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Vie financière

29 octobre 2018

Les enfants et l’épargne

Comment apprendre aux enfants à épargner lorsque leur outil d’épargne est un compte courant au rendement anémique? Il faut miser sur autre chose.

Mon fils avait 9 ans quand nous l’avions convaincu de placer les quelques cadeaux de Noël qu’il avait reçus dans un compte d’épargne. La somme n’avait rien d’extravagant, mais nous étions heureux de lui inculquer la notion d’épargne : mettre de l’argent de côté pour pouvoir s’en servir plus tard - idéalement après avoir profité d’un peu de croissance…

Deux ans plus tard : une lettre de la banque nous attendait à la maison. Adressée à mon fils, celle-ci l’informait qu’après deux ans d’inactivité, le compte était entré en état de « dormance » et qu’il faudrait passer en succursale pour le réactiver. D’une certaine manière, c’était une bonne nouvelle : fiston n’avait pas pigé dans son épargne. Je lui ai d’ailleurs montré ma fierté : « Te souviens-tu du compte de banque qu’on a ouvert pour toi? Félicitations, cela fait deux ans que tu laisses ton argent de côté! »

Le problème s’est présenté à la phrase suivante : « Grâce à ta patience, tu as pu faire… sur deux ans assez d’intérêts pour t’acheter... une gomme Bazooka! »

Mon fils m’a regardé avec étonnement « C’est quoi cette gomme-là?! » et déception.

Normal. Je lui disais tout simplement que la récompense qu’il obtenait pour ne pas avoir acheté le machin électronique dont il rêvait, c’était trois fois rien. Est-ce que ça en valait vraiment la peine?

Stimuler une démarche d’épargne

En repensant à cet épisode, j’ai l’impression que nous sommes passés à côté d’une belle occasion. La vérité, c’est que je ne voulais pas seulement initier mon fils à l’épargne : je voulais aussi lui donner le goût de s’intéresser aux placements.

En effet, le lien qui se fait presque immédiatement dans l’esprit d’un enfant entre l’argent et la consommation m’agace un peu. Comme si un dollar ne pouvait servir qu’à faire un achat ou l’épargne à acquérir un objet convoité depuis longtemps.

Ainsi, quand vient le temps de parler argent avec nos enfants, le défi le plus grand, je trouve, consiste à leur expliquer que l’argent épargné peut servir à autre chose que financer plus tard une consommation plus abondante. L’idéal serait qu’ils puissent comprendre qu’avec temps et discipline, l’épargne peut être un levier pour « créer » d’autres richesses, pour réaliser des projets spéciaux.

Vu comme ça, il peut être décourageant pour les parents d’essayer d’apprendre l’épargne et les placements à leurs enfants si les gains tardent à venir ou s’ils sont peu élevés. Quoi faire alors?

Ce petit épisode m’a fait beaucoup réfléchir et m’a convaincu de passer à l’action : tout en laissant l’argent bien en sécurité là où il est, j’ai invité mon fils à se créer un mini-portefeuille fictif d’investissements dont la valeur correspondait à ce qu’il avait en banque. L’idée étant de l’amener à s’intéresser au fonctionnement du système financier, à la différence entre les fonds et les actions, à la notion de risque, etc. Sur le site de l’ABC de la bourse, on peut créer un profil et suivre l’évolution d’un portefeuille fictif.

L’entente que j’ai prise avec mon fils était la suivante : j’offrais de lui verser annuellement la différence entre la valeur de son portefeuille et celle de son compte en banque. Je lui offrirais le rendement en « cadeau ». Et si cette façon de faire réussissait à le convaincre de placer ses prochains dollars dans son « compte » plutôt que dans le tiroir-caisse d’un magasin… j’offrais la gomme en prime! 

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