En effet, ce n’est pas simple. Or, c’est au promoteur du régime qu’il revient d’informer les participants de l’existence de ressources qui leur expliqueront comment combiner les prestations de leur régime d’employeur avec leurs autres sources de revenu de retraite. Il doit aussi les encourager à consulter un conseiller financier.

« Une personne à l’aube de la retraite est à un tournant important de sa vie, dit Christine Potvin, vice-présidente, Centre Solutions Clients de la Sun Life. Elle doit prendre beaucoup de décisions, notamment sur la façon de décaisser son épargne pour s’assurer de toucher un revenu jusqu’à la fin de sa vie. »

Tout au long de leur vie active, les gens veillent à accumuler des actifs. Mais lorsqu’ils planifient leur retraite, ils doivent au contraire se concentrer sur le décaissement de ces actifs. Dans le premier article de la présente série, nous avons vu comment les promoteurs de régimes peuvent aider les participants à établir des plans de retraite réalistes. Dans celui-ci, nous examinerons les différentes options de revenu de retraite.

Le participant doit d’abord comprendre le fonctionnement du régime de retraite de son employeur. S’il bénéficie d’un régime de retraite à prestations déterminées (RRPD), il touchera un revenu garanti à vie dont le montrant variera en fonction de ses années de service et de son salaire. Souvent, ce participant n’a qu’à planifier la façon dont son conjoint continuera de toucher un revenu après son décès.

Or, les RRPD sont de plus en plus rares. De nos jours, les employeurs offrent plutôt des régimes de retraite à cotisations déterminées (RRCD), des régimes enregistrés d’épargne-retraite collectifs (REER), des comptes d’épargne libres d’impôts (CELI), ou une combinaison des trois.

« Les employeurs avaient l’habitude d’offrir soit un RRCD, soit un REER collectif, dit Eric Monteiro, vice-président principal, Régimes collectifs de retraite à la Sun Life. Mais notre rapport Objectif épargne révèle que de plus en plus d’employeurs penchent désormais davantage pour les REER collectifs – parfois, en plus d’un RRCD ou d’un régime de participation différée aux bénéfices. »

Il arrive qu’un retraité reçoive à la fois des prestations d’un RRCD, d’un REER collectif et de régimes d’anciens employeurs (par exemple, des comptes de retraite immobilisés ou CRI).

À cela peuvent s’ajouter les prestations du Régime des rentes du Québec ou RRQ (ou du Régime de pensions du Canada dans les autres provinces) et de la Sécurité de la vieillesse (SV), ainsi que des versements de CELI et même le revenu de retraite du conjoint. On comprend dès lors pourquoi beaucoup de participants se sentent dépassés.

Ils ne sont pas les seuls dans ce cas. Selon Mark Yamada, l’un des plus grands experts en matière de régimes de retraite et de décaissement, la combinaison des différentes sources de revenu de retraite est un sujet épineux même pour les professionnels. 

« En matière de finances personnelles, le décaissement est l’une des problématiques les plus délicates, dit M. Yamada, président de PUR Investing à Toronto. L’algorithme qu’on utilise doit tenir compte d’une infinité de facteurs, le plus important étant d’ordre actuariel : personne ne sait combien de temps vous ou votre conjoint vivrez, ni quel sera votre état de santé. » 

Même dans le cas de régimes garantis tels que le RRQ et la SV, il y a des décisions difficiles à prendre, entre autres, sur le moment idéal pour commencer à recevoir ces prestations, dit M. Yamada, dont l’entreprise crée des plateformes de placement sur mesure pour les promoteurs de régimes de pension et les gestionnaires de fonds.

Par où commencer?

Les promoteurs de régimes peuvent compter sur les fournisseurs pour expliquer aux participants les règles qui régissent leur régime de retraite.

Les participants, pour leur part, doivent se familiariser avec une panoplie de nouveaux termes, tels que fonds de revenu viager ou FRV.

Mme Potvin précise qu’«un FRV est comme un FERR (fonds enregistré de revenu de retraite), mais il est immobilisé et comporte un retrait annuel maximal en plus du retrait minimal requis, selon l'âge de la personne. »

Puisque certains participants comprennent mal le fonctionnement des FERR, les promoteurs de régimes, aidés de leurs fournisseurs, sont appelés à les éclairer. Le FERR est l’aboutissement du REER. Plus précisément, tout REER – qu’il soit individuel ou collectif – doit être converti en FERR au plus tard à la fin de l’année où le participant atteint 71 ans. À partir de l’année suivante, le participant est tenu de retirer un montant minimal annuel de son FERR. Ce revenu imposable augmentera chaque année par la suite.

Les règles sont semblables pour le FRV : les actifs accumulés dans un régime de retraite immobilisé doivent être transférés dans un FRV ou une rente à la fin de l’année du 71e anniversaire de la personne. 

La durabilité et la prévisibilité des revenus provenant du FERR ou du FRV sont au cœur des préoccupations de nombreux participants, qu’ils soient déjà à la retraite ou sur le point de l’être. Or ces deux paramètres sont notamment influencés par la sélection et le niveau de risque des placements à l’intérieur du FERR ou du FRV, ainsi que par leur capacité à fournir des rendements réguliers. 

Et il ne faut pas oublier les frais. « C’est un des facteurs que les gens peuvent contrôler », dit M. Yamada.

S’il est vrai que des frais trop élevés (en matière de gestion des placements, de planification fiscale ou de planification de revenu) nuisent à la rentabilité des actifs durant la période d’accumulation, leur impact peut être encore plus marqué au moment du décaissement.

« Les participants doivent se faire expliquer dans quelle mesure ces frais supplémentaires leur procurent une valeur ajoutée », ajoute M. Yamada.

Les avantages de la consolidation

Les participants d’un régime collectif ont l’avantage d’avoir accès à des conseils sur la possibilité de consolider des actifs externes, comme ceux d'un REER, dans le régime de leur employeur.

« Nous créons pour eux une Stratégie de revenu de retraite qui tient compte des actifs qu’ils possèdent à la Sun Life et ailleurs », dit Frank Pao, CFP, consultant-retraite1 pour la Sun Life à Toronto.

Pourquoi faire cela? Parce que dans le cadre d’un régime collectif, les participants ont accès à des placements dont les rendements nets sont meilleurs, et les frais, moins élevés que ceux de fonds similaires offerts au détail. Ces facteurs peuvent contribuer à prolonger la durée du revenu de retraite.  M. Pao ajoute que la consolidation est souvent synonyme de simplicité. Une fois à la retraite, le participant recevra un seul versement périodique intégré plutôt que plusieurs provenant de différentes institutions financières.

Les consultants-retraite comme M. Pao sont des éléments importants de la valeur ajoutée offerte par les promoteurs et fournisseurs de régimes aux participants. Ce service sur mesure s’ajoute au Planificateur de revenu de retraite que l’on trouve sur masunlife.ca.

Lorsqu’il est question de planifier son revenu de retraite, il n’y a pas de solution unique, car trop de facteurs entrent en ligne de compte. « C’est la raison pour laquelle les promoteurs de régime ont avantage à tirer profit du soutien proposé par la Sun Life », précise Mme Potvin. L’aide qu’apportent les conseillers-retraite, les notifications personnalisées et les outils de planification en ligne de la Sun Life joue un rôle essentiel dans ce processus. Grâce à tous ces éléments, les participants ont toutes les chances de s’assurer un revenu de retraite répondant à leurs besoins particuliers.

Quels autres aspects doit-on examiner en ce qui a trait aux options de revenu de retraite? Nous approfondirons cette question dans la prochaine édition de cette série sur le décaissement.

1 Personne portant le titre de conseiller en sécurité financière au Québec