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Épargne et retraite

11 décembre 2018

Planification de la retraite : Comment se préparer à devenir centenaire

L’espérance de vie – et la retraite – s’allongent. Conseils pour se préparer à la vie post-travail, peu importe l’âge.

Selon les données du recensement de 2016 de Statistique Canada, les Canadiens nés cette année-là peuvent espérer vivre jusqu’à 82 ans. C’est un quart de siècle de plus que leurs ancêtres nés en 1920. Toujours selon le recensement de 2016, le groupe des centenaires est celui qui augmente le plus vite au pays : on en compte maintenant 8 230, soit une hausse de 41 % depuis 2011.

Pourtant, bien peu de gens planifient leur retraite en tenant compte d’une longévité à la hausse. «La plupart des gens ne s’imaginent pas vivre jusqu’à 90 ans, encore moins devenir centenaires», déclare Tracy MacNeil, une planificatrice financière agréée de la Financière Sun Life. Dans ce cas, comment faire pour financer une longue retraite heureuse et assurer sa sécurité?

Voici des conseils qui peuvent vous aider à y parvenir, que vous ayez 30 ou 75 ans.

Jeunes épargnants et investisseurs : le CELI est votre arme secrète

Si vous comptez prendre votre retraite dans quelques décennies, vous bénéficiez déjà d’un grand avantage : le temps.

«Si vous êtes jeune, commencez à épargner tôt et faites-le souvent pour profiter du rendement composé, conseille Mme MacNeil. Même si ce n’est que 25 $ par mois, faites-le.»

Portez une attention particulière au compte d’épargne libre d’impôt (CELI), qui permet à vos placements de croître à l’abri de l’impôt. Vous pouvez y verser jusqu’à 5 500 $ par année (cette limite passera à 6 000 $ en 2019) et reporter les droits de cotisation inutilisés des années précédentes. Par exemple, si vous n’avez pas encore ouvert de CELI et que vous aviez 18 ans ou plus en 2009, année de sa création, vous pourriez y accumuler jusqu’à 57 500 $ en 2018.

Prenons des jeunes dans la vingtaine et la trentaine qui commencent à épargner maintenant : ils pourraient se retrouver avec un montant dans les six chiffres dans leur CELI au moment de quitter le marché du travail. Voilà une souplesse à laquelle les retraités actuels n’ont pas accès.

«Le CELI est une source de capital libre d’impôt où vous pouvez puiser pour compléter vos autres revenus de retraite imposables, comme les paiements du Régime de pensions du Canada (RPC) et de la pension de la Sécurité de vieillesse (SV), ou les retraits d’un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR), explique Mme MacNeil. Cela peut aussi vous aider à contrôler votre taux d’imposition.»

Vous hésitez sur le niveau de risque avec lequel vous êtes à l’aise ou le genre de placements que devrait contenir votre portefeuille? Contactez un conseiller.

À l’approche de la retraite, méfiez-vous de la récupération des prestations de la SV et revoyez vos FERR

Assurez-vous de tenir compte de la récupération des prestations de la SV. À partir de 65 ans, le gouvernement vous verse la SV pour le reste de votre vie (sous réserve de certaines conditions). Vous pouvez cependant choisir de commencer à la recevoir entre 65 et 70 ans. Comme pour les paiements versés par le RPC/RRQ, les sommes sont imposables, mais contrairement aux paiements du RPC/RRQ, le montant que vous recevez dépend de vos autres revenus.

Plutôt que de vous payer selon une échelle décroissante établie en fonction de votre revenu, comme on pourrait s’y attendre, le gouvernement verse les pleins montants de SV à tous. Si votre revenu annuel dépasse un certain seuil, vous devez rembourser un pourcentage de la différence. Celui-ci (l’impôt de récupération) augmente selon votre revenu, jusqu’à ce que vous soyez tenu de rembourser la totalité des paiements de SV reçus.

Imaginons que vous avez 72 ans et que votre revenu était de 85 000 $ en 2018. Ce revenu provient probablement de différentes sources : RPC, rente de votre employeur, revenu tiré de votre ancien REER (maintenant converti en FERR et dont vous devez faire des retraits, ou dont vous avez utilisé une partie pour acheter une rente). En vertu des règles de la SV, vous devrez rembourser 15 % de la différence entre votre revenu et 75 910 $ (le seuil à partir duquel il y a récupération en 2018), soit 1 363,50 $ de vos prestations de SV.

Pour éviter cela, vous pourriez puiser davantage dans votre CELI à la retraite, car ces retraits ne sont pas considérés comme un revenu et ne risquent donc pas de provoquer la récupération de la SV. Vous pourriez aussi songer à répartir différemment les fonds détenus dans vos REER.

Selon Mme MacNeil, bien des gens attendent au tout dernier moment, la fin de l’année où ils atteignent l’âge de 71 ans, pour convertir leur REER en FERR. En réalité, on peut le faire à tout moment, en tout ou en partie. Quand c’est fait, on est tenu de retirer un pourcentage minimum de son FERR chaque année. Ce taux augmente avec l’âge : à 71 ans, il est de 5,28 %. Passé 95 ans, il grimpe à 20 %. Et plus votre REER (puis votre FERR) est important, plus la somme à retirer chaque année sera élevée, ce qui fera augmenter votre revenu imposable.

«Si vous avez commencé à épargner jeune et que vous avez laissé votre REER croître et profiter du rendement composé, le fait de commencer à faire des retraits à 71 ans pourrait avoir une incidence sur votre SV, surtout dans les dernières années de votre vie, dit Mme MacNeil. Dans ce cas, il pourrait être judicieux de retirer plus tôt une partie de votre REER.»

Une autre façon de vous assurer d’avoir de l’argent toute votre vie consiste à utiliser une partie de votre REER pour acheter une rente viagère auprès d’une compagnie d’assurance. En échange du versement d’une somme forfaitaire à l’assureur, vous obtenez un paiement garanti pour le reste de votre vie.

Gagner de l’argent à la retraite

Une fois à la retraite, il existe bien des façons de gagner de l’argent ou de rester plus longtemps dans sa maison. Vous pourriez louer une chambre ou un appartement au sous-sol à un étudiant, par exemple.

«Je vois pas mal de gens prendre leur retraite et se trouver un emploi dans un domaine qui les intéresse, comme un adepte de course à pied qui travaille à temps partiel dans une boutique de course, raconte Mme MacNeil. Ce peut être un excellent moyen de faire de l’argent en extra pour s’offrir un voyage, par exemple, tout en restant branché sur ses passions.»

Songez à souscrire une assurance de soins de longue durée bien avant de prendre votre retraite

L’allongement de l’espérance de vie rend l’assurance de soins de longue durée de plus en plus essentielle. Vivre plus longtemps ne signifie pas nécessairement vivre en santé.

La prestation qu’elle vous procure est à l’abri de l’impôt. Avec cette somme, vous pouvez vous offrir les soins dont vous avez besoin en cas d’incapacité (chez vous, dans une maison de retraite ou dans un établissement de soins de longue durée). Cela vous évite de voir fondre votre épargne trop rapidement à cause de soins de santé imprévus.

La chose à ne pas faire? Attendre à la retraite pour passer à l’action.

«La plupart des gens ne songent à l’assurance de soins de longue durée qu’une fois dans la soixantaine et c’est à ce moment-là que les tarifs sont prohibitifs, déclare Mme MacNeil. Plus on est , moins élevé sera le coût de la prime. Il existe aussi d’autres options, comme la protection contre l’inflation [de la prestation que vous recevez].»

Pour en savoir plus :

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