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Épargne et retraite

12 octobre 2016

Épargner pour la retraite quand les taux d'intérêt sont peu élevés

Il est plus facile de rembourser une dette lorsque les taux d'intérêt sont faibles. Une telle situation est toutefois moins avantageuse lorsqu'il est question d'épargner pour des objectifs à long terme comme la retraite.

Personne n'était surpris le 7 septembre dernier quand la Banque du Canada a annoncé qu'elle maintiendrait son taux cible du financement à un jour à un dérisoire 0,5 %. La croissance économique mondiale a piétiné pendant la première moitié de l'année. Au pays, l'indice des prix à la consommation a connu une hausse de seulement 1,3 % sur 12 mois en juillet, soit bien en deçà du taux d'inflation cible de 2 % fixé par la banque centrale.

Pour les Canadiens frustrés par des taux d'intérêt qui favorisent davantage la croissance économique que l'épargne à long terme, il semble ne pas y avoir de lumière au bout du tunnel.

Rappelons d'abord le fonctionnement des taux d'intérêt

Les banques centrales fixent les taux du financement à un jour en vue de gérer l'inflation. Ce taux est aussi appliqué aux prêts effectués entre les institutions financières pour veiller à ce qu'elles disposent de suffisamment de liquidités dans l'éventualité peu probable où un grand nombre de clients décideraient de retirer leurs fonds en même temps. Ces prêts à court terme (souvent d'une durée d'un jour) se font dans ce qu'on appelle le marché interbancaire. Les taux d'intérêt qui s'appliquent aux prêts à la consommation sont eux aussi basés sur le taux du financement à un jour.

Ce qui importe dans le cas de l'épargne-retraite, c'est la façon dont tout cela influe sur le marché obligataire.

Si les investisseurs sont d'avis que le taux du financement à un jour est trop faible, ce qui risque de provoquer de l'inflation, ils exigent des taux d'intérêt plus élevés aux gouvernements et aux compagnies qui empruntent de l'argent sur le marché obligataire. C'est logique. Si on prévoit que le coût de la vie deviendra plus élevé dans les années à venir, les investisseurs demandent des intérêts plus élevés aux émetteurs d'obligations en échange des sommes prêtées.

Si les investisseurs du marché obligataire ne craignent pas d'inflation – soit parce que le taux du financement à un jour convient ou qu'il est un peu trop élevé – ils consentent alors des prêts à long terme à des taux d'intérêt plus faibles. Cela résume en gros la situation dans laquelle nous nous trouvons depuis le début du siècle.

Bien que les taux d'intérêt peu élevés soient souvent associés à la crise économique de 2008-2009, ils font partie du quotidien depuis bien plus longtemps encore. Les taux d'intérêt ont connu une tendance à la baisse constante tout au long des années 1990 et 2000, à mesure que les craintes relatives à l'inflation se dissipaient. Cela fait environ 25 ans que le taux offert aux investisseurs pour l'obligation du gouvernement du Canada à 10 ans se situe en dessous de la barre des deux chiffres.

Au moment de la crise financière, la décision de la Banque du Canada d'abaisser constamment son taux du financement à un jour a transformé le contexte particulier de faiblesse des taux d'intérêt dans lequel nous nous trouvions en une véritable leçon pour l'histoire de l'économie.

Que ferons-nous si les taux restent faibles?

Dans un monde idéal, les taux d'intérêt peu élevés favorisent l'emprunt, tant du côté des consommateurs que du côté des dirigeants d'entreprise, qui en retour réinvestissent ces sommes dans l'économie. Une telle dynamique a pour but de stimuler la croissance et de faire en sorte que la situation économique corresponde au taux d'inflation cible fixé par la banque centrale.

Mais une telle situation entraîne d'autres répercussions, celles-ci involontaires.

C'est le cas, entre autres, des titres à revenu fixe (obligations, certificats de placement garanti, etc.), qui jouent un rôle important dans la planification de la retraite. Les conseillers financiers recommandent souvent à leurs clients d'attribuer à cette catégorie d'actif un pourcentage à peu près équivalent à leur âge. À mesure que vous vous rapprochez de la retraite, le pourcentage de vos titres à revenu fixe augmente. L'idée derrière cette stratégie est de tirer parti du faible degré de volatilité de ces importants placements étant donné que vous disposez de moins de temps pour absorber d'éventuelles pertes à court terme.

Mais comme les taux des titres à revenu fixe sont encore plongés dans la morosité, il est difficile de s'en tenir à cette stratégie. Entre-temps, le prix des autres catégories d'actif – principalement des actions et des fonds immobiliers – peut monter en flèche parce que les investisseurs ont moins d'options vers lesquelles se tourner.

Voici un autre exemple : Trop de Canadiens sont surendettés. En moyenne, le ratio dette-revenu disponible des ménages au pays est de 168 %, ce qui est alarmant. Cette situation n'avantage personne, peu importe si les taux sont peu élevés.

À mon avis, l'endettement des ménages compromettra grandement, au cours des années à venir, les plans de retraite des Canadiens de la classe moyenne. Comme le contexte de faiblesse des taux d'intérêt persiste, il se pourrait que des milliers d'investisseurs ayant épargné judicieusement se voient dans l'impossibilité de prendre leur retraite parce qu'ils sont trop endettés.

Voici 5 conseils :

  1. Épargnez davantage. Calculez le montant que vous pouvez vous permettre d'épargner chaque mois et faites prélever cette somme automatiquement de votre paie et affectez-la à votre compte d'épargne-retraite.
  2. Dépensez moins. C'est l'évidence même.
  3. Empruntez moins. Évitez de laisser un solde impayé sur votre carte de crédit. Si vous vous retrouvez avec des dettes supérieures à vos moyens à la fin du mois, remboursez d'abord celles au taux d'intérêt le plus élevé.
  4. Tirez parti de votre régime d'épargne au travail. Ces régimes offrent souvent des frais de gestion moins élevés que dans le cas des fonds communs de placement offerts aux particuliers et, bien souvent, l'employeur verse une cotisation correspondant à un pourcentage de votre cotisation mensuelle. Si vous comptez parmi les chanceux qui ont droit à des cotisations patronales, assurez-vous d'en tirer parti au maximum.
  5. Parlez à un conseiller financier. La période actuelle rend particulièrement difficile toute planification en ce qui concerne votre avenir financier. Pourquoi vous priver de l'avis d'un professionnel?

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