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Vie financière

12 septembre 2017

Quand les parents viennent vivre avec les enfants

Et si vos parents venaient vivre chez vous? Un arrangement qui peut simplifier la vie de tout le monde, mais qui comporte aussi son lot de difficultés. Comment choisir?

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Autrefois, il allait de soi que les parents vieillissants habitent avec l’un de leurs enfants. Aujourd’hui, les choses sont en train de changer et la cohabitation intergénérationnelle revient au goût du jour.

Les possibilités sont multiples : les enfants et leur famille s’installent dans la résidence devenue trop grande de leurs parents, ou encore ces derniers vont vivre dans le logis de leurs enfants. Certains préfèrent acheter une maison intergénérationnelle ou un duplex où chacun aura ses propres quartiers. Dans tous les cas, plusieurs éléments sont à considérer avant de faire le saut.

Tous doivent être d’accord

Cette décision ne concerne pas que les parents (ou le parent, s’il s’agit d’une personne veuve ou divorcée) et son enfant, mais bien toute la famille. Comment réagit le conjoint à l’idée que ses beaux-parents vivent sous son toit? Et les enfants, voient-ils d’un bon œil que grand-papa et grand-maman habitent avec eux? Il y a aussi les autres enfants des parents vieillissants : certains peuvent estimer que leur frère ou leur sœur va tenter de tirer un avantage personnel ou financier de la situation. «Il faut tenter de mesurer l’impact que cela aura sur tous, en particulier sur les conjoints, qui pourraient se sentir exclus de la décision», indique la psychologue Rose‑Marie Charest. Elle conseille une discussion élargie, franche et ouverte, car même si «rationnellement cela semble une bonne idée, il y a peut-être des réticences sur le plan émotif qu’il faut respecter», dit-elle.

Réfléchir aux raisons qui nous motivent

Pour s’éviter bien des déconvenues, il est essentiel de se demander pourquoi on souhaite vivre avec ses parents, ou inversement. «Si une jeune femme est enceinte, elle a sans doute de grandes attentes par rapport à sa mère sur l’aide que celle-ci lui apportera avec le bébé», souligne Mme Charest. Quant aux parents vieillissants, ils souhaitent peut-être une certaine prise en charge. «Les relations familiales n’ont rien à voir avec les relations entre colocataires. Ce qu’on crée en prenant ses parents sous son toit va être difficile à défaire, ce n’est pas comme changer de colocataire! C’est le lien familial qui risque d’être brisé, on doit donc se montrer prudent», ajoute la psychologue.

Plusieurs avantages

La cohabitation présente toutefois plusieurs avantages. Ainsi, le couple reçoit de l’aide des parents pour les soins aux enfants : aller les chercher à l’école, les aider à faire les devoirs, etc. «De leur côté, les parents peuvent se sentir sécurisés de ne plus vivre seuls, et être déchargés des corvées d’entretien de la maison», remarque la planificatrice financière Suzie Labbé. Sur le plan financier, la participation des parents aux dépenses (prêt hypothécaire, taxes, etc.) constitue aussi un bon coup de pouce pour les jeunes familles qui peinent à se loger.

Préserver l’intimité

Il est important de délimiter les zones d’intimité de chacun dans le cadre de la cohabitation. Nul doute que le conjoint ne souhaite pas voir ses beaux-parents s’imposer à tout bout de champ, et que ceux-ci ne veulent pas non plus être envahis! «On établit d’emblée ce que l’on met en commun et ce que l’on garde pour soi. Un couple nécessite d’avoir du temps pour lui, alors que les enfants ont besoin d’être seuls avec leurs parents de temps à autre», mentionne Rose-Marie Charest.

Parlons argent

Avant d’emménager, on décide qui paiera quoi et dans quelle proportion. Prêt hypothécaire, taxes, électricité, déneigement, téléphone, câble, épicerie, chaque poste de dépenses doit être analysé.

S’il s’agit de l’achat d’une maison intergénérationnelle ou d’un duplex, que prévoit-on si l’un des parents décède, ou que le couple se sépare? «Admettons que les parents ont versé une partie de la mise de fonds, mais qu’au divorce, c’est le beau-fils qui rachète la maison… Il faudra alors que plusieurs personnes déménagent», prévient Suzie Labbé. Elle suggère d’anticiper ce type de situation et d’en fixer les modalités par écrit.

Essayer de penser à tout

On tente de prévoir l’imprévu et on analyse les options en cas de maladie, de décès, de perte d’emploi, de changement financier, de divorce, etc. Suzie Labbé recommande que tous les papiers soient en ordre (testament, mandat en cas d’inaptitude), et que l’on pense à souscrire certaines assurances (soins de longue durée, assurance vie). Celles-ci s’avéreront très utiles et pourraient même éviter à quelqu'un d’avoir à se départir du duplex ou de la résidence intergénérationnelle en cas de décès ou de longue maladie.

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