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Épargne et retraite

29 janvier 2018

REER : les 5 erreurs les plus courantes et comment les éviter

Un planificateur financier agréé nous indique les 5 erreurs les plus courantes concernant les REER et explique comment les éviter.

C’est un rituel bien établi : au cours des 60 premiers jours de l’année, dans l’ensemble du Canada, les gens rassemblent tout l’argent dont ils peuvent disposer, puis se dépêchent de cotiser à leur régime enregistré d'épargne-retraite (REER) avant l’échéance annuelle du 1er mars 2018.

Les gens commettent toutefois beaucoup d’erreurs avec leur REER. En voici 5 à éviter, selon Cliff Steele, planificateur financier agréé à la Financière Sun Life1 :

1. Ne pas avoir de plan

Vous pouvez détenir différents types de placements dans un REER : actions, certificats de placement garanti, parts de fonds communs de placement et obligations. Pourtant, souvent, dans votre course pour cotiser à votre REER avant la date limite, vous versez votre cotisation, puis la vie reprend le dessus et vous oubliez d’affecter cette cotisation à des placements.

«Puisque votre argent croît à l’abri de l’impôt jusqu’à ce que vous le retiriez, vous avez besoin d’actifs de croissance dans votre REER, explique M. Steele. Si vous détenez beaucoup de placements liquides parce que vous manquez de temps pour planifier, vous devriez communiquer avec un conseiller pour trouver une manière de placer votre argent dans ce type d’actifs.»

2. Faire des retraits hâtifs

Retirer des sommes de votre REER avant la retraite (pour régler des factures ou des achats importants par exemple) peut avoir des conséquences à long terme. Vous perdez notamment les années de croissance à l’abri de l’impôt dont votre argent aurait profité si vous l'aviez laissé dans votre REER.

De plus, vous serez doublement imposé, à moins d'avoir fait un retrait en vertu du Régime d'accession à la propriété ou du Régime d'encouragement à l'éducation permanente, qui vous permettent de retirer des fonds de votre REER pour acheter votre première maison ou financer vos études postsecondaires (à condition de rembourser le montant du retrait dans le délai prévu).

La première imposition est réalisée au moment du retrait : le montant retiré est immédiatement assujetti à une retenue d'impôt de 10 % pour un retrait de 5 000 $ ou moins (5 % au Québec), de 20 % pour un retrait se situant entre 5 001 $ et 15 000 $ (10 % au Québec) et de 30 % pour un retrait de plus de 15 000 $ (15 % au Québec).

«Un rapprochement sera ensuite effectué à la fin de l’année. Ainsi, si votre taux marginal d’imposition s’élève à 35 % mais que vous avez retiré des fonds de votre REER au taux de 10 %, il vous faudra payer encore entre 20 % et 30 % d’impôt», indique M. Steele. Il faut donc, selon lui, n’utiliser votre REER qu’en dernier recours.

«J’encourage les gens à envisager d’autres options, car il n’existe pratiquement pas de situations pour lesquelles un retrait hâtif d’un REER soit la meilleure solution. Si votre revenu est élevé, vous paierez 30 % ou plus en impôts tandis qu’une marge de crédit vous coûtera, disons, 2 % en intérêts.»

3. Cotiser au-delà du maximum

Vous pouvez verser à votre REER une somme représentant jusqu’à 18 % de votre revenu gagné de l’année précédente, jusqu’à concurrence d’un plafond fixé chaque année. Vous pouvez également reporter les droits à cotisation inutilisés des années précédentes.

Cela permet beaucoup de latitude, il semble. Malgré tout, M. Steele continue de voir à l’occasion des gens qui dépassent le plafond établi. Les régimes de retraite et les régimes de participation différée aux bénéfices (RPDB) sont habituellement à l’origine de ce problème.

«Si vous avez un régime de retraite – à prestations déterminées (PD) ou à cotisations déterminées (CD) – votre plafond de cotisation diminuera, souligne-t-il. Les cotisations à un régime PD ou CD, ainsi qu’à un RPDB (bien que le RPDB ne soit pas un régime de retraite), sont indiquées comme un facteur d’équivalence à la case 52 du feuillet T4. Souvent, les personnes qui ont trop cotisé participaient à un régime de retraite ou un RPDB et ne s’étaient pas rendu compte que cela avait réduit leurs droits de cotisation au REER.»

4. Dépenser le remboursement d’impôt

Les cotisations affectées à votre REER pourraient donner lieu à un remboursement d’impôt. Si vous réinvestissez cet argent dans votre REER, vous déclencherez un heureux cycle de croissance pour votre bas de laine, grâce à la magie de la capitalisation.

«Si vous réinvestissez chaque année votre remboursement d’impôt sous réserve des plafonds de cotisation, votre REER gonflera et votre remboursement continuera d’augmenter, explique M. Steele. En plaçant de nouveau la somme remboursée, vous récupérez de l’argent payé en impôts par le biais du remboursement d’impôt de l’année précédente.» Si vous dépensez la somme remboursée, toutefois, vous perdez toute une occasion.

5. Mal comprendre les règles en matière de succession

Autre erreur courante : les gens désignent un enfant adulte comme bénéficiaire de leur REER alors qu’ils ont un conjoint vivant.

«Souvent, les gens ne sont pas conscients du fait que les fonds accumulés dans un REER sont transférés libres d’impôts au REER de leur conjoint en cas de décès, mais qu’ils s’ajoutent au revenu imposable de leurs enfants adultes ou de toute autre personne qui n’est pas un conjoint admissible», précise M. Steele.

Si vous n’avez pas de conjoint survivant, vous ne pourrez pas non plus éviter les impôts en laissant votre REER à votre succession plutôt qu’en désignant un bénéficiaire. Dans ce cas, l'ARC ajoutera la juste valeur marchande des actifs détenus dans votre REER à votre revenu de l'année de votre décès, ce qui pourrait donner lieu à une imposante facture fiscale pour votre succession et diminuer la valeur du patrimoine transmis à vos héritiers.

«Cela ne devrait pas vous empêcher de souscrire un REER, indique M. Steele. Vous devez considérer votre REER comme un moyen de subvenir à vos besoins à la retraite plutôt qu’un patrimoine à transmettre.»

«Je dis toujours aux gens qu’ils devraient voir les choses ainsi : ils planifieront avec prudence une retraite qu’ils prendront, puis, selon leurs besoins, ils retireront lentement leur argent de leur REER qui aura été converti en FERR et s’amenuisera avec le temps.»

1 Cliff Steele, CFP,© BBA, BMath, The Steele Group Financial and Workplace Services Inc., conseiller Financière Sun Life.

Les fonds communs de placement sont offerts par Placements Financière Sun Life (Canada) inc.

La Sun Life du Canada, compagnie d'assurance-vie est membre du groupe Financière Sun Life.

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