Passer à l'ouverture de session client Passer au contenu principal Passer au pied de page

Vie financière

29 octobre 2018

Partir en affaires en famille : danger ou plaisir ?

Partager un nom de famille, des valeurs ou un lien de sang, c’est bon pour les affaires ? La réponse pourrait nous surprendre.

La vie est pleine de rebondissements, comme dans la série Boomerang! Vous souhaitez atteindre le bien-être financier? C’est possible! Nous pouvons vous aider à mieux gérer vos finances et votre santé. Consultez régulièrement nos idées et outils sur notre page Boomerang

On peut dire que Rachel, 41 ans, a l’esprit entrepreneurial. Par deux fois déjà, elle s’est lancé en affaires : d’abord en ouvrant une école de danse à 23 ans avec sa meilleure amie. L’aventure a duré 8 ans avant de se terminer sur une note positive. Si bien que lorsqu’elle a rencontré son futur conjoint alors qu’ils étudiaient tous les deux en massothérapie, l’idée de lancer leur clinique à deux lui était très enthousiasmante. « J’avais l’expérience en gestion d’entreprise, et nous étions prêts à partager les tâches à deux. Vu que je m’étais épuisée la dernière fois, j’ai tout de suite nommé mes limites. Nous avons tout bâti ensemble et avons créé une entreprise dont j’étais vraiment fière… jusqu’à ce qu’il tombe malade. »

En effet, Rachel garde d’excellents souvenirs d’avoir travaillé avec son conjoint jusqu’à ce qu’il soit happé par une dépression majeure qui l’a rendu complètement inapte au travail, l’obligeant à fermer l’entreprise. « Pendant un an et demi, j’ai tout pris sur mes épaules, c’était difficile. Mais je sais que le fait de se lancer ensemble nous a permis d’aller beaucoup plus loin que si j’avais été seule. Nous parlions le même langage, nous partagions une passion commune pour la massothérapie et l’entrepreneuriat. C’était très gratifiant. »

Malgré le fait que personne n’est à l’abri d’une catastrophe comme la maladie, un accident ou un autre pépin de la vie, Rachel n’est pas la seule à décrire les bons côtés de travailler avec un proche ou un membre de sa famille. Et elle est loin d’être seule à le faire. « Au Québec, 90 % des entreprises sont familiales ! lance Annie Veilleux, directrice de Familles en affaires à HEC Montréal. Certains avantages sont clairs, comme le fait qu’on partage les mêmes valeurs. Statistiquement, les gens se lancent de moins en moins seuls en affaires, parce qu’il y a des tas d’avantages à être en équipe pour le faire. »

Des avantages comme quoi ? « La complémentarité, d’abord. On va trouver une ou plusieurs personnes qui ont des forces complémentaires aux nôtres. Lorsque chacun travaille avec ses forces, chacun travaille mieux et avec plus de plaisir. On arrive mieux alors à créer une synergie d’équipe. »

Mme Veilleux cite aussi les avantages suivants :

  • Mener une entreprise à plus d’une tête brise la solitude du chef. Comme dit l’adage, on est bien seul au sommet. Porter à plusieurs le fardeau de la prise de décision permet aussi de viser un meilleur équilibre travail/vie personnelle. C’est une valeur importante, surtout pour les jeunes qui se lancent en affaires.
  • À plusieurs, on génère plus d’idées. Simpliste peut-être comme notion, mais ça multiplie les occasions de faire des remue-méninges, et ça permet de solliciter plusieurs réseaux et communautés.
  • Pour obtenir du financement, le fait d’être plusieurs répartit le risque. Les prêteurs sont moins frileux de miser sur une équipe plutôt qu’une seule personne.

Négocier en terrain miné

Si aucun partenariat n’est totalement à l’abri de conflits, certaines règles d’or gagnent à être respectées pour que tout se passe pour le mieux. Une des règles de Rachel et son conjoint, c’était de se réserver des moments pour parler d’autre chose que du travail. « Il faut nommer les choses, tout comme il faut savoir à un moment donné "passer à autre chose". Pour moi, me lancer en affaires, c’est mettre de l’avant mon nom, mon âme et ma passion ; j’ai envie que ça me ressemble. Et pour ça, il faut en parler. Mais nous avions d’autres passions communes, comme nos enfants, alors nous ne manquions pas de sujets de conversation ! »

Pour Annie Veilleux, le point que soulève Rachel est primordial. « La communication entre associés, c’est aussi important que dans un mariage ! Il faut entretenir les liens, tant formels qu’informels. Formels, comme dans les conseils d’associés où on discutera de gouvernance, de vision, de budgets, de plans quinquennaux, par exemple, mais aussi des réunions informelles, comme aller prendre un café ensemble pour venir aux nouvelles. "Tu as encore du plaisir à faire ce qu’on fait? Tu es ok pendant combien de temps à travailler 12 heures par jour ?" »

Une communication réussie permet aussi de clarifier à toute personne dans l’entreprise les rôles et responsabilités de chacun. Il faut résister à la tendance d’être partout et tout pour tous. « Chacun doit avoir ses rôles et responsabilités claires et définies, conseille Mme Veilleux. Si je m’occupe des opérations, je ne m’occupe pas des finances. Ces responsabilités doivent être clairement exprimées à chaque personne dans l’entreprise, pour éviter qu’une personne hérite de toutes les tâches. »

Surtout, on doit décider ensemble comment on négociera le piège émotif de toute entreprise familiale : l’équité. « Il faut professionnaliser l’entreprise pour éviter le népotisme, d’un bord comme de l’autre. Ni permettre l’embauche d’un membre de la famille incompétent ou sans pouvoir justifier une embauche par la charge de travail, ni permettre d’exiger davantage de cette personne que des autres employés. On pourra alors répondre avec confiance aux membres de la famille qui n’hésiteront pas à commenter le traitement trop ou pas assez favorable d’un employé par rapport aux autres. »

À lire aussi :

Articles Connexes