Le fractionnement du revenu, ce n’est pas très romantique. Mais quand on pense à tout l’argent qu’on peut économiser en impôt, ça devient vite intéressant.
Le REER de conjoint est particulièrement utile lorsqu’un conjoint a un revenu plus élevé ou a plus d’épargne que l’autre conjoint. Il convient aussi s’il est prévu que l’un des conjoints ait plus tard un revenu imposable moins élevé (habituellement à la retraite).
Si la personne dans le couple qui gagne le plus cotise au REER de conjoint de son partenaire, elle bénéficie d’une déduction fiscale. Cependant, c’est le partenaire qui possède le REER de conjoint qui choisit les placements détenus dans le REER.
L’objectif est que les deux conjoints aient un revenu égal ou similaire à la retraite. Ainsi, le couple pourrait payer moins d’impôt que si toute l’épargne-retraite était détenue par une seule des deux personnes.
Prenons un exemple :
Dans l’exemple ci-dessous, nous supposons que les taux d’imposition sont les taux habituellement utilisés pour les différents niveaux de revenu au Canada. Vos avantages fiscaux peuvent varier selon votre situation particulière.
- Le conjoint 1 a un revenu plus élevé et beaucoup d’épargne pour la retraite.
- Le conjoint 2 a un revenu moins élevé et moins d’épargne pour la retraite.
Deux scénarios pour les retraits à la retraite
Si le couple souhaite retirer 70 000 $ par année durant la retraite, la façon dont les retraits sont faits influencera directement le montant d’impôt à payer.
| Scénario | Qui fait le retrait? | Montant total retiré | Incidence sur les impôts |
|---|---|---|---|
Scénario 1 |
Conjoint 1 seulement |
70 000 $ |
Taux d’imposition plus élevé sur 70 000 $ pour le conjoint 1 |
Scénario 2 |
Les deux conjoints, 35 000 $ chacun |
70 000 $ |
Taux d’imposition moins élevé sur 35 000 $ pour chacun des conjoints |
- Scénario 1 : Le conjoint 1 retire 70 000 $ de son REER.
- Incidence sur les impôts : Le conjoint 1 paie de l’impôt sur le montant total. Il pourrait se situer dans une fourchette d’imposition plus élevée, et ainsi utiliser une plus grande partie de son épargne-retraite pour payer l’impôt sur le revenu.
- Scénario 2 : Le conjoint 1 cotise régulièrement au REER de conjoint du conjoint 2, et le couple divise le montant du retrait en deux parts égales.
- Incidence sur les impôts : Chaque conjoint retire 35 000 $ de son REER respectif.
- Avantages :
- Les deux conjoints profitent du montant personnel de base (15 705 $ pour la plupart des contribuables en 2024). Il s’agit d’un crédit d’impôt non remboursable qui peut être réclamé par tous les particuliers.
- En divisant le montant du retrait, chaque conjoint paie de l’impôt sur 35 000 $, ce qui est plus avantageux qu’une seule personne payant de l’impôt sur 70 000 $. Ainsi, les deux conjoints pourraient se situer dans une fourchette d’imposition moins élevée. En payant moins d’impôt sur le revenu, il leur reste plus d’épargne-retraite.
À prendre en considération : Règles d'attribution
Les retraits d’un REER de conjoint ne doivent pas donner lieu à l’application de la règle d’attribution de trois ans, pour éviter que l’impôt à payer soit attribué au conjoint qui y cotise.
Contactez un conseiller pour plus de renseignements.