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Vos placements

04 octobre 2017

Et si votre conjoint changeait de projet de vie?

La vie n’est pas un long fleuve tranquille, et les plans qu’on avait adoptés au départ peuvent changer. Comment trouver l’équilibre si l’un des deux conjoints effectue un virage à 180 degrés?

Lorsqu’ils se sont rencontrés au début de la vingtaine, Annie et François avaient un plan de vie tout tracé. Après leurs études universitaires, ils devaient acheter un appartement, puis avoir leur premier enfant. Tout se déroulait selon le scénario convenu, mais à la fin de son congé de maternité, Annie a décidé de reprendre ses études afin de changer d’orientation professionnelle. Cette décision a causé tout un remue-ménage au sein du couple, tant d’un point de vue tant financier que personnel… Au bout du compte, les conjoints ont trouvé un nouvel équilibre, mais ce fut au prix de nombreuses discussions et de plusieurs nuits blanches. Alors, comment réunir les conditions gagnantes pour relever le défi du changement?

Réduire au minimum l’impact sur le couple

Peu de choses demeurent inchangées dans l’existence, et des choix de vie qui nous semblaient parfaitement sensés un jour ne nous conviennent plus 10 ans plus tard. Par exemple, on peut souhaiter améliorer son sort et son salaire en allant chercher un nouveau diplôme, ou encore retourner aux études pour changer de carrière. D’autres décideront de laisser tomber un emploi salarié pour se lancer en affaires ou accepteront une offre d’emploi à l’étranger. Mais tout cela a un prix…

Ainsi, démarrer une entreprise nécessitera de contracter un prêt et éventuellement de retirer des fonds de ses REER. Un retour aux études engendrera une réduction radicale des dépenses et mettra sur la glace des projets comme l’achat d’une maison ou la conception d’un enfant. Quel que soit le cas de figure, le conjoint éprouve souvent de l’insécurité et peut se sentir forcé de s’adapter aux choix de son partenaire.

«Les nouveaux projets auront nécessairement un impact sur le couple, alors on ne peut pas tout décider seul. Il faut donc commencer par avoir une discussion franche et ouverte avec son conjoint. On doit être capable de lui expliquer clairement les objectifs poursuivis et les bénéfices attendus de ce changement», conseille Micheline Dubé, psychologue et médiatrice familiale au Centre professionnel du Plateau Mont-Royal, à Montréal.

Elle recommande aussi d’établir une stratégie, de faire un plan, puis de préparer un échéancier comportant des étapes, afin de faciliter et d’apprivoiser le changement. «Invoquer un rêve ou un idéal, cela ne marchera pas. Le conjoint aura de la difficulté à suivre, la lucidité est donc de mise. On ne peut pas non plus arriver simplement en disant : “Je fais ça pour moi.” Il faut démontrer quels seront les avantages tangibles pour le couple, ce qui permettra de compenser les efforts que cela exigera de chacun», ajoute Mme Dubé.

Le couple peut-il traverser ces bouleversements sans y laisser trop de plumes?

Quand il y a de l’amour et de la bonne volonté de part et d’autre, oui, estime Mme Dubé. «Quand on s’aime, on est capable de prendre un peu de recul et de rediscuter des conditions de notre bonheur. L’idée qu’on en avait au départ peut évoluer, et revoir les conditions de l’engagement est possible si cela se fait dans le respect», dit la psychologue.

Des balises peuvent aussi être fixées. Ainsi, l’autre conjoint peut s’engager à compenser financièrement la perte de revenus causée par le retour aux études, mais pas au-delà d’une certaine limite.

Mme Dubé précise que le fait que le couple soit marié ou pas peut aussi jouer dans le sentiment d’insécurité éprouvé par le conjoint, et qu’en tout état de cause, avant de faire un changement de vie important, il est préférable de consulter un expert, que ce soit pour des questions d’ordre psychologique ou financier, afin d’aplanir les difficultés.

Revoir le budget de façon réaliste

Les changements de cap ont généralement des conséquences sur le budget. Or, l’argent peut vite devenir un sujet de discorde dans un couple, rappelle Hélène Hétu, consultante budgétaire à l’ACEF de la Rive-Sud. D’où l’importance d’instaurer une discussion ouverte sur le sujet, car les non-dits finissent par tuer le lien amoureux.

«On doit savoir où chacun se situe par rapport à l’argent, et si un changement survient, qu’il soit imprévu ou pas, prévoir comment on pourra adapter le budget concrètement pour faire face à la nouvelle situation», conseille Mme Hétu.

En ce sens, il est impératif de faire le point sur les revenus et les dépenses, les échéances des factures, la contribution de chacun, etc. On doit aussi prévoir un plan B : par exemple, est-on prêt à hypothéquer la maison ou à vendre l’auto si les choses ne tournent pas comme on l’avait espéré? Autant d’éventualités dont il faut discuter en toute transparence.

«Certains peuvent se sentir exploités et forcés de faire des sacrifices pendant que l’autre réalise ses projets, ajoute Mme Hétu. Au bout du compte, cela génère beaucoup de stress pour le couple, voire une situation de rupture. C’est pourquoi il est important de définir sa propre zone de confort et de préciser ce que l’on est prêt à faire ou pas financièrement, pour soutenir le changement de cap de son partenaire.»

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