfants

Pourquoi les parents sont-ils aussi mal à l’aise de parler de finances avec leurs enfants? Peut-être parce que l’argent est un concept de plus en plus abstrait dans nos vies. De nos jours, on paie tout par cartes de crédit ou débit. Donc, on ne manipule presque plus d’argent comptant. De là l’intérêt pour les enfants d’avoir une tirelire dans laquelle ils déposent des sous. C’est plus concret, et c’est un pas vers l’autonomie financière que d’avoir à gérer des petites sommes à eux.

Après tout, les finances font partie de l’autonomie. Et l’émulation des parents est importante pour bâtir cette autonomie. Nul besoin de divulguer son salaire à ses enfants. Par contre, il est important de leur enseigner le coût des choses, afin qu’ils puissent faire de meilleurs choix.

Il est aussi important d’offrir aux enfants l’occasion de faire des choix de consommation dès un très jeune âge. Par exemple, offrir un budget fixe à chaque enfant, pour leurs dépenses discrétionnaires, lors des sorties en famille. Ce sera donc à eux de décider ce qu’ils veulent en faire. Mais, lorsque la somme est dépensée, pas question de ressortir son porte-monnaie. Et s’ils ne dépensent pas tout, ils peuvent mettre l’argent dans leur tirelire.

D’ailleurs, les enfants gagnent à faire des « erreurs » financières lorsqu’ils sont petits. Après tout, ces erreurs sont presque sans conséquence. Ce n’est pas grave s’ils achètent une montagne de bonbons avec les 10 $. Et qu’après, ils regrettent de n’avoir rien économisé pour s’acheter un jouet plus convoité. C’est une belle leçon de patience et d’économies pour la suite.

Si un enfant n’a jamais l’occasion de se tromper, quand le fera-t-il pour la première fois?

  • Lorsqu’il aura 18 ans et sa première carte de crédit?
  • Lorsqu’il aura 30 ans et une marge de crédit?

L’argent, une question de valeurs

La notion de l’argent comme valeur est intéressante. Parce que l’importance qu’on accorde ou non aux finances, c’est en soi la leçon qu’on laisse à nos enfants. Les enfants gagnent à côtoyer des parents qui soignent leur relation à l’argent. Des parents qui…

  • prennent soin de leurs objets de valeur
  • n’achètent que ce qu’ils ont les moyens de se payer 
  • épargnent pour les périodes d’incertitude, pour l’éducation de leurs enfants et pour la retraite
  • utilisent leur argent pour s’offrir les moments et les objets qui sont importants pour eux

Le but n’est pas de culpabiliser les enfants avec l’idée que la vie coûte trop cher. Les choses ont un coût, oui, mais c’est avant tout une question de choix. On pourrait donc remplacer « on n’a pas d’argent » par « on a fait le choix de ne pas dépenser pour cela ». Ça permet de mieux comprendre pourquoi leurs amis ont une console de jeux qu’on ne veut/peut leur offrir. Ou encore que d’autres voyagent, alors qu’on préfère aller au chalet.

C’est sécurisant aussi pour vos enfants de savoir que vous économisez pour les projets à venir. Comme la retraite et les études. Ainsi, vous les rassurez qu’ils n’auront pas à porter le fardeau de vos vieux jours. Ou encore, des dettes d’études qui peuvent ralentir leur départ dans la vie adulte.

De là la notion que l’argent, c’est la liberté. La liberté de s’offrir les choses et les expériences qui nous apportent un réel bonheur!

Cet article est destiné à fournir des informations générales uniquement. La Financière Sun Life du Canada ne fournit pas de conseils juridiques, comptables, fiscaux ou autres conseils professionnels. Veuillez demander conseil à un professionnel qualifié, qui fera un examen approfondi de votre situation juridique, comptable et fiscale spécifique.