Le pourboire reste à la discrétion du consommateur. Bien sûr, les protocoles sur ce petit pourcentage discrétionnaire varient en fonction des secteurs d’activité. Il est donc facile de se questionner sur les bonnes habitudes à adopter au moment de passer à la caisse. Afin de vous simplifier la tâche, suivez ces quelques recommandations de trois employés au service à la clientèle.

En cette période de pandémie, gardez en tête que les employés rémunérés au pourboire pourraient devoir adapter leur service aux règles sanitaires en vigueur. Soyez compréhensifs! Le service peut être aussi bon, même s’il diffère de celui auquel vous étiez habitués.

Dans les établissements de restauration

Catherine travaille dans un établissement à grand volume. Pour elle, le pourboire correspond à environ 80 % de son salaire annuel : ce sont ces revenus qui lui permettent de payer ses factures mensuelles. À son avis, le montant va au-delà de la qualité du service reçu. Elle explique :

Au bar

Les employés dépendent du pourboire comme revenu principal. Ils s’attendent à recevoir 20 % du montant de la facture avant taxes. Les employés de bar tiennent compagnie à leurs clients. Ils leur font la conversation. Pour Catherine, ce n’est pas parce que le service est moins approfondi qu’il ne demande pas la même énergie qu’en salle à manger!

En salle à manger

La bienséance implique de verser 15 % pour un service régulier (prendre la commande, répondre aux questions, aller chercher tout ce dont le client a besoin). Pour une expérience haut de gamme, remettez plutôt 18 % (décrire la carte des vins, adapter le menu par rapport à un régime alimentaire). Bien sûr, tout cela peut être majoré pour refléter l’attention et l’enthousiasme de votre serveur ou de votre serveuse.

Pour emporter

S’il s’agit d’une commande à emporter, il n’est pas nécessaire de laisser un pourboire. Catherine indique que l’employé qui se charge de préparer votre plat ne devrait pas être imposé sur la vente. À des fins fiscales, ce genre de travail est associé aux ventes de l’établissement, et non pas à celles de l’employé. Un 5 % est tout de même apprécié si vous avez eu un bon service. Un pourboire de 15 %, comme s’il s’agissait d’un service aux tables, n’est toutefois pas nécessaire.

Lors d’une visite au salon

Noémie est travailleuse autonome dans un salon huppé de la couronne nord de Montréal. Elle possède plus de 20 ans d’expérience. En coiffure, les règles encadrant le pourboire sont bien différentes du milieu de la restauration. Dans ce milieu, le montant supplémentaire est considéré comme étant une courtoisie, et non une norme. Dépend-elle financièrement de ce montant discrétionnaire? La trentenaire hésite.

Le pourboire ajoute environ 15 000 $ de plus au salaire annuel de Noémie, une somme qu’elle inscrit dûment dans sa déclaration de revenus. Elle avoue que ce n’est pas tous les coiffeurs qui déclarent leur pourboire à l’impôt, même s’ils sont légalement tenus de le faire. La coloriste révèle bien gagner sa vie. Ses coups de pinceau valent cher, notamment en raison de ses années d’expérience, de sa notoriété et de l’emplacement du salon où elle œuvre.

Noémie insiste sur sa perception du pourboire comme étant une courtoisie. Elle comprend que certains clients donnent plus ou moins en fonction de leur situation personnelle, principalement leur âge et leur budget. Ainsi, elle ne s’attend pas à ce qu’une jeune étudiante verse la même somme qu’une professionnelle. Selon elle, le pourboire ne devrait pas être calculé en pourcentage, mais plutôt en fonction de la qualité et la complexité du service fourni. Elle se dit très satisfaite de recevoir entre 20 $ et 25 $ par cliente. Gardons en tête qu’une coloration peut coûter jusqu’à 200 $.

Pour des soins de beauté

Nancy, qui est esthéticienne, confirme les dires de Noémie. Dans son milieu, le pourboire est vu comme un petit plus. Bien qu’il s’agisse d’une pratique de politesse, il est plutôt rare de ne pas recevoir de pourboire à la fin d’une séance de manucure ou d’épilation, affirme-t-elle. Le montant varie toutefois au cas par cas. Il dépend surtout de l’âge de la cliente, mais aussi de la fréquence à laquelle elle sollicite le service. Nancy explique recevoir en moyenne 10 $ de pourboire pour son travail.

Qu’en est-il de l’impôt et du pourboire?

Puisqu’il est considéré comme un revenu par les autorités fiscales, le pourboire doit légalement être inclus dans la déclaration de revenus annuelle des travailleurs concernés. Il peut être reçu directement, quand il est versé par carte ou en argent comptant, ou indirectement, grâce à un régime de partage des pourboires géré par l’employeur. Pour les employés des secteurs de la restauration, des bars et de l’hôtellerie, le pourboire reçu doit également être déclaré par écrit à l’employeur à la fin de chaque période de paie. Leur salaire minimum est de 10,45 $* l’heure, ce qui est inférieur au salaire minimum de 13,10 $* en vigueur dans les autres secteurs. Aux yeux du gouvernement, cela s’explique par le fait que leur salaire est bonifié par les pourboires reçus.

 

Site du gouvernement du Québec : salaire en vigueur au 1er mai 2020.