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Protection santé

02 janvier 2019

Décider d’installer ses parents dans un établissement de soins prolongés

Décider que sa mère ou son père a besoin de soins de longue durée n’est qu’un début. Voici les étapes à suivre pour vous faciliter la tâche.

À 87 ans, mon père est veuf et souffre de démence. Par ailleurs en excellente santé, il vit seul dans un petit appartement. Il reçoit la visite d’un préposé aux bénéficiaires deux fois par jour et d’une aide-ménagère une fois par mois. Il se fait aussi livrer des repas à domicile du lundi au vendredi. De mon côté, en plus de faire ses courses et sa lessive, je gère son argent.

Malgré tout le soutien dont il bénéficie, ma sœur et moi en sommes arrivées à la difficile conclusion, avec l’appui des médecins, que mon père ne pouvait plus vivre seul. Puisqu’aucune d’entre nous ne peut l’accueillir chez elle et qu’il n’a pas les moyens de payer les frais d’une résidence pour personnes âgées ou d’un aidant à plein temps, il fallait donc songer à un établissement de soins prolongés.

Évoquer les soins de longue durée avec vos proches

Si mon père était atteint d’une maladie purement physique, il aurait été en mesure de comprendre pourquoi nous envisagions les établissements de soins comme la meilleure solution dans son cas. C’est une tout autre histoire quand une personne souffre de démence. Il nous a fallu avoir une discussion éprouvante pour lui expliquer son diagnostic et son pronostic, et ce à plusieurs reprises, car il oublie ce que nous lui disons et considère que tout va bien chez lui, si ce n’est les effets du grand âge.

Les places dans les établissements de soins prolongés étant comptées, l’état de mon père a dû être évalué par un organisme de contrôle provincial, qui devait vérifier si un placement était justifié. Comme il a été jugé incapable, il n’a pas eu à fournir le consentement exigé lors des procédures normales. Mon père a dû faire confirmer par son médecin qu’il avait besoin de recevoir des soins de longue durée, et tant qu’il est sur la liste d’attente, nous devons présenter une nouvelle demande et faire approuver un formulaire médical tous les ans.

Les coûts des établissements de soins prolongés

Si les soins médicaux reçus dans un établissement de soins prolongés sont couverts par l’assurance-santé du gouvernement, les résidents doivent tout de même payer leur chambre, leurs repas et leurs dépenses accessoires (à valider si c’est le cas dans votre province).

Le maximum des frais hebdomadaires et mensuels pour la chambre et l’hospitalisation est établi par la province selon le type d’hébergement : privé, semi-privé ou de base (trois ou quatre lits par chambre). Pour plus de détails sur les centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), consultez le site du Gouvernement du Québec.

Certains établissements de soins de longue durée accueillent des pensionnaires issus de milieux culturels particuliers. Ils offrent des activités et des repas adaptés et font appel à du personnel qui parle la langue des pensionnaires. C’est particulièrement utile pour les personnes maîtrisant mal le français ou l’anglais, ou qui ont perdu leurs compétences linguistiques en raison de la démence.

Comment choisir un établissement de soins prolongés?

Voici 4 facteurs à considérer :

  1. L’emplacement
  2. Le type de structure : un établissement de soins de longue durée peut être une entreprise à but lucratif ou une organisation à but non lucratif, gérée par exemple par une municipalité ou une association d’assistance mutuelle. Les tarifs, fixés par la province, seront les mêmes dans les deux cas.
  3. Les évaluations et les rapports d’inspection : vous pouvez normalement consulter les résultats des récentes inspections des établissements. N’hésitez pas à faire fonctionner le bouche-à-oreille.
  4. Vos impressions des installations : étaient-elles propres et lumineuses? Les résidents semblaient-ils alertes et bien traités? Les membres du personnel étaient-ils avenants et avaient-ils l’air de se préoccuper sincèrement du bien-être des pensionnaires?

Pourquoi les listes d’attente sont-elles si longues?

Selon votre région, les listes d’attente pour les chambres subventionnées peuvent aller de 2 à 10 ans. Celles pour les chambres privées sont plus courtes (mais toujours de plusieurs mois), car ce type d’hébergement n’est pas subventionné. Si l’état de santé d’une personne s’aggrave soudainement, elle sera classée parmi les personnes «en crise» et montera en tête de liste. En cas de problème de santé grave, il y a deux possibilités : soit la personne devra être hospitalisée et occuper un lit aux soins intensifs jusqu’à ce qu’une place se libère dans un établissement de soins de longue durée, soit un proche devra s’occuper d’elle.

Comment monter dans une liste d’attente?

Habituellement, les places se libèrent pour l’une ces raisons :

  1. Un résident est décédé.
  2. De nouveaux lits ont été ajoutés (construction ou rénovation de bâtiments).
  3. Des gens ont accepté des lits dans des établissements et se sont désinscrits des autres listes d’attente.

Voici d’autres façons de monter dans la liste :

  • Détérioration brutale de l’état de santé.
  • Appartenance au groupe culturel servi par un établissement.
  • Choix d’une chambre privée plutôt qu’une chambre semi-privée ou de base.
  • Conjoint vivant déjà dans un établissement.

Une des façons de bien se préparer sur le plan financier est de souscrire une assurance de soins de longue durée avant d’en avoir besoin. Pour déterminer si cette option vous convient, parlez-en à un conseiller.

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