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Épargne et retraite

22 janvier 2018

REER : Le coût caché des retraits hâtifs

Les REER sont d’excellents instruments d’épargne en vue de la retraite, mais les retraits hâtifs de ces instruments fiscalement avantageux ne sont pas sans conséquence pour votre facture d’impôt actuelle.

Les retraits hâtifs d’un régime enregistré d'épargne-retraite (REER) sont de plus en plus courants. Est-ce une bonne chose? Dans la plupart des cas, la réponse est non. Ces retraits ont un coût caché qui a des conséquences pour votre régime de retraite.

Conséquences liées aux fonds retirés trop tôt des REER

Les retraits hâtifs des REER ont 3 coûts importants.

1. Perte des avantages fiscaux liés à la capitalisation des revenus

Lorsque vous retirez des fonds d’un REER, vous renoncez à l’un des principaux avantages de cet instrument de placement : la capitalisation des revenus à l’abri de l’impôt. Les gains réalisés à l’intérieur des REER s’accumulent en effet à l’abri de l’impôt jusqu’à leur retrait. Or, compte tenu des effets de la capitalisation, le retrait de sommes même relativement modestes peut avoir un impact considérable sur la valeur à long terme de votre épargne.

Par exemple, un retrait de 6 000 $ effectué aujourd’hui aura pour effet de réduire de plus de 32 000 $ la valeur que votre REER aurait eue dans 25 ans (dans l’hypothèse d’un rendement de 7 % chaque année) si vous n’aviez pas effectué ce retrait.

2. Imposition des sommes retirées des REER

Tous les retraits des REER sont immédiatement assujettis à des retenues d’impôt. Le taux de retenue à la source s’élève à 10 % pour un retrait de 5 000 $ ou moins, à 20 %, pour un retrait se situant entre 5 001 $ et 15 000 $, et à 30 % pour un retrait de plus de 15 000 $. Veuillez noter que ces taux d’imposition s’appliquent partout au Canada, sauf au Québec où les retraits sont aussi assujettis à un impôt provincial.

L’imposition ne s’arrête pas là, car le montant du retrait est pris en compte dans votre revenu imposable de l’année du retrait. Par conséquent, si votre taux marginal d’imposition est plus élevé que le taux de retenue à la source, vous devrez payer à la fin de l’année des impôts additionnels sur les fonds retirés.

Le retrait d'un REER de conjoint n’est pas non plus sans risques. Si vous cotisez régulièrement à un REER de conjoint et que votre conjoint effectue un retrait, ce retrait pourrait être pris en compte en totalité ou en partie dans votre revenu imposable et pas dans celui de votre conjoint, selon le moment de l’année où il est effectué. Cela pourrait avoir de nouvelles implications fiscales pour votre famille si votre revenu se situe dans une tranche d’imposition plus élevée que celui de votre conjoint. Avant d’effectuer un retrait, il serait judicieux de vous informer des conséquences qu’il entraînera pour vous.

3. Droits de cotisation perdus à jamais

Lorsque vous retirez des fonds d’un REER, vous perdez pour toujours les droits de cotisation utilisés à l’origine pour effectuer votre placement. Vous pourrez continuer de verser la cotisation maximale à votre REER à l’avenir, mais vous ne pourrez pas verser à nouveau la somme retirée. Cela réduit la valeur potentielle de votre REER à la retraite.

Comment retirer des fonds de votre REER sans pénalité fiscale?

Dans certains cas, les retraits hâtifs d’un REER peuvent se révéler avantageux. Le gouvernement traite en effet différemment les retraits effectués pour acheter une maison ou financer des études.

  • Le Régime d'accession à la propriété (RAP) vous permet, à vous-même ainsi qu’à votre conjoint, de retirer jusqu’à 25 000 $ de vos REER respectifs pour construire ou acheter une maison, à condition que vous (ou votre conjoint) n’ayez pas été propriétaire d’une maison au cours des 5 dernières années. Vous avez 15 ans pour rembourser les sommes retirées.
  • Le régime d'encouragement à l'éducation permanente (REEP) vous permet de retirer de votre REER jusqu’à 10 000 $ par année sur une période de 4 ans (sous réserve d’un maximum de 20 000 $) pour financer vos études ou celles de votre conjoint (mais pas celles de vos enfants). Vous avez 10 ans pour rembourser les sommes retirées.

Les retraits effectués en vertu du RAP ou du REEP ne sont pas imposables si vous remboursez les sommes retirées dans le délai prévu. Bien que ces retraits n’entraînent pas la perte de droits de cotisation, ils vous priveront de la croissance de votre capital en franchise d’impôt tant que vous n’aurez pas remboursé votre emprunt. Plus vite vous rembourserez les fonds retirés, moins la perte de croissance sera importante.

Que faire si vous avez besoin de fonds en cas d’urgence?

S’il se présente une urgence financière et que vous avez besoin d’argent, vous devez considérer certaines options avant de retirer votre épargne-retraite.

  • Vous pouvez effectuer un retrait de votre compte d'épargne libre d'impôt (CELI). Le CELI est un bon instrument pour constituer des fonds d’urgence, puisque vous pouvez y replacer dès l’année suivante toute somme que vous en retirez (mais assurez-vous de le faire rapidement pour limiter le plus possible la perte de croissance de vos placements).
  • Si vous détenez des placements non enregistrés, notamment des certificats de placement garanti (CPG), des fonds distincts ou des obligations d’épargne, envisagez d’avoir recours à ces options avant votre REER. Contrairement aux fonds retirés des REER, les fonds tirés de ces placements ne s’ajoutent pas à votre revenu imposable (bien que vous renonciez aux gains potentiels sur vos placements). Si vous aviez prévu ces fonds pour votre retraite, vous pourriez devoir rectifier votre planification en matière d’épargne-retraite pour vous assurer de bénéficier du style de vie que vous souhaitez à la retraite.

Si une urgence financière vous oblige à chercher une source permanente de fonds, commencez par réévaluer votre budget et réduire vos dépenses inutiles, notamment les repas au restaurant, le magasinage et les divertissements. Cela vous permettra de réduire le montant d’argent dont vous avez besoin.

Si vous devez emprunter, songez à une marge de crédit. Celle-ci vous donnera accès à des fonds lorsque vous en aurez besoin, sans que vous ayez à présenter chaque fois une nouvelle demande de prêt. Les marges de crédit sont en général assorties de taux d’intérêt qui sont moins élevés que ceux qui s’appliquent aux prêts à échéance fixe et peuvent même être aussi faibles que le taux préférentiel lorsque les marges sont garanties par un bien comme votre maison.

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