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Santé mentale

29 janvier 2019

Ce qu’il faut savoir avant de consulter un thérapeute

Vous envisagez une thérapie? Ce pourrait être le premier pas vers une meilleure santé mentale. Voici ce qu’il faut savoir avant de prendre votre premier rendez-vous.

Vous avez besoin de parler? D’une personne qui vous écoute? Vous n’êtes pas le seul.

Selon la Commission de la santé mentale du Canada, les problèmes de santé mentale représentent 30 % des demandes de prestations d’invalidité à court et à long terme au pays. Et ce pourcentage ne compte que les gens qui recherchent activement un traitement couvert par leur assurance-maladie. Même si les portails virtuels et en ligne ont facilité l’accès aux soins de santé mentale, bien des gens continuent de subir au quotidien les effets de la dépression, de l’anxiété ou d’un traumatisme sans recevoir d’aide ou de traitement.

«Ce n’est pas toujours facile de faire le premier pas pour rencontrer un thérapeute, reconnaît Meredith Henry, administratrice pour le Nouveau-Brunswick anglophone de l’Association canadienne de counseling et de psychothérapie. Les gens ont parfois du mal à parler à leurs proches de ce qu’ils vivent. Il peut donc leur sembler encore plus difficile d’en parler à un parfait inconnu.»

En tant que conseillère thérapeute agréée, Mme Henry espère normaliser les soins de santé mentale en aidant les gens à être à l’aise de parler à un thérapeute.

Si vous hésitez ou stressez à l’idée de consulter un thérapeute, voici des réponses aux questions qu’on se pose souvent :

Comment savoir quel type de professionnel consulter?

Psychothérapeute, psychologue ou psychiatre, ça revient au même, non? «Pas du tout, répond Mme Henry. Mais, même dans le domaine, plusieurs ne connaissent pas la différence, ce qui ne fait qu’accroître la confusion de la population générale.»

Pour démystifier la question, elle définit chacun de ces rôles :

Psychothérapeute : Souvent appelé thérapeute ou conseiller, ce professionnel de la santé est formé pour aider les gens qui vivent au quotidien des difficultés d’ordre mental comme l’anxiété, la dépression ou le deuil. Ses honoraires ne sont pas couverts par le régime provincial d’assurance-maladie, mais peuvent être compris dans les régimes offerts par les employeurs.

Psychologue : Le psychologue détient généralement un doctorat (Ph. D.) en psychologie clinique. Il peut diagnostiquer et traiter certaines maladies mentales et certains troubles d’apprentissage. Ses honoraires ne sont pas non plus couverts par le régime provincial d’assurance-maladie.

Psychiatre : C’est un médecin qui travaille souvent auprès de personnes atteintes de maladies mentales graves, comme la schizophrénie ou le trouble bipolaire. Contrairement au psychologue et au psychothérapeute, le psychiatre peut, en raison de sa formation médicale, prescrire des médicaments. Il peut pratiquer lui-même la psychothérapie ou collaborer avec un thérapeute. Les honoraires du psychiatre, eux, sont couverts par le régime provincial d’assurance-maladie.

La profession de psychothérapeute est réglementée par la loi dans quatre provinces.

Province

Titre

Ontario

Psychothérapeute autorisé (PA)

Québec

Pas de titre précis, mais l’exercice exige un permis de psychothérapeute

Nouveau-Brunswick

Conseiller thérapeute agréé (CTA)

Nouvelle-Écosse

Registered Counselling Therapist (RCT) [conseiller thérapeute inscrit]

Quel que soit le nom que vous lui donnez, il est important de choisir un thérapeute agréé. Mme Henry suggère de faire des recherches en ligne pour voir si le thérapeute que vous envisagez de consulter est inscrit auprès d’une association de santé mentale ou de psychothérapie sérieuse.

Que faire si je n’ai pas les moyens de suivre une thérapie?

Ce n’est pas que l’appréhension qui empêche les gens de consulter un thérapeute : c’est parfois le coût qui est en cause. Que faire si vous n’avez pas les moyens de suivre une thérapie? Vous avez quelques options :

1. Associations et organismes sans but lucratif. Regardez si des organismes de votre région pourraient vous aider. «Bien des organismes savent que l’accès aux soins de santé mentale peut être difficile financièrement, souligne Mme Henry. C’est pourquoi certains services de counseling sans but lucratif offrent de trois à cinq séances gratuites ou à un tarif dégressif.»

2. Programmes gouvernementaux. «Vous devriez aussi vérifier si des programmes ou services en santé mentale sont financés par le gouvernement fédéral ou provincial, en faisant les recherches vous-même ou en demandant à un professionnel de la santé», suggère Mme Henry.

3. Programmes d’aide aux employés. Demandez à votre service des ressources humaines si vos avantages sociaux comprennent un programme d’aide aux employés (PAE). «Ces programmes offrent généralement un soutien 24/7 aux employés qui doivent surmonter des difficultés mentales ou physiques pouvant nuire à leur rendement au travail.» Selon les modalités de votre PAE, vous pourriez suivre un nombre donné de séances de counseling en ligne, par vidéo ou en personne.

4. Rabais sur des séances de thérapie en ligne. «De nos jours, de nombreux programmes, cliniques et lignes d’écoute en santé mentale offrent des services en ligne ou par téléphone», souligne Mme Henry. Par exemple, les bénévoles formés aux situations de crise de Jeunesse, J’écoute offrent du soutien bilingue gratuit par textos. De plus, des plateformes en ligne comme Inkblot et Wellpoint Connect offrent des séances de counseling vidéo avec des thérapeutes ou des conseillers agréés à un tarif réduit. Ainsi, si l’idée d’une rencontre en personne vous intimide, ou si le temps vous manque, pensez à cette option.

Que dois-je faire avant la première séance?

Si vous avez trouvé un thérapeute, vous devez vous occuper de deux choses avant votre séance en ligne ou en personne :

1. Documents à remplir ou inscription. La quantité de documents papier ou de formulaires électroniques à remplir dépend souvent du milieu. «Dans le secteur privé, on vous demandera des renseignements démographiques comme votre nom, votre adresse et votre numéro de téléphone, les coordonnées de la personne à joindre en cas d’urgence et les médicaments que vous prenez», explique Mme Henry. Cependant, en milieu clinique, comme dans un hôpital, vous pourriez devoir remplir d’autres formulaires sur vos antécédents de santé.

2. Confidentialité. «Votre thérapeute vous expliquera son entente de confidentialité et vous demandera de signer un formulaire de consentement éclairé pour confirmer que vous en avez parlé avant la séance», poursuit la conseillère. Pour la thérapie en ligne, vous devrez probablement cocher une case indiquant que vous êtes d’accord avec les modalités et les règlements concernant la confidentialité.

Tout ce que je dis demeurera-t-il confidentiel?

Comme bien des gens craignent d’être jugés ou pointés du doigt pour leurs problèmes de santé mentale, il est compréhensible que la confidentialité soit une si grande préoccupation. «Tout ce que vous dites en thérapie est privé. Il est interdit de répéter vos propos ou d’en parler à qui que ce soit, sauf si un cas de violence, de mauvais traitements ou d’abus doit être signalé», indique Mme Henry.

Ne vous tracassez pas non plus à l’idée de croiser votre thérapeute dans la rue. «Les thérapeutes n’ont pas le droit de dire qu’ils connaissent leurs clients s’ils les croisent ailleurs qu’en thérapie, comme dans la rue ou à l’épicerie, puisqu’il s’agirait d’une violation de la confidentialité», ajoute-t-elle.

Quel genre de questions me posera-t-on lors de la première rencontre?

«Les thérapeutes sont formés pour bâtir une relation de confiance avec leurs clients, mais cette confiance n’apparaît pas en un clin d’œil, répond Mme Henry. C’est pourquoi la première rencontre sert généralement à apprendre à connaître la personne et à la mettre à l’aise.»

Pour mieux vous connaître, votre thérapeute pourrait utiliser des formules comme :

  • Parlez-moi un peu de vous.
  • Quels sont vos passe-temps favoris?
  • Quel type de travail faites-vous?
  • Aimez-vous votre travail?
  • Avez-vous une famille? Un conjoint?

Lorsque vous serez tous deux à l’aise, votre thérapeute pourrait vous demander ce qui vous amène en thérapie et explorer ces raisons. Mme Henry explique : «Si une personne vient en thérapie, c’est qu’elle est confrontée à un problème. Peut-être qu’elle ne se sent pas bien, ou qu’elle ressent un manque. Je demande à mes clients : “Si votre problème était réglé, à quoi ressemblerait votre vie? À quoi voudriez-vous qu’elle ressemble?” Leurs réponses me donnent une idée de ce qu’ils espèrent tirer de la thérapie, et de l’aide que je peux leur apporter.»

Qu’est-ce qui surprend les gens durant leur première séance de thérapie?

Mme Henry remarque que beaucoup de ses clients lui disent à quel point cela leur fait du bien que quelqu’un les écoute. «On a souvent l’impression qu’on ne nous écoute pas. Rencontrer quelqu’un dont la profession est d’écouter est une nouvelle expérience, raconte-t-elle. Les gens se sentent acceptés comme ils sont et n’ont pas l’impression de devoir porter un masque ou de prétendre qu’ils sont toujours heureux. Ils peuvent se contenter d’être eux-mêmes. Plusieurs sont surpris, parce qu’on ne voit pas cela ailleurs dans la société.»

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