Ce qu’il faut savoir sur le zona

22 juillet 2024
Par Anna Sharratt

Au Canada, environ une personne sur trois sera atteinte du zona au cours de sa vie. Mais il est possible d’en atténuer les symptômes grâce à une prise en charge rapide, et même de le prévenir grâce à la vaccination.

En décembre 2014, l’ambiance était tout sauf festive chez nous. La dernière semaine d’école avant les Fêtes, mon fils est revenu à la maison avec la varicelle. Pire : il l’a transmise à mon mari, qui y avait échappé durant son enfance dans les années 1970.

C’était le chaos. Des semaines durant, mon mari a été couvert une douzaine de cloques qui lui démangeaient. Il faisait de la fièvre, et il était essoufflé et fatigué. Il souffrait le martyre. Une fois le pire passé, il est allé voir le médecin pour un suivi. Autre mauvaise nouvelle : maintenant qu’il avait eu la varicelle, il était plus à risque de développer le zona. Cette maladie, aussi appelée herpes zoster, se manifeste par une éruption cutanée douloureuse. Et elle est causée par le même virus que la varicelle. Une fois qu’on est guéri de la fameuse « picote », le virus peut couver durant des années… Il patiente ainsi jusqu’à ce que l’âge ou un problème de santé vienne affaiblir le système immunitaire, puis revient en force sous forme de zona. Disons simplement que mon mari songe à se faire vacciner contre cette maladie.

En effet, il a de grands risques – comme bon nombre d’entre nous – d’avoir un jour le zona. « Au Canada, environ une personne sur trois sera atteinte du zona, souligne la Dre Vivien Brown (en anglais), médecin de famille à Toronto. À 80 ans, 50 % de la population moyenne aura eu un épisode. »

Les plus à risque :

  • Les femmes;
  • Les personnes ayant des antécédents familiaux de zona;
  • Les personnes vivant avec le diabète;
  • Les personnes qui prennent des statines;
  • Les personnes atteintes d’une maladie pulmonaire obstructive chronique.

Les jeunes peuvent aussi contracter le zona. Mais « le plus important facteur de risque demeure l’âge, poursuit la Dre Brown. Plus on vieillit, plus on est susceptible d’avoir le zona et d’en être gravement atteint. »

Quels sont les symptômes du zona?

Le zona n’a rien de drôle. Il peut causer d’intenses douleurs qui sont souvent confondues avec un trouble musculaire. Il provoque d’abord des fourmillements et des démangeaisons. Suit rapidement une éruption cutanée douloureuse qui peut se présenter n’importe où sur le corps (plus souvent sur le torse). Généralement groupées en forme de bande, les vésicules remplies de liquide ressemblent à celles causées par la varicelle. Et tant qu’elles ne sont pas séchées et croûteuses, la maladie demeure contagieuse. On peut transmettre la varicelle – et non le zona – à quiconque ne l’a jamais eue. Comme dans le cas de la varicelle, les vésicules peuvent laisser des cicatrices.

Le zona peut être grave. Entre autres complications, on trouve la névralgie post-herpétique, une inflammation des fibres nerveuses assortie d’une sensation de brûlure. « La névralgie peut varier en intensité, mais persister pendant des années », prévient le Dr Frank Martino. Ce dernier est l’ancien chef de médecine familiale et l’actuel président-directeur général de William Osler Health System, à Brampton, en Ontario.

Le Dr Martino ajoute que le zona peut aussi affecter la cornée, et donc la vision.

Ses effets sur le système cardiovasculaire ne sont pas non plus à négliger. Des études démontrent que le zona augmente considérablement les risques d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou de maladie coronarienne. Et selon Santé Canada, il cause environ 20 décès par année au pays.

Comment traite-t-on le zona?

Les médecins traitent le zona en essayant de réduire la gravité des symptômes. D’après le Dr Martino, il n’existe pas d’onguent topique magique. L’arsenal habituel de lotion calamine et de bicarbonate de soude offre néanmoins un certain soulagement. Les antihistaminiques aident aussi à calmer la démangeaison, tout comme les analgésiques. La gamme de solutions est large, allant de l’acétaminophène et de l’ibuprofène en vente libre jusqu’aux narcotiques sur ordonnance.

Si votre médecin vous diagnostique un zona, un antiviral sur ordonnance sera votre meilleure défense. « Ce médicament atténuera les symptômes si vous le prenez dans les 72 heures suivant leur apparition », explique le Dr Martino. Mieux encore, selon la Dre Brown : prévenir le zona à la source grâce à la vaccination.

Qu’est-ce que le vaccin contre le zona?

Selon le Guide canadien d'immunisation, la recommandation est que tous les adultes âgés de 50 ans ou plus, sans contre-indications, reçoivent deux doses du vaccin contre le zona.

SHINGRIX est le seul vaccin contre le zona autorisé par le gouvernement du Canada. Il s’administre en deux doses, à intervalle de deux à six mois. Certaines provinces l’offrent d’ailleurs gratuitement pour certains groupes d’âge. Son coût pourrait aussi être remboursé par votre régime d’avantages sociaux au travail ou votre assurance-santé personnelle. Si ce n’est pas le cas, attendez-vous à une facture de 150 $ à 190 $ par dose.

Le vaccin ne vous protégera pas à 100 %, mais presque. Lors d'essais cliniques, SHINGRIX s'est avéré efficace à plus de 90 % pour prévenir le zona chez les personnes âgées de 50 ans et plus. Le vaccin vous protégera aussi, dans une mesure similaire, contre la névralgie post-herpétique. Son efficacité sera cependant moindre si votre système immunitaire est affaibli, selon de l’affection sous-jacente en cause.

Attention, les experts médicaux contre-indiquent la vaccination contre le zona dans les cas suivants :

  • Vous avez déjà eu une réaction allergique à un ingrédient du vaccin qui aurait pu être mortelle
  • Vous êtes enceinte ou allaitez
  • Vous souffrez actuellement d’une autre maladie

Si vous n’avez jamais eu la varicelle, vous ne pouvez pas avoir le zona. Mais il est possible que vous ayez été en contact avec le virus sans que la maladie se manifeste. Pour éviter d’attraper la varicelle maintenant et de développer le zona plus tard, faites-vous vacciner contre la varicelle (et non le zona). Sachez toutefois que le vaccin contre la varicelle ne prévient pas le zona. Et un épisode de zona ne vous empêchera pas d’en subir d’autres par la suite.

Si vous songez à vous faire vacciner, parlez-en à votre médecin.

Le Dr Martino est favorable à la vaccination. Il connaît bien les infections secondaires qui peuvent suivre le zona. Il s’agit d’infections cutanées souvent graves qui nécessitent la prise d’antibiotiques. « Le vaccin est une excellente option », conclut-il.

La Dre Brown est du même avis. Elle espère que les 73 % de Canadiens de plus de 50 ans qui n’ont pas encore reçu le vaccin iront le chercher.

« Et pour ce qui est du coût du vaccin, il suffit de penser à ce qu’il nous en coûterait si on s’en passait », suggère-t-elle.

Cet article ne vise qu’à fournir des renseignements d’ordre général. Il ne prétend pas être un avis médical ni remplacer les conseils d’un professionnel de la santé.

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