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Vie financière

04 septembre 2014

Quand les dépenses de l’un déplaisent à l’autre : petit guide de survie

Dans les couples, l’argent est souvent une question délicate. Que faire lorsque le conjoint fait des dépenses avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord? Quelques conseils.

Mario, 48 ans, vient de s’acheter un nouvel équipement de golf. Tout bien compté, il a dépensé 2 000 $ pour acquérir bâtons, sac et autres accessoires. Sa conjointe, Julie, 45 ans, soupire : « Je considère que ce n’est pas un achat indispensable, loin de là. Mais il l’a fait avec son argent personnel et je n’ai rien à redire. C’est d’ailleurs ce que je lui réponds lorsque je m’offre des sacs à main ou des chaussures, dont je suis folle, et qu’il veut critiquer mes emplettes! », dit-elle.

Le cas de Mario et de Julie n’est pas unique. Bien au contraire, les frictions sont nombreuses dans les couples à ce sujet. Petit guide pour éviter les dérapages sur un terrain glissant…

Une question de valeurs et de désirs

Pour Nathalie Jacques1, planificatrice financière, dans ce genre de situation, il faut avant tout tenir compte du contexte. « À vous de décider si cette dépense influence le budget commun ou si elle est faite avec l’argent personnel de l'un ou de l'autre », dit-elle.

Même son de cloche du côté d’Édith Saint-Hilaire, coordonnatrice de l’ACEF Rive-Sud de Québec : « Tout dépend de l’entente préalable qui a été prise entre les conjoints. Si chacun a son propre budget en dehors du budget commun, il n’y a pas de problème : c’est l'espace personnel de chacun. L'important, c'est que ça ne nuise pas à la santé financière de la famille », souligne-t-elle.

Bien sûr, l'un des deux conjoints peut ne pas aimer les dépenses de l'autre, qu’il s’agisse d’un coûteux vélo en titane ou d’un sac à main d’un grand couturier… Dans ce cas, cela devient une question de valeurs (ce qui compte pour nous), mais aussi de désirs (ce qui semble indispensable à notre bonheur); une bonne discussion à ce sujet s’impose alors pour éviter les tensions. « Il ne faut pas attendre que ça s’envenime avant d’aborder le sujet. Je conseille d’ailleurs aux nouveaux couples d’établir une gestion transparente du budget, et de décider dès le début quel genre de modèle budgétaire ils veulent adopter. Ensuite, on fait le point régulièrement et on s’ajuste si besoin est », explique Édith Saint-Hilaire.

De son côté, Nathalie Jacques suggère à ses clients en couple d’établir un plan financier et de le suivre. « En cas de problème – par exemple si l’un des conjoints pige dans le budget familial –, on doit en parler et chercher la cause », dit-elle. Elle souligne que l’argent peut entraîner une foule de difficultés et de reproches mutuels dans un couple. Nous devons en être conscients et agir avant que cela ne dérape.

Mais il n’y a pas que l’autre dans l’équation, il faut aussi se questionner sur nous. Si une dépense nous déplaît, tâchons de comprendre pourquoi : est-ce parce que nous craignons que cela ne mette en péril des projets communs? Cela va-t-il à l’encontre de nos propres valeurs? Une fois que nous avons répondu à ces questions, il est ensuite beaucoup plus facile de discuter de façon objective et constructive avec notre conjoint, et éventuellement de faire des compromis de part et d’autre.

Plans d’action

Quel est le modèle gagnant pour éviter les conflits? Là encore, c’est une question de choix et de valeurs personnels. « On peut opter pour un budget commun : le couple verse la totalité des revenus dans un compte, et on utilise ces montants pour tout payer », indique Édith Saint-Hilaire. S’il reste des sommes après les dépenses, on peut les redistribuer entre les conjoints. On peut par contre préférer le système des comptes séparés où l’on détermine à l’avance qui paye quoi et où chacun tient son propre budget.

Autre possibilité : les conjoints déposent dans un compte conjoint des sommes fixées d’avance, égales ou au prorata du revenu, afin de payer les dépenses familiales (loyer, électricité, vêtements des enfants, etc.). Ils ont aussi leur propre compte bancaire dans lequel ils conservent les surplus, et ils en disposent à leur guise.

Un bon truc pour ceux qui ont de la difficulté à gérer leur argent? Les prélèvements automatiques. Par exemple, le jour où notre salaire est déposé, il suffit de faire virer automatiquement sur le compte familial la somme qui permet de couvrir les dépenses communes.

« Enfin, nous dit Nathalie Jacques, une bonne façon de bien gérer son argent est d’ouvrir des comptes bancaires multiples dans lesquels nous déposons chaque mois les montants liés aux différents postes de dépenses : par exemple, un compte pour l’hypothèque et les assurances, un autre pour le fonds d’urgence, un troisième pour l’épicerie et les dépenses courantes, etc. ». Elle ajoute par ailleurs : « Les dépôts effectués par les conjoints dans ces comptes peuvent être au prorata des revenus, égaux ou encore chacun peut prendre à sa charge un poste en particulier. » C’est le bon vieux principe des enveloppes, comme du temps de nos grands-mères! Et c'est une excellente façon de savoir où nous en sommes et de respecter le budget.

Pour en savoir plus :

ACEF Rive-Sud de Québec : on y trouve les publications de l'organisme, des outils budgétaires et des guides, notamment « À vos amours, à vos affaires », pour les couples et les familles recomposées.

1 Nathalie Jacques, B.A.A., A.V.C., Conseillère en sécurité financière, conseillère en assurances et rentes collectives et planificatrice financière, Solutions financières N. Jacques inc., cabinet de services financiers, distributeur autorisé par la Sun Life du Canada, compagnie d’assurance-vie, et cabinet partenaire de Distribution Financière Sun Life (Canada) inc†. 

Représentante en épargne collective, Placements Financière Sun Life (Canada) inc.†, cabinet de courtage en épargne collective 

†Filiales de la Sun Life du Canada, compagnie d’assurance-vie

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