Songez-vous à cotiser à un Régime enregistré d’épargne-retraite (REER) avant la date limite?

N’oubliez pas d’encercler le 1er mars 2023 dans votre calendrier! C’est votre dernière chance de faire une cotisation qui réduira votre revenu imposable. C’est donc aussi votre dernière chance de réduire votre impôt à payer. Ce dernier est calculé en fonction de l’année d’imposition précédente.

Et ce n’est qu’un des nombreux avantages du REER.

Vous en voulez un autre? Le report d’impôt. L’argent dans votre REER fructifie à l’abri de l’impôt jusqu’à ce que vous le retiriez.

Ça semble simple, non? Pourtant, il arrive encore que des gens commettent des erreurs avec leurs REER. Heureusement, il existe des façons de les éviter ou de les réparer avant qu’elles ne causent trop de dégât. Voici 5 conseils pour vous aider à éviter les 5 erreurs les plus courantes en matière de REER.

  1. Ne détenir que des liquidités dans votre REER
  2. Faire des retraits hâtifs
  3. Trop cotiser
  4. Dépenser le remboursement d’impôt (au lieu de l’investir)
  5. Mal comprendre les règles de succession des REER

1. Ne détenir de que des liquidités dans votre REER

Saviez-vous que vous pouvez détenir différents types de placements dans un REER? Il peut s’agir d’actions, de certificats de placement garanti, de parts de fonds communs de placements, d’obligations, etc.

Pourtant, il arrive souvent qu’on se dépêche de déposer notre argent. Cela est principalement dû à la course pour cotiser au REER avant la date limite. Puis, le quotidien reprend son cours et on oublie de l’investir dans des placements.

Rappelez-vous que votre argent croît à l’abri de l’impôt jusqu’à ce que vous le retiriez. Vous avez donc besoin de placements axés sur la croissance dans votre REER. Peut-être que vous détenez beaucoup de placements liquides parce que vous manquez de temps pour planifier. Dans ce cas, parlez à un conseiller pour trouver une manière d’investir votre argent. 

2. Faire des retraits hâtifs

C’est tentant de retirer de l’argent de ses REER avant la retraite pour les factures, les achats importants, etc. Mais, il peut y avoir des conséquences à long terme. Vous perdez les années de croissance à l’abri de l’impôt dont votre argent aurait profité si vous l’aviez laissé dans votre REER.

De plus, vous serez doublement imposé.

La première imposition a lieu au moment du retrait. Vous devrez immédiatement payer de l’impôt. Voici un aperçu des pourcentages :

Quelle retenue d’impôt sera appliquée sur vos retraits REER?
Montant du retrait Retenue d’impôt dans toutes les provinces (sauf le Québec) Retenue d’impôt au Québec

Moins de 5 000 $

10 %

5 % au fédéral + 15 % au provincial par retrait

Entre 5 000 $ et 15 000 $

20 %

10 % au fédéral + 15 % au provincial par retrait

Plus de 15 000 $

30 %

15 % au fédéral + 15 % au provincial par retrait

Et ce n’est pas tout.

Supposons que votre taux marginal d’imposition s’élève à 35 %. Mais, que vous avez retiré de l’argent de votre REER à (un taux d’imposition de) 10 %. Vous devrez payer encore 25 % d’impôt.

Que pouvez-vous faire? N’utilisez votre REER qu’en dernier recours.

C’est préférable d’envisager d’autres options. Pourquoi? Parce que faire un retrait hâtif d’un REER n’est jamais la meilleure solution. Si votre revenu est élevé, vous paierez 30 % ou plus en impôts. Pensez-y : une marge de crédit vous coûtera, disons, 2 % en intérêts.

Existe-t-il des façons d’éviter l’imposition sur les retraits hâtifs d’un REER? Oui, mais seulement lorsque :

Ces régimes permettent d’emprunter de l’argent de votre REER pour acheter votre première maison ou faire des études postsecondaires admissibles. Mais vous devez rembourser cet argent dans un délai établi.

3. Trop cotiser

Vous pouvez verser à votre REER jusqu’à 18 % de votre revenu gagné l’année précédente. Et attention : vous ne devez pas dépasser le plafond fixé chaque année. Vous pouvez aussi reporter les droits de cotisation inutilisés des années précédentes. Cette info se trouve sur votre avis de cotisation de l’ARC.

Ça semble donner beaucoup de latitude. Malgré tout, on voit encore des gens qui dépassent le plafond. Les régimes de retraite et les régimes de participation différée aux bénéfices (RPDB) sont souvent à l’origine de ce problème.

Si vous avez cotisé à un régime de retraite – à prestations déterminées (PD) ou à cotisations déterminées (CD) – votre plafond de cotisation diminuera. Les cotisations à ces régimes sont indiquées comme un facteur d’équivalence à la case 52 du feuillet T4. Même chose pour les cotisations à un RPDB, bien que ce ne soit pas un régime de retraite. Souvent, les personnes qui ont trop cotisé participaient à un régime de retraite ou un RPDB. Elles ne s’étaient pas rendu compte que cela avait réduit leurs droits de cotisation au REER.

Sachez que vous pouvez dépasser votre plafond de cotisation d’un maximum de 2 000 $ au cours de votre vie. Et ce, sans avoir à payer de pénalité. En effet, l’ARC a prévu ce « coussin » pour vous protéger contre les petites erreurs.

4. Dépenser le remboursement d’impôt (au lieu de l’investir)

Vous pourriez recevoir un remboursement d’impôt grâce aux cotisations que vous avez versées à votre REER. Qu’arrive-t-il si vous réinvestissez cet argent dans votre REER (sans dépasser le plafond)? Vous déclencherez un heureux cycle de croissance pour votre bas de laine, grâce à la magie de la capitalisation.

Disons que vous réinvestissez votre remboursement d’impôt dans votre REER (sans dépasser votre plafond de cotisation). Votre REER gonflera et vous aurez un autre remboursement d’impôt l’année d’imposition suivante. Si vous placez encore votre remboursement d’impôt dans votre REER, celui-ci gonflera encore. Vous aurez un autre remboursement d’impôt, et ainsi de suite.

Mais si vous dépensez la somme remboursée, vous perdez toute une occasion.

5. Mal comprendre les règles de succession des REER

Autre erreur courante : les gens désignent un enfant adulte comme bénéficiaire de leur REER alors qu’ils ont un conjoint vivant.

Souvent, les gens ne savent pas que s’ils décèdent, l’argent accumulé dans leur REER est transféré libre d’impôt au REER de leur conjoint. Mais les paiements faits à leurs enfants adultes qui ne sont pas à leur charge et à des personnes autres que leur conjoint admissible sont imposés comme un revenu.

Et si vous n’avez pas de conjoint vivant et que vous laissez votre REER à votre succession? Hélas, vous ne pourrez pas non plus éviter les impôts. L’année de votre décès, l’ARC ajoutera à votre revenu la juste valeur marchande des placements dans votre REER. Votre succession pourrait recevoir une facture fiscale salée. Sans compter que la valeur du patrimoine pour vos héritiers pourrait diminuer. Cependant, cet impôt peut être reporté (c’est-à-dire ne pas être payé immédiatement) si, à votre décès, vous avez :

  • un enfant ou un petit-enfant de moins de 18 ans financièrement à votre charge;
  • un enfant ou un petit-enfant atteint d’un handicap physique ou mental, quel que soit son âge, financièrement à votre charge.

Cela dit, ce n’est pas une raison de ne pas utiliser le REER. La clé est de le voir comme un outil pour subvenir à vos besoins à la retraite. Et non, comme un héritage à léguer.

L’idée, c’est de planifier la retraite avec prudence, pour ensuite, selon vos besoins, retirer lentement l’argent de votre REER. Puis, vous pourrez convertir votre REER en FERR, dont vous utiliserez l’argent petit à petit.

N’oubliez pas : la date limite de 2022 pour cotiser à un REER est le 1er mars 2023. L’ARC permet de cotiser pour l’année d’imposition précédente jusqu’à 60 jours après la fin de l’année. Si vous ne cotisez pas déjà à un REER, envisagez de le faire. Cela vous aidera à épargner pour vos vieux jours.

 

Besoin d’aide pour y voir plus clair?

Un conseiller peut vous aider à bâtir un plan solide pour atteindre vos objectifs.

Cet article ne vise qu’à fournir des renseignements d’ordre général. La Sun Life du Canada, compagnie d’assurance-vie ne fournit pas de conseils professionnels d’ordre juridique, comptable, fiscal ou autre. Au besoin, veuillez consulter un professionnel spécialisé qui fera un examen approfondi de votre situation juridique, comptable et fiscale.