Avez-vous du mal à composer avec le stress ou l’anxiété lié à la COVID-19? Cela affecte-t-il votre capacité à travailler? Vous n’êtes pas seul. Plusieurs Canadiens et personnes autour du monde sont dans le même bateau.

Voilà pourquoi le moment est particulièrement bien choisi pour parler de santé mentale avec les gens qui vous entourent qui ont besoin de savoir comment vous allez. Cela inclut votre patron.  

Devriez-vous parler à votre patron de santé mentale?

Parler de votre santé mentale avec votre patron est peut-être la dernière chose que vous ayez envie de faire. Garder le silence pourrait aggraver les choses. C’est l’avis du  Dr Samuel Mikail, conseiller principal, santé mentale à la Sun Life.

En acceptant de parler, vous pouvez aider votre patron à comprendre votre situation. Ensemble, vous pourrez alors créer un plan favorisant votre santé mentale au travail, dit Dr Mikail.

Connaissez vos droits. Votre employeur ne peut pas vous congédier si vous lui faites part de votre problème de santé mentale. Vous n’avez pas l’obligation de parler de votre maladie avec votre employeur. Pour en savoir plus sur vos droits en tant que travailleur, lisez la Loi canadienne sur les droits de la personne.

3 conseils pour aborder le sujet de l’anxiété ou de la dépression avec votre patron

  1. Soyez indulgent envers vous-même et réfléchissez.

    Les sentiments négatifs que nous ressentons par rapport à notre propre santé mentale peuvent être très forts», indique Dr «Bon nombre de personnes n’arrivent pas à admettre qu’elles ont un problème de santé mentale, alors elles ne tentent pas de le régler. Le sentiment de honte peut également empêcher les gens d’aller chercher de l’aide.»

    Si vous ressentez des symptômes de maladie mentale, tels que de l’insomnie, une perte d’appétit ou de l’anxiété, ne les niez pas. Prenez le temps de réfléchir à ce que vous ressentez et prenez des notes.

    Consigner vos impressions peut vous aider à :

    • trouver des moyens de gérer vos symptômes et
    • vous préparer à avoir une conversation avec votre patron.

    Vos notes vous serviront également si vous prévoyez consulter un professionnel en santé mentale.

    De nombreux régimes d’assurance-santé au travail remboursent les frais de consultation avec un professionnel autorisé. Certains régimes offrent aussi des consultations thérapeutiques en ligne gratuites. Consultez votre fournisseur d’assurance-santé et d’avantages sociaux au travail pour savoir ce qu’offre votre régime.

  2. Préparez-vous à avoir une conversation.

    «Vous préparer à avoir une conversation importante peut diminuer l’anxiété que vous ressentez», explique Dr Mikail.

    Exercez-vous avec une personne proche de vous comme un partenaire, un collègue ou un ami.

    Le Dr Mikail suggère également de faire quelques essais devant le miroir pour voir si votre langage corporel reflète ce que vous dites.

    Vous vous sentirez plus en confiance sachant que votre langage corporel appuie vos paroles.  
  3. Discutez des aménagements possibles avec votre employeur.

    Vous avez le droit de demander  des aménagements pour vous sentir bien. Selon la Loi sur les droits de la personne, tous les employeurs doivent offrir des aménagements aux personnes vivant avec un handicap. Ceci inclut la maladie mentale.

    Donnez à votre employeur des exemples concrets d’aide que vous souhaitez recevoir, puis créez un plan ensemble. Vous pourriez, par exemple, demander un horaire de travail flexible.

    L’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) suggère de mettre par écrit vos demandes si vous ne vous sentez pas à l’aise d’en parler de vive voix. Il est préférable de consigner les aménagements que vous souhaitez obtenir.

Que faire si vous ne vous entendez pas bien avec votre supérieur?

Et si c’est un problème lié au travail, comme une mauvaise relation avec votre patron, contribuait à votre mauvais état de santé mentale? Il peut alors être très difficile pour vous de discuter avec votre supérieur. Si c’est votre cas, le Dr Mikail vous suggère de parler à un collègue, si possible une personne haut placée qui entretient de bonnes relations avec votre patron.

«Appelez une personne de confiance qui – idéalement – s’entend bien avec votre supérieur», conseille-t-il. «Elle pourra peut-être vous donner des conseils pour aborder le sujet avec lui et faciliter la conversation.» 

Parler de vous au travail prend du courage, surtout quand vous n’avez pas la forme. Toutefois, il s’agit d’une étape importante pour vous rétablir et peut-être même pour aider les autres.

Pour en savoir plus :