Des personnes vivant seules aux ménages de toutes les combinaisons, la famille moderne se présente sous les formes les plus diverses. Chaque famille a ses particularités, ce qui complexifie la planification financière.
Même si tous les sujets que nous abordons dans cet enregistrement ne s’appliqueront pas à vous, nous couvrirons les aspects essentiels d’un parcours financier qui sont susceptibles d’être importants pour la plupart des familles.
Nous couvrirons trois sujets principaux aujourd’hui :
- Les différences entre le mariage et l’union de fait sur le plan financier;
- La planification financière pour les personnes célibataires au Canada; et
- Les besoins de planification uniques dans le monde moderne d’aujourd’hui.
Selon un rapport de 2021 de Statistique Canada, 57 % des adultes vivent en couple. Il y a des différences importantes entre le mariage et l’union de fait :
- Le mariage est une union officielle reconnue par la loi.
- L’union de fait constitue une relation comparable au mariage, sans la cérémonie officielle.
- La plupart des provinces n’accordent pas automatiquement aux conjoints et conjointes de fait les mêmes droits qu’aux couples mariés.
La définition d’une union de fait varie en fonction du contexte, comme la planification successorale, les impôts ou l’immigration. Et ces différences peuvent avoir des répercussions importantes sur la planification de vos finances.
Parmi les avantages juridiques du mariage, mentionnons le partage des biens en vertu du droit de la famille, les droits de succession automatiques et les avantages fiscaux potentiels.
Tout le monde est soumis à l’impôt. Cependant, le mariage et l’union de fait donnent accès à des avantages fiscaux qui ne sont pas offerts aux célibataires. Par exemple, le montant pour époux ou conjoint de fait, les crédits d’impôt et le fractionnement du revenu, et les REER de conjoint.
Les lois sur les biens, qui relèvent de la compétence provinciale, portent sur les biens que vous possédez. Cela comprend les biens immobiliers, comme un terrain et un bâtiment, mais aussi les biens personnels, comme les objets que vous possédez. Même s’il peut y avoir des différences d’une province à l’autre, en règle générale, les personnes mariées possèdent automatiquement des droits de propriété égaux, même si elles se séparent ou si l’une des personnes décède. Ce n’est toutefois pas le cas pour les conjoints et conjointes de fait.
Dans une union de fait, tout ce que vous achetez pour vous-même, avec votre argent, n’appartient qu’à vous. Si vous souhaitez que l’autre personne hérite d’un bien en particulier, vous pouvez l’ajouter en tant que copropriétaire du bien ou la désigner comme bénéficiaire dans votre testament. En général, il n’existe pas de droit de propriété automatique pour la division des biens, notamment pour la maison et le régime de retraite.
En cas de séparation mettant fin à une union de fait, le titulaire d’une rente conserve généralement la totalité de sa valeur. Les conjoints de fait partagent la valeur de leur régime de retraite s’ils disposent d’une entente, d’une ordonnance du tribunal ou d’une sentence arbitrale. Et il est rare que les tribunaux ordonnent le partage d’une rente dans le cas de couples en union de fait. Les couples mariés, en revanche, partagent habituellement automatiquement la valeur de leurs régimes de retraite.
Les lois provinciales régissent aussi les droits successoraux, et les définitions d’une union de fait peuvent varier considérablement selon la province ou le territoire.
Certaines provinces ne reconnaissent pas automatiquement les personnes en union de fait comme des conjoints légaux en ce qui a trait à l’héritage, ce qui peut, en l’absence d’un testament, avoir des répercussions sur la distribution des biens suivant un décès.
Le terme « succession ab intestat » s’entend d’une situation dans laquelle une personne décède sans avoir rédigé de testament valide, c’est-à-dire un décès intestat. Si votre conjoint ou conjointe de fait décède intestat, on ne vous considérera peut-être pas comme son plus proche parent, et il appartiendra au tribunal de décider si vous recevrez une partie de ses biens. Ce n’est pas le cas des couples mariés, qui bénéficient d’une plus grande protection en matière de droit successoral.
Dans toutes les régions, à l’exception de l’Ontario, de la Colombie-Britannique, du Québec, de la Saskatchewan et du Yukon, le mariage révoque automatiquement le testament (à moins qu’il soit explicitement déclaré dans le testament qu’il a été rédigé en prévision du mariage). L’union de fait n’affecte pas la validité d’un testament.
Les personnes mariées peuvent faire valoir leurs droits lors du traitement de la succession en vertu des lois sur le droit de la famille. Les conjoints et conjointes de fait ont quant à eux des droits limités, qui varient en fonction de la province et de la durée de la relation.
La meilleure façon de protéger un conjoint ou une conjointe de fait en cas de décès de l’autre est de le ou la nommer comme bénéficiaire. Avec un testament valide qui désigne le conjoint ou la conjointe de fait comme bénéficiaire, la succession sera distribuée selon les souhaits du défunt ou de la défunte.
En l’absence de mariage, il est également important de désigner votre conjoint ou conjointe comme bénéficiaire pour tous vos contrats d’assurance et comptes de placements. Ainsi, vous protégez financièrement cette personne si vous décédez. Si vous ouvrez un compte de placement, comme un compte d’épargne libre d’impôt (CELI) ou un régime enregistré d’épargne-retraite (REER), vous devez généralement désigner un bénéficiaire pour ce compte. Il est important de mettre à jour vos affaires financières au fur et à mesure qu’évolue votre relation.
Maintenant que nous avons exploré le cadre juridique du mariage et de l’union de fait, examinons la situation des célibataires.
Nous avons discuté précédemment de la conclusion du rapport de 2021 de Statistique Canada, qui révélait qu’une majorité d’adultes (57 %) vivaient en couple. Toutefois, si l’on examine en détail le rapport, on constate que les jeunes adultes d’aujourd’hui sont moins susceptibles que les générations précédentes de vivre en couple, car les solutions de rechange, comme vivre seul, avec des colocataires ou avec des parents, sont devenues plus courantes. Alors que 68 % des personnes de 25 à 29 ans étaient en couple en 1981, seulement 39 % des personnes du même groupe d’âge sont en couple en 2021.
Le célibat ne se limite pas aux jeunes. Certaines personnes sont célibataires toute leur vie, choisissant consciemment de ne pas vivre en relation amoureuse. D’autres sont célibataires à différents moments de leur vie, peut-être à la suite d’un divorce ou d’un décès. Les chiffres sont évocateurs : une étude de Statistique Canada menée en 2022 indique que 35 % des personnes de plus de 65 ans au Canada sont célibataires en raison d’un divorce, d’une séparation ou d’un décès, ou simplement parce qu’elles n’ont jamais été mariées*.
Dans les prochaines diapositives, nous aborderons certains obstacles financiers auxquels se heurtent les célibataires, ainsi que quelques conseils à prendre en compte.
Les personnes vivant seules ont toujours eu d’importants frais à assumer. Toutefois, l’inflation que subissent les Canadiens et Canadiennes depuis quelques années a fait augmenter le prix de presque tous les produits, de l’épicerie à l’essence en passant par le loyer et les taux d’intérêt à payer sur l’hypothèque et les autres dettes, sans compter que la sécurité financière a diminué. Même les célibataires ayant un emploi bien rémunéré sont touchés, en partie en raison de la « taxe des célibataires », comme on l’appelle. Cette taxe, c’est la différence entre ce qu’une personne vivant seule paie pendant l’année pour un bien, comme un appartement, et ce que ce même bien coûterait, par personne, s’il était partagé par un couple.
Selon l’Enquête sur les dépenses des ménages de 2021 de Statistique Canada, les dépenses totales des personnes vivant seules s’élevaient à 49 661 $ en 2021. En comparaison, les couples sans enfants ont dépensé 91 121 $ au total. Cela signifie des économies d’environ 17 % pour la deuxième personne du ménage.
Les frais de logement constituaient la principale dépense des ménages en 2021. Les couples sans enfants consacraient environ 30 % des dépenses de leur ménage au logement. En comparaison, les célibataires ont dépensé 37 %.
En plus de devoir utiliser un pourcentage plus élevé de leurs revenus pour vivre pendant leurs années actives, les célibataires doivent épargner davantage par personne que les personnes en couple pour obtenir le même niveau de vie à la retraite que ces dernières.
Les couples bénéficient de plus d’avantages fiscaux que les célibataires. Par exemple :
- Le couple peut se concentrer sur les cotisations REER de la personne ayant le revenu le plus élevé pour obtenir un remboursement d’impôt plus important en tant que couple.
- La personne ayant le revenu le plus élevé peut cotiser au REER de celle dont le revenu est le plus faible en passant par un REER de conjoint.
- Le couple peut combiner ou transférer des crédits d’impôt pour dons ou frais médicaux afin d’obtenir une plus grande réduction d’impôt.
- Le couple peut fractionner le revenu de retraite admissible de la personne ayant le revenu le plus élevé à la retraite, y compris les retraits d’un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) après l’âge de 65 ans.
Il existe également d’autres stratégies, mais le fait est que les couples peuvent légalement et stratégiquement réduire l’impôt plus facilement qu’une personne célibataire.
Au 1er juillet 2022, le Canada comptait un peu plus de 2 millions de veuves et de veufs (mariés ou en union de fait).
En 2022, les veuves étaient trois fois plus nombreuses que les veufs. On s’imagine souvent que les veuves ont plus de 80 ou 90 ans. En réalité, l’âge moyen du veuvage au Canada est de 56 ans.
Pour les hommes comme pour les femmes, les répercussions financières du veuvage sont pires pour les personnes qui perdent un être cher avant l’âge de 65 ans. Le pourcentage de personnes ayant un faible revenu a augmenté de manière substantielle, tant pour les hommes (+10,3 %) que pour les femmes (+14,2 %), dans la première année de veuvage.
Sur le plan financier, le veuvage peut être dévastateur. Souvent, il ne reste pas suffisamment de temps à la personne qui reste pour reconstituer son patrimoine, et pourtant elle peut s’attendre à vivre encore de nombreuses années. Selon une étude Merrill Lynch/Age Wave :
- 53 % des veuves n’ont rien prévu en cas de décès de leur conjoint ou conjointe
- 76 % des veuves auraient souhaité participer davantage aux décisions financières
Outre le veuvage, c’est souvent par divorce qu’on redevient célibataire. Un terme que l’on entend de plus en plus souvent est « divorce gris ». Il s’agit généralement d’un divorce qui a lieu après l’âge de 50 à 55 ans. La fin d’un mariage lorsque vous êtes dans cette tranche d’âge présente des défis uniques, surtout en ce qui concerne vos finances personnelles.
Le coût du divorce fait partie des facteurs financiers à soupeser, car les frais de justice peuvent être très élevés dans le cas d’un divorce conflictuel. Si vous parvenez à gérer votre séparation à l’amiable, le coût peut être moindre.
Il peut être compliqué de chercher à comprendre et à maîtriser ses finances personnelles. C’est particulièrement vrai si votre partenaire a toujours géré les finances du ménage. En examinant ce que vous possédez et ce que vous devez, vous pourrez prendre des décisions éclairées pour votre avenir.
Il est recommandé d’examiner votre situation financière de manière pragmatique lorsque vous envisagez une séparation. Lors de la répartition des biens familiaux, tenez compte du revenu dont chaque personne a besoin pour le reste de sa vie. N’oubliez pas que vous devrez adapter votre mode de vie lorsque vous vous retrouverez à vivre en solo. Vous devrez peut-être faire des sacrifices, comme prendre moins de vacances ou alors vous trouver une maison moins grande.
Il est aussi important de revoir votre plan successoral, y compris vos désignations de bénéficiaires. Il s’agit d’un élément facile à négliger. Si vous ne le faites pas, certains biens seront transférés à votre ex sans qu’il ou elle l’ait voulu.
Enfin, assurez-vous de réexaminer votre régime de retraite. Vous pourriez devoir partager une partie de votre épargne-retraite avec votre ex. Ou vice-versa. C’est particulièrement vrai s’il y a un important écart entre vous sur le plan des actifs et des revenus. L’un de vous deux peut, par exemple, avoir été parent au foyer. En fonction des résultats des négociations ou des litiges, vous pourriez décider de retarder votre départ à la retraite d’un an ou deux. Lorsque vous partirez à la retraite, votre conseiller ou conseillère pourra vous aider à accéder facilement à vos revenus de retraite, vu votre nouvelle situation.
<Sur la diapo> L’âge moyen du divorce augmente. <Fin de la diapo>
Nous passons habituellement par cinq phases de soins au fur et à mesure que nous vieillissons. Personne ne progresse de la même façon, mais avec le temps nos besoins en soins de santé et les coûts qui s’y rapportent augmenteront. Pour bien des gens, cela signifie qu’ils dépendront un jour de quelqu’un d’autre. N’étant pas en couple, les célibataires peuvent avoir besoin d’un proche ou d’aide professionnelle.
Un défi que tout le monde doit relever en vieillissant, c’est la prise de décisions financières judicieuses. Avec l’âge, notre expérience et nos connaissances s’accroissent, mais notre capacité à prendre des décisions complexes tend à diminuer avant la retraite.
Les personnes âgées célibataires n’ont pas de partenaire avec qui échanger des idées, et pour bon nombre d’entre elles, la retraite et la planification financière qui en découle peuvent être une source d’anxiété. Ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise de parler d’argent avec ses enfants et ses amis. En trouvant quelqu’un de confiance avec qui parler, ces personnes parviendront peut-être à mieux gérer leurs dépenses et à prendre de bonnes décisions financières. Vous pouvez envisager, entre autres, un système de parrainage, dans lequel tout le monde peut s’entraider afin de garder le contrôle. C’est également à ce moment que les spécialistes, notamment les conseillers et conseillères en finances, peuvent apporter leur aide.
<Sur la diapo> Graphique montrant les 5 étapes de la dépendance : (1) Indépendance (2) Interdépendance (3) Aide à la vie autonome (4) Gestion de crise (5) Dépendance. Les besoins liés au style de vie et à la croissance diminueront probablement avec l’âge. Les besoins liés à la santé et à la protection augmenteront probablement avec l’âge. <Fin de la diapo>
Les personnes âgées ne sont pas les seules à avoir besoin de soins ou à avoir besoin d’aide.
En 2022, près de 30 % des gens au Canada avaient une invalidité qui limitait leurs activités quotidiennes. Ce sont les troubles mentaux qui constituent l’invalidité la plus fréquente, avec 31 %.
La durée de l’invalidité, la gravité du cas et le coût qui en découle varient considérablement. Le coût viager moyen d’une invalidité s’élève à 640 000 $ au Canada**. Si vous êtes une personne seule, que se passe-t-il et qui s’occupe de vous? Si vous devez payer pour obtenir de l’aide, comment allez-vous gérer la situation?
Le besoin de soins a souvent d’importantes répercussions sur le budget familial, tant pour la personne aidante que pour la personne qui reçoit les soins.
Comme les personnes seules ne disposent d’aucun revenu additionnel, il est très important qu’elles se constituent un fonds d’urgence pouvant couvrir les dépenses pour une période de trois à six mois. Idéalement, vous devriez prévoir assez de fonds pour régler les dépenses imprévues pendant six mois, sans avoir à recourir aux cartes de crédit ou à l’épargne-retraite.
Vous pourriez également envisager de souscrire une assurance. L’assurance-vie sert principalement de revenu de remplacement pour les personnes à votre charge. Si vous n’avez pas de personnes à votre charge, elle ne sera peut-être pas nécessaire. Toutefois, si vous avez des enfants dont vous êtes financièrement responsable, l’assurance-vie est extrêmement importante. Quant à l’assurance-invalidité, il s’agit d’un besoin souvent négligé. Elle peut s’avérer particulièrement importante pour les célibataires qui n’ont pas accès aux revenus ou aux soins de quelqu’un d’autre.
L’indépendance financière est importante, mais il peut arriver que l’on ait besoin du soutien d’une autre personne. Peut-être pensez-vous qu’en tant que personne vivant seule, vous n’avez pas besoin d’un plan de succession? Mais que se passera-t-il si vous devenez invalide? À qui faites-vous suffisamment confiance pour prendre des décisions en votre nom en ce qui concerne votre santé et vos finances? Une procuration (également appelée « mandat ») relative aux soins de santé, une directive anticipée touchant les soins de santé, et une procuration pour vos affaires financières et juridiques sont des documents essentiels à prendre en compte.
Si vous êtes célibataire et que vous avez des enfants d’âge mineur, un testament permet de désigner un tuteur ou une tutrice qui pourra s’occuper d’eux. Votre testament peut également mentionner vos autres souhaits et la répartition de vos biens. Prenez le temps : traitez en priorité votre plan financier et votre plan de succession, puis révisez-les régulièrement. Choisissez des membres de votre famille et des amis en qui vous avez confiance afin de préserver votre tranquillité d’esprit et celle de vos proches.
Finalement, pensez à épargner et à planifier votre retraite dès maintenant. Bien des gens dépendront des prestations du gouvernement et de leur épargne personnelle à leur retraite. Certains auront aussi la chance de bénéficier d’une épargne offerte par leur employeur. Compte tenu de la « taxe des célibataires », de la surprise potentielle d’un « divorce gris » et du coût de la vie dans l’économie actuelle, le fait de mettre le temps et la croissance composée de votre côté et de profiter pleinement de toute cotisation complémentaire offerte par votre employeur vous aidera à combler tout manque à gagner.
Une personne retraitée célibataire peut certainement s’en sortir avec succès, mais les défis qu’elle devra relever sont différents de ceux d’un couple. Pour toutes ces raisons, il est important d’aller chercher des conseils financiers et de planifier de façon proactive la retraite quand on est une personne seule.
Votre famille est unique; votre planification devrait donc l’être aussi. Peu importe la structure de votre famille, vous pouvez la protéger (ainsi que vous-même) grâce à une planification financière prudente.
Il existe différents chemins vers la parentalité, et les coûts associés aux méthodes de constitution d’une famille peuvent varier considérablement. Ces coûts peuvent être importants, ce qui crée une charge financière unique pour les personnes touchées par l’infertilité, pour les célibataires souhaitant devenir parents et pour les couples LGBTQ+, y compris les personnes en relation polyamoureuse et les autres cellules familiales comptant plus de deux parents. Si vous envisagez de devenir parent, vous devriez réfléchir à la planification financière liée à l’adoption, à la grossesse pour autrui ou aux traitements de fertilité.
Le coût de la procréation assistée et de l’adoption peut être exorbitant – des dizaines de milliers de dollars – et peut avoir des conséquences sur vos autres décisions financières. Par exemple, l’acquisition d’une propriété, les sommes à consacrer à d’autres objectifs comme un voyage ou la reprise des études, et la possibilité de prendre sa retraite à un moment précis, pour ne citer que ceux-là. Comme c’est le cas pour tout bien de grande valeur, si votre ménage doit assumer financièrement la constitution d’une famille, il sera essentiel d’établir un budget et de planifier les divers aspects financiers de cet objectif de vie important.
La planification juridique est également cruciale pour la constitution d’une famille aujourd’hui. Certains documents, comme en cas d’adoption coparentale, peuvent servir à établir légalement les droits parentaux, dans les provinces où ces droits ne sont pas automatiques. L’adoption coparentale est une procédure juridique qui permet à un parent non biologique ou non gestationnel d’obtenir les droits parentaux légaux complets à l’égard d’un enfant, souvent dans le contexte des familles LGBTQ+. Cette procédure confirme et protège les droits parentaux du parent non biologique ou non gestationnel, lui garantissant le même statut juridique que le parent biologique ou gestationnel.
La reconnaissance juridique de votre statut de parent signifie que tous les parents concernés disposeront des mêmes droits et responsabilités sur le plan juridique. Il peut s’agir par exemple de choses toutes simples, comme recevoir le bulletin scolaire de votre enfant, voyager avec elle ou lui ou prendre une décision médicale à son sujet. Les documents appropriés et la reconnaissance du statut de parent légal garantiront également la protection des enfants. Il s’agit d’un important point à prendre en considération lorsque vous avez recours à l’adoption, à la FIV ou à la grossesse pour autrui pour constituer votre famille, ou s’il y a plus de deux parents.
Il existe de nombreuses familles modernes composées de plus de deux parents. Actuellement (depuis juillet 2025), les lois de l’Ontario et de la Saskatchewan autorisent les enfants à avoir plus de deux parents légaux. Un projet de loi comparable a été déposé au Yukon. Quant à la Colombie-Britannique, elle reconnaît les familles de plus de deux parents dans les situations familiales issues de la procréation assistée. Des décisions juridiques rendues dans cette province, ainsi qu’à Terre-Neuve-et-Labrador, ont reconnu, dans des cas particuliers, trois personnes comme parents légaux d’un enfant.
Le paysage évolue rapidement. Le 25 avril 2025, au Québec, une décision juridique historique a déterminé que certains enfants ont plus de deux parents, et la province doit maintenant mettre à jour ses lois en conséquence. Elle a un an pour le faire.
Dans cette affaire, il a été déterminé que les enfants n’avaient pas choisi la nature de leur famille pluriparentale. S’ils ont trois parents, c’est leur réalité. Ils ne peuvent rien faire pour la changer, et lorsque chaque parent choisit d’élever un enfant avec deux autres personnes, les enfants de cette famille doivent bénéficier des mêmes protections que les enfants de n’importe quelle autre famille. Par exemple, ils devraient pouvoir hériter d’un parent qui décède sans testament. Aussi, en cas de rupture, les enfants devraient pouvoir préserver leurs contacts avec toutes les personnes qui les ont élevés, et avoir droit au soutien financier de tous leurs parents.
Il y a bien sûr de nombreuses familles monoparentales. Outre les coûts potentiels liés à la constitution d’une famille, le chef ou la cheffe de famille doit également réfléchir attentivement à la question de la tutelle, au cas où il lui arriverait quelque chose. Il est important de tenir les conversations nécessaires avec les amis ou les membres de sa famille concernés, en plus de désigner un tuteur ou une tutrice dans votre testament. Si une seule personne gagne de l’argent dans une famille, cette personne subit par le fait même une pression financière supplémentaire. Elle doit se demander non seulement qui, si elle décède, s’occupera des enfants s’ils sont mineurs, mais aussi comment les enfants seront soutenus financièrement, et même ce qui se passera si elle ne peut plus travailler en raison d’une maladie ou d’une blessure. Cette situation touche bien entendu tous les types de cellules familiales, mais souvent il est particulièrement important de protéger les sources de revenus, lorsqu’il n’y a qu’une seule personne qui en a un.
Comme pour tout changement de situation personnelle, l’arrivée d’un enfant dans votre famille est un moment idéal pour revoir vos bénéficiaires, vos testaments et vos autres documents de planification successorale. Ce peut être particulièrement important selon les lois sur la succession ab intestat en vigueur dans votre province de résidence et selon votre structure familiale.
Des études indiquent que les personnes LGBTQ+ tendent à avoir une épargne-retraite et un taux d’accès à la propriété inférieurs à ceux des personnes de la population générale. Cette situation peut être influencée par divers facteurs, notamment : l’écart de salaires; la discrimination au travail ayant une incidence sur les revenus et l’avancement professionnel; et parfois un soutien familial insuffisant ou l’absence d’héritage.
Un rapport de Kinitz et autres publié en 2023** et fondé sur un examen de la documentation pertinente révèle que les personnes transgenres sont confrontées à de la transphobie et à des préjugés très répandus dans le marché du travail, entraînant harcèlement, exclusion et pauvreté. Les faits montrent qu’il existe des enjeux communs, dont de faibles revenus, des taux de pauvreté élevés et une dépendance importante à l’égard des programmes de soutien du revenu.
Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que l’épargne-retraite soit particulièrement difficile pour les personnes transgenres. Les effets combinés de la discrimination au travail, d’un revenu faible et d’une instabilité économique créent d’importants obstacles à la sécurité financière à long terme.
Les personnes transgenres et non binaires doivent assumer bien des coûts supplémentaires propres à leur situation et doivent prendre en compte de nombreux facteurs lors de la planification de leur transition.
Les soins de santé peuvent être particulièrement onéreux et difficiles. La plupart des provinces et des territoires au Canada assument le coût de certaines opérations de réassignation de genre. Cependant, ce ne sont pas tous les régimes d’assurance-maladie provinciaux et territoriaux qui couvrent les opérations de féminisation, comme la chirurgie de féminisation de la voix et la féminisation du visage. Ils ne couvrent pas tous non plus les opérations de masculinisation, comme le remodelage de la poitrine ou du corps.
Les personnes transgenres ont également à assumer des coûts supplémentaires pour leur planification familiale en vue de devenir parents. C’est le cas par exemple d’une personne qui prévoit une opération d’affirmation de genre, mais qui souhaite également préserver sa fertilité en conservant son sperme ou ses ovules dans le but de concevoir un enfant ultérieurement.
Il est important de vérifier attentivement les listes de médicaments des régimes de garanties collectives pour vérifier la couverture des traitements liés à l’affirmation de genre, comme les traitements hormonaux et autres médicaments et tout autre traitement nécessaire.
Les coûts des procédures et des médicaments peuvent être très élevés en l’absence d’une couverture adéquate. Par conséquent, il sera très important de prévoir un budget à cet effet et de planifier l’aspect financier de cet important objectif de vie.
Pour tout le monde, la constitution d’un crédit est fondamentale, en particulier si vous savez que vous devrez faire face à d’importants coûts, comme ceux dont nous venons de parler, et que vous prévoyez de financer ces coûts à l’aide de prêts. De nombreuses personnes, surtout si leurs revenus sont limités et que le coût de la vie est élevé, finissent par adopter de mauvaises habitudes d’emprunt ou de crédit, ce qui peut nuire à leur cote de crédit. Tout le monde a une cote de crédit, c’est-à-dire une évaluation de sa capacité de remboursement en tant qu’emprunteur. Il est important de protéger sa cote de crédit. Pour ce faire, il faut d’abord éviter les habitudes dangereuses, telles que les retards et les oublis de paiement ou un endettement plus élevé que sa capacité financière. L’identité liée au crédit et au dossier financier nous suit tout au long de notre vie. Pour les personnes transgenres, c’est aussi un élément où le nom de naissance peut ressurgir.
Le nom de naissance, c’est l’ancien nom de la personne transgenre, et non celui qu’elle a choisi pour sa nouvelle identité. C’est comme si vous appelez quelqu’un par un nom qu’il vous a expressément demandé de ne pas utiliser. Ce peut être blessant pour cette personne parce que ce nom fait fi de son identité et des changements qu’elle a apportés à sa vie.
Un changement de nom légal est un processus complexe, et potentiellement frustrant. Equifax et TransUnion, les deux principales agences d’évaluation du crédit au Canada, ont permis aux personnes transgenres de modifier leur nom dans leur historique de crédit. Auparavant, chaque fois qu’un rapport de crédit était exécuté (pour les cartes de crédit, les employeurs, les propriétaires d’immeubles, etc.), la personne qui présentait la demande devait utiliser son nom de naissance. En réalisant le processus auprès de chacune des agences, vous pouvez préserver votre historique de crédit pendant votre changement de nom légal.
Le recours à des personnes qualifiées en droit ou en finances qui comprennent les défis auxquels se heurtent les personnes LGBTQ+ au Canada peut être une étape importante du cheminement vers la sécurité financière.
Dans le monde d’aujourd’hui, bien des gens rencontrent l’amour en ligne. Selon une étude publiée en 2025 sur ScienceDirect.com, 21 % des relations formées depuis 2010 ont commencé en ligne. Par ailleurs, une étude réalisée en 2025 par l’Université de la Colombie-Britannique révèle que dans 36 % des couples qui se sont rencontrés en ligne, une personne était née au Canada et l’autre, dans un autre pays, ce qui représente une part importante des relations transfrontalières.
En plus de la distance qui constitue un défi, des différences culturelles en matière de finances peuvent se révéler, comme les attentes en ce qui a trait au logement et à l’aide financière de la famille élargie. Il en va de même pour les produits financiers, les possibilités financières, et les expériences culturelles et familiales relatives à l’argent.
En outre, il est probable que des coûts associés ce type de relations doivent être inclus dans votre budget et votre planification. Qu’il s’agisse des frais de déplacement engagés pour vous rendre visite, de l’entretien éventuel de deux maisons dans deux pays, ou des frais d’immigration – si tel est votre but –, les relations internationales présentent des complexités uniques sur le plan des finances, de l’immigration, de la culture et de la religion. Et pour que ces relations soient saines et durables, ces complexités requièrent une communication ouverte, un respect mutuel et des conseils professionnels.
Nous entendons constamment parler de l’importance de protéger nos comptes et nos informations financières, mais comment y parvenir lorsque des sentiments sont en jeu? Des individus sans scrupule utilisent des sites de rencontre ou des réseaux sociaux pour trouver des victimes potentielles et gagner leur confiance. Une fois que le fraudeur a gagné la confiance de la victime, il lui demandera de l’aide pour payer des frais de déplacement afin de la rencontrer ou de l’argent pour payer des sommes liées à une situation d’urgence. Pour vous protéger contre les arnaques amoureuses, méfiez-vous de toute personne rencontrée en ligne qui vous demande de l’argent, surtout si elle vous pousse à agir rapidement ou à garder la relation secrète. Méfiez-vous également des histoires à dormir debout ou des demandes d’argent pour un voyage ou une situation d’urgence. N’envoyez jamais d’argent à qui que ce soit et ne communiquez jamais vos données financières à quelqu’un que vous n’avez jamais rencontré en personne. Les scénarios de malchance s’accumulent : les arnaques amoureuses ont coûté 50,3 millions aux Canadiens et Canadiennes en 2023 (selon l’Association des banquiers canadiens).
La technologie et les applications de rencontre présentent un risque d’arnaques amoureuses, qui ciblent souvent les personnes d’un certain âge à la recherche de compagnie. En même temps, les rencontres après 60 ans sont devenues plutôt courantes. Le début d’un nouveau chapitre amoureux, c’est emballant, mais lorsqu’il s’agit d’allier romance et finances, la situation peut devenir délicate. Chez les personnes d’âge avancé, il faut discuter finances le plus tôt possible, parce qu’à mesure que l’on vieillit, il y a de plus en plus de choses à prendre en compte, comme les attentes à l’égard de la retraite, les objectifs de retraite, les obligations familiales, les héritages, etc.
À tout âge, trouver l’amour, c’est palpitant. Pour les personnes d’un âge avancé, les rencontres et le développement d’une relation peuvent venir ajouter de l’exaltation, du soutien et de la camaraderie à une période importante de la vie. En abordant les questions d’argent de manière réfléchie, vous pouvez naviguer dans les courants financiers de votre nouvelle relation – peu importe votre âge – et empêcher les imprévus de troubler les eaux.
On ne soulignera jamais assez l’importance de créer un parcours financier qui vous permettra de mener le train de vie que vous voulez et d’atteindre vos objectifs financiers. Il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour établir un plan.
Voici quelques questions qui peuvent surgir dans une famille moderne :
- Qui est responsable du paiement de certaines choses? Notamment dans les familles recomposées où les enfants ont des parents différents.
- Comment gérer les biens propres si vous vivez en union de fait?
- Votre partenaire est-il ou est-elle responsable de vous aider financièrement si vous vous occupez de vos parents âgés?
- Si vous n’êtes pas en couple, qu’adviendra-t-il de vos enfants si quelque chose devait vous arriver?
- Les parents peuvent-ils se permettre de contribuer à la mise de fonds de leurs enfants pour l’achat d’une maison?
Il faut travailler fort pour assurer l’équilibre financier et le bonheur de la famille. Un parcours financier peut vous aider à déterminer quels sont vos objectifs financiers prioritaires et à vous protéger en cours de route.
<Sur la diapo> Liste de 5 points. (1) Déterminer vos objectifs financiers prioritaires (2) Vous concentrer sur la situation dans son ensemble (3) Moins vous préoccuper au sujet de l’argent (4) Organiser vos finances (5) Épargner pour atteindre vos objectifs <Fin de la diapo>
La planification financière d’une famille moderne exige une approche réfléchie, globale et proactive. Il n’est pas seulement question d’argent, mais de protection de vos droits, de vos relations et de votre avenir. Il existe de nombreux facteurs interconnectés, y compris des facteurs juridiques, sociaux et économiques. En comprenant bien les difficultés et les possibilités qui se présentent à vous, vous pouvez prendre le contrôle de votre mieux-être financier.
Afin d’avoir l’esprit tranquille et d’assurer à votre famille et à vous-même un avenir financier sûr, il peut être utile de disposer de documents successoraux et juridiques complets, et d’élaborer un parcours financier comprenant, le cas échéant, des stratégies particulières pour la planification familiale et les frais liés aux traitements d’affirmation de genre, ainsi que votre budget et vos régimes d’épargne habituels.
Peu importe votre structure familiale, nous vous invitons à consulter des spécialistes afin de connaître les écueils juridiques et financiers auxquels vous pourriez vous heurter, et de déterminer quelle est pour vous et vos proches la meilleure manière de les gérer.
<Sur la diapo> Les renseignements présentés sont de portée générale; il ne faut pas y voir un avis financier ou juridique personnel. Ni la Sun Life ni ses sociétés affiliées n’en garantissent l’exactitude ou l’exhaustivité. Vous ne devez pas agir sur la foi de ces renseignements avant d’avoir obtenu des conseils sur votre situation particulière auprès de vos conseillers professionnels, y compris un avocat, notaire, un fiscaliste ou un conseiller (au Québec, conseiller en sécurité financière).
Les produits et services des Régimes collectifs de retraite sont offerts par la Sun Life du Canada, compagnie d’assurance-vie, membre du groupe Sun Life. <Fin de la diapo>