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Vie financière

12 décembre 2016

Comment gérer le risque de change?

Un repli du dollar canadien peut avoir plus de répercussions sur vos finances qu’une hausse des taux d’intérêt. Que pouvez-vous faire pour vous protéger?

En janvier dernier, mon ami Robert se plaignait d’avoir dû payer un chou-fleur 8,49 $ à son supermarché.

C’était l’hiver au Canada et le chou-fleur venait de Californie. Malheureusement, le dollar américain avait bondi de 30 % (par rapport au dollar canadien) en à peine 14 mois.

Également en janvier dernier, ma femme et moi étions en vacances en Italie. Nous avions trouvé un appartement à prix intéressant mais, tout comme Robert au Canada, nous avons été stupéfaits de constater l’incidence du taux de change. Au cours des neuf mois précédant notre voyage, l’euro avait grimpé de 21 % par rapport au huard! Résultat : nous avons dépassé notre budget malgré une planification scrupuleuse.

Les touristes hivernants ne sont pas les seuls à devoir composer avec ce risque. En fait, on n’entend pas beaucoup parler de l’impact des récentes variations marquées des taux de change. Les journalistes et les observateurs de la scène économique semblent plutôt obnubilés par l’augmentation éventuelle des taux d’intérêt.

Pourtant, selon votre situation, la hausse des taux de change peut avoir une incidence beaucoup plus importante et plus immédiate sur vos finances que celle des taux d’intérêt, en particulier si vous prévoyez voyager et n’avez pas ou peu de dettes.

Les variations des taux de change sont notoirement imprévisibles. Presque personne n’avait prédit l’issue du vote sur le Brexit et la dégringolade de la livre sterling par rapport au dollar canadien qu’elle a entraînée. Rares sont ceux qui avaient également anticipé la chute brutale du prix du pétrole et celle du huard. Les mouvements des taux de change peuvent être aussi spectaculaires qu’erratiques.

N’essayez donc pas de prédire l’orientation des taux de change; c’est mission impossible. Si vous ne pouvez éliminer ce risque, voici quelques conseils qui vous aideront au moins à le gérer.

Gérer le risque de change chez soi

  • Évitez d’acheter des biens à prix élevé fabriqués à l’étranger ou attendez si possible que le dollar canadien remonte pour le faire.
  • Achetez si possible des produits locaux, en particulier des légumes et des fruits de saison.
  • Faites comme votre grand-mère et remplissez votre congélateur lorsque les aliments sont frais et bon marché.
  • Si vous prévoyez de passer beaucoup de temps dans un pays étranger (comme nous, puisque nos deux enfants vivent en Grande-Bretagne et que notre premier petit-enfant naîtra écossais), songez à ouvrir un compte d’épargne ou de placement dans la monnaie de ce pays.

Gérer le risque de change quand on planifie un voyage

  • Il est primordial de souscrire une assurance voyage pour les frais médicaux. Selon la garantie, non seulement cette assurance couvre le coût des soins médicaux d’urgence, mais elle vous protège également contre une hausse brutale des taux de change qui pourrait faire grimper le coût des soins obtenus à l’étranger – et vous payez la prime en dollars canadiens.
  • N’hésitez pas à « magasiner » votre taux de change. La plupart des banques facturent des frais de service; demandez à votre banque d’y renoncer. Les taux pratiqués par les bureaux de change situés dans les centres commerciaux peuvent être exorbitants, mais ceux offerts par les nouveaux services de change en ligne (comme Knightsbridge) peuvent être intéressants.
  • Achetez vos devises quand les taux sont bas plutôt que juste avant votre départ. Le principe est le même que pour les achats périodiques par sommes fixes : vous achetez une partie des devises dont vous aurez besoin quand les taux sont bas, puis en achetez davantage quand vous voyez qu’ils redescendent.
  • Vérifiez les taux de change sur le Web ou installez une application vous permettant de le faire sur votre téléphone intelligent. La plupart du temps, je clique sur le lien situé au bas de la page d’accueil du site de ma banque.
  • Même si vous déjà visité un pays, ne présumez pas que le taux de change est toujours le même. L’outil Convertisseur de devises – dix dernières années de la Banque du Canada vous montrera les variations subies par la devise depuis votre dernière visite.
  • Lorsque vous réservez une croisière, une excursion, une chambre d’hôtel ou un autre service, payez le prix total si le taux de change est bas et seulement le dépôt s’il est élevé.
  • Faites attention à ne pas stocker trop de devises, car la politique gouvernementale peut changer. Voici deux exemples. La Banque d’Angleterre a décidé de remplacer ses billets de banque de 5 livres sterling par des billets en polymère et les anciens n’auront plus cours légal après le 5 mai 2017. Les billets actuels de 10 et 20 livres doivent également être remplacés en Angleterre et en Écosse. Par ailleurs, vers la fin de 2016, l’Inde a brusquement retiré de la circulation ses billets de 500 et 1 000 roupies; du même coup, beaucoup de gens se sont retrouvés avec de l’argent sans valeur.

Gérer le risque de change en voyage

  • Utilisez une des nombreuses applications de conversion de devises pour téléphone mobile pour prendre des décisions d’achat avisées. Une écharpe à 15 dollars américains représente-t-elle une bonne affaire? Et des amuse-gueules à 10 euros? Êtes-vous vraiment prêt à payer un café 5 livres sterling?
  • S’il vous reste des devises à la fin de votre voyage, songez à faire don de vos pièces et de vos billets à une œuvre de bienfaisance (certains aéroports et compagnies aériennes vous offrent cette possibilité) ou à les mettre sur une carte prépayée émise par un détaillant (par exemple, Starbucks) que vous pouvez également utiliser au Canada.

Enfin, pourquoi ne pas appeler votre conseiller financier pour discuter de la façon dont les variations des taux de change peuvent mettre vos objectifs en péril?

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