L’Observatoire de la prévention de l’Institut de Cardiologie de Montréal (ICM) fait partie de la Direction de la prévention de l’ICM.

 

L’ICM est un centre hospitalier ultraspécialisé en cardiologie voué aux soins, à la recherche, à l’enseignement, à la prévention, à la réadaptation, ainsi qu’à l’évaluation des nouvelles technologies en cardiologie. Constamment à l’avant-garde, l’ICM est un leader dans son domaine et joue un rôle de premier plan au Québec, au Canada et dans le monde.

Faire la guerre à la sédentarité

Vous travaillez de longues périodes à l’ordinateur. Vous êtes assis pendant des heures chaque semaine derrière un volant. Vous regardez des séries télévisées en rafale? Attention, les longues périodes de sédentarité sans interruption constituent un risque pour votre santé.

Le problème, c’est qu’elles deviennent de plus en plus répandues. La raison en cause : les nouvelles technologies qui s’incrustent de plus en plus dans nos vies, au bureau comme à la maison.

Heureusement, il existe une solution simple afin de contrer cet ennemi de votre santé. En interrompant vos périodes prolongées d’inactivité de façon régulière, comme en vous levant de votre siège de bureau ou de votre sofa, vous éloignez les risques de maladies cardiovasculaires.

Pourquoi rester assis est-il mauvais pour la santé?

Les périodes ininterrompues en position assise entraînent des effets sur la santé cardiovasculaire et sur le métabolisme. Ce n’est pas seulement la durée totale de sédentarité qui est néfaste, mais aussi de quelle manière ce temps est cumulé. Plus on passe de longues heures sans bouger, plus notre santé écope.

À preuve : une étude américaine publiée en 2011 a démontré que les adultes sédentaires pendant de longues périodes sans interruption ont un tour de taille plus élevé et un taux de bon cholestérol plus bas que les adultes qui interrompent leurs périodes de sédentarité régulièrement.

D’où l’importance de prendre des pauses actives lorsqu’on travaille longuement en position assise, au bureau ou sur une chaîne de montage. Prendre une pause, ça peut être : marcher pendant une minute, aller boire un verre d’eau ou accomplir une petite tâche ménagère pour les télétravailleurs. 

Décrocher des écrans a de ces effets bénéfiques que l’on a tendance à sous-estimer.

Quelles sont les conséquences de la sédentarité?

La science est claire : en négligeant de prendre des pauses actives, vous vous exposez à un plus grand risque de maladies cardiovasculaires.

Une étude réalisée auprès des personnes de 45 ans et plus démontre que les personnes à la fois très sédentaires (plus de 12,5 h par jour) et durant de longues périodes ininterrompues (plus de 10 minutes par période) affichaient un risque de mortalité plus élevé que la moyenne.

Une autre étude s’est penchée sur les comportements sédentaires des hommes de 20 à 89 ans aux États-Unis. Le résultat ne fait pas dans la nuance : les hommes qui conduisaient plus de 10 h par semaine avaient 82 % plus de risque de mourir d’une maladie cardiovasculaire que les hommes qui passaient moins de 4 h par semaine au volant.

Quant aux hommes qui conduisaient et regardaient la télévision plus de 23 h par semaine, ils augmentaient ce risque à 64 % par rapport aux gens qui le faisaient moins de 11 h par semaine.

La sédentarité au Canada

La sédentarité et le manque d’activité physique touchent les Canadiens en très grand nombre. Selon Statistique Canada, 76 % des hommes et 79 % des femmes font moins de 2 h 30 d’activité physique par semaine, pourtant le minimum recommandé par l’Organisation mondiale de la santé.

Autre source de préoccupation : les adultes canadiens passent près de 10 h par jour, pendant leur période d’éveil, à s’adonner à des activités sédentaires, comme travailler à l’ordinateur et regarder la télévision.

Depuis longtemps, les organismes de santé publique nous encouragent à bouger. On se rend compte toutefois que de suivre leurs recommandations minimales concernant les activités physiques ne suffit plus afin de réduire le risque de maladie cardiovasculaire au minimum.

Pour ce faire, on doit aussi combattre à la sédentarité.