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Épargne et retraite

04 décembre 2014

Épargner pour la retraite… jusqu’à la retraite

Pierre Mongeau reste optimiste et pense pouvoir prendre sa retraite à 65 ans malgré un combat contre le cancer. Lise Théberge, quant à elle, vogue allègrement vers une retraite financièrement assurée à 57 ans.

Un dernier sprint avant le fil d’arrivée

Pierre Mongeau a 55 ans. Il est marié, et il assume les frais de scolarité universitaire de ses trois enfants. Son salaire annuel est de 60 000 $, et il a un régime de retraite d’employeur dont la valeur actuelle est de 157 000 $. Heureusement, parce que son REER est vide : les sommes qui y étaient placées ont servi, il y a quelques années, à lui permettre de maintenir son niveau de vie quand il a dû cesser de travailler pour combattre un cancer. M. Mongeau a maintenant recouvré la santé.

L’épargne totale de sa conjointe s’élève à environ 163 000 $, un chiffre impressionnant puisqu’elle a un modeste salaire de 30 000 $ par année. La maison familiale est évaluée à 350 000 $, et elle sera libre d’hypothèque dès janvier 2015. Quand ils ont fait leur dernière planification de la retraite, il y a quelques années, le cancer n’était évidemment pas à l’ordre du jour…

La situation actuelle

Quelques constats s’imposent d’emblée. Bien qu’une retraite dans 10 ans reste envisageable, la route à suivre pour y arriver sera plus sinueuse que prévu!

«Notons d’abord qu’une assurance maladies graves, avant le diagnostic de cancer, aurait permis à M. Mongeau de compter sur une prestation non imposable pour affronter la maladie, ce qui lui aurait évité d’avoir à piger dans son REER et donc de payer de l’impôt», souligne Frédéric Désilets*, conseiller en sécurité financière. Le coût des études des enfants limite aussi la possibilité d’épargner plus rapidement pour la retraite. «Là aussi, un REEE aurait simplifié les choses : c’est un incontournable pour des parents qui envisagent d’assumer le coût des études de leurs enfants», ajoute M. Désilets. En effet, quand les jeunes étudiants profitent de paiements d’aide aux études, c’est un poste de moins au budget des parents, qui peuvent alors épargner plus facilement pour leur retraite.

Jamais trop tard pour bien faire

Pour atteindre un objectif d’épargne, Suzie Labbé**, planificateur financier, rappelle l’importance d’établir une stratégie claire. «Peut-être devront-ils réduire un peu leur niveau de vie actuel et revoir leurs priorités. Un peu moins de loisirs et un peu plus d’argent de côté, par exemple».

Pour avoir une retraite qui leur convient, M. Mongeau et sa conjointe auront besoin de 54 000 $ avant impôt par année, soit 60 % de leur revenu actuel. Ils doivent donc désormais épargner 2 000 $ par mois en moyenne. C’est possible : le remboursement hypothécaire de 1 051 $ se termine bientôt, et les enfants quitteront éventuellement le nid familial; de plus, il sera possible d’épargner systématiquement le remboursement d’impôt annuel obtenu grâce à la cotisation au REER de M. Mongeau.

Et, selon Frédéric Désilets, il ne faut pas oublier les avantages du CELI. «Contrairement aux retraits d’un REER, les retraits d’un CELI ne sont pas imposables, et ils ne gonflent pas les revenus annuels à la retraite, qui déterminent notamment l’admissibilité à certaines prestations de retraite ou le montant auquel on a droit», explique-t-il. Son conseil? «M. Mongeau et sa conjointe doivent épargner le maximum cumulatif permis au CELI.»

Vers la retraite à 57 ans

Lise Théberge a 51 ans, est célibataire et souhaite prendre sa retraite à 57 ans. Elle possède un condo dont le solde hypothécaire est peu élevé et gagne 70 000 $ par année. Son train de vie est modeste, et elle calcule qu’elle aura besoin d’environ 30 000 $ après impôt à la retraite. Sachant qu’elle pourra compter sur 10 000 $ par an des gouvernements (régime de rentes du Québec, pension de la sécurité de la vieillesse et supplément de revenu garanti), il lui faudra retirer 20 000 $ (nets d’impôt) de ses avoirs.

Sa dernière planification financière remonte à il y a cinq ans : elle l’avait faite avec Maud Salomon, conseillère en sécurité financière et représentante en épargne collective chez Mica Capital. Son pécule se chiffrait à ce moment-là à 500 000 $. «L’épargne était déjà bien ancrée dans ses habitudes, explique Mme Salomon, et ses cotisations à son REER étaient constantes. Nous n’avons alors fait qu’optimiser la répartition de l’épargne entre différents véhicules financiers, notamment pour profiter du CELI.»

La situation actuelle

Mme Théberge cotise à son REER, et le remboursement d’impôt obtenu est ensuite automatiquement déposé dans son CELI. «Ses deux régimes enregistrés sont bien garnis», confirme la conseillère. Avec la hausse soutenue des marchés boursiers des dernières années, l’épargne totale de sa cliente frôle désormais les 900 000 $. Celle-ci pourra donc profiter d’une retraite très agréable. Elle projette d’ailleurs de faire deux voyages par année, et de cesser de se priver! Et ce, sans même bénéficier d’un régime de retraite de son employeur!

Les derniers ajustements

«À notre prochaine rencontre, j’aimerais évaluer la pertinence pour Mme Théberge de maximiser éventuellement ses cotisations au REER au lieu d’effectuer des versements anticipés sur son hypothèque», dit Maud Salomon. L’étape suivante sera d’organiser ses placements en fonction du décaissement prévu dans cinq ans, pour qu’elle puisse avoir en mains les liquidités nécessaires au moment voulu sans avoir à encaisser des produits financiers avec pénalité ou frais de sortie.

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