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Vie financière

16 juin 2017

Ne laissez pas les nouvelles influencer la planification de votre retraite

Les manchettes alarmantes de 2017 pourraient inciter les investisseurs à des mesures draconiennes. Il est toutefois plus sage de prendre du recul et d'adopter une vision à plus long terme.

En 2017, bien des choses risquent d'inquiéter les investisseurs canadiens, à commencer sans doute par le comportement erratique du président des États-Unis prompt à fulminer sur Twitter.

Or, les investisseurs courent surtout le danger de laisser ces inquiétudes les paralyser ou les inciter à réagir de façon excessive à des événements transitoires.

«Malgré l'imprévisibilité de la Maison-Blanche de Trump, les investisseurs doivent maîtriser leurs émotions et se concentrer sur les fondamentaux, indique Sadiq Adatia, premier directeur des placements et gestionnaire de portefeuille à Placements mondiaux Sun Life à Toronto. Il faut regarder les États-Unis dans leur ensemble et se demander si ce pays est en bon état. La réponse est oui.»

Le Canada reste bien placé

Le président Trump semble avoir l'appui du Congrès républicain qui devrait soutenir le programme favorable aux entreprises sur lequel il a fait campagne. «Il devrait être en mesure de faire passer certaines mesures qui stimuleront l'économie américaine, qu'il s'agisse de baisses d'impôt ou de nouvelles dépenses d'infrastructure, souligne M. Adatia. Cela devrait se concrétiser, mais peut-être pas autant ou aussi vite qu'il le souhaiterait.»

«Les politiques économiques favorables à la croissance de Trump devraient donner une poussée à la plus grande économie du monde et un coup de pouce à l'économie canadienne», poursuit M. Adatia.

«Cela laisse entrevoir une augmentation probable des exportations canadiennes, ajoute-t-il, tant que les menaces protectionnistes du président à l'endroit du Canada ne se matérialisent pas de façon significative.»

Vu la dépendance de l'économie canadienne envers les produits de base comme l'énergie et les métaux, la hausse générale des prix de ces produits en 2016 et depuis le début de l'année doit être considérée comme positive pour les marchés.

Les sociétés du secteur énergétique, en particulier les producteurs de pétrole brut, ont profité des mesures adoptées par l'OPEP et d'autres puissances énergétiques internationales pour réduire l'offre. Comme le fait remarquer M. Adatia, «les pays de l'OPEP et hors OPEP se sont entendus pour réduire leur production et nous prévoyons que cette entente va être reconduite», et la demande mondiale devrait augmenter plus rapidement que l'offre.

L'inconnue sera la production américaine, puisque les producteurs indépendants de pétrole de schiste des États-Unis ont tendance à accroître leur production quand les prix du brut augmentent et à interrompre leurs forages lorsque les prix chutent.

Globalement, les baisses de production des grandes puissances énergétiques internationales devraient plus que compenser la hausse de celle des sociétés de forage américaines opportunistes.

Le secteur énergétique canadien pourrait aussi recevoir un coup de pouce du gouvernement républicain qui est considéré comme plus favorable à l'énergie et aux pipelines que la précédente administration Obama, les sables bitumineux enclavés de l'Alberta en retirant sans doute les plus grands bénéfices.

Le Canada étant un important producteur d'or, le contexte de placement imprévisible de 2017 devrait aussi être avantageux pour le pays puisque l'or est une valeur refuge précieuse contre l'inflation, les fluctuations des taux de change et l'incertitude boursière.

«L'or offre une excellente protection dans le cas où Trump n'arriverait pas à faire bouger les choses, souligne M. Adatia. On s'attend à ce que toutes les promesses du président se réalisent. Si tel n'est pas le cas, le prix de l'or pourrait monter.» Récemment, le prix du lingot d'or a été stimulé quand le président Trump a fait baisser le dollar US en affirmant qu'il était probablement surévalué par rapport aux autres grandes monnaies du monde.

«L'or ayant déjà beaucoup grimpé, son ascension pourrait être limitée à l'avenir, conclut M. Adatia. Cependant, je reste d'avis qu'il est utile d'en posséder pour se protéger au cas où les choses ne se passent pas comme prévu du côté de l'administration Trump.»

Éviter la surdose de nouvelles

Gail Bebee, auteure et enseignante dans le domaine des placements à Toronto, a une suggestion pour les investisseurs qui ne veulent pas suivre les actualités en continu : «Alors que certains voudront toujours connaître les dernières nouvelles pouvant affecter leur portefeuille et la planification de leur retraite, ce n'est pas le cas de la majorité, et ce n'est pas nécessairement mauvais.»

«Vivez votre vie et ne soyez pas obsédés par ce genre de choses», affirme l'auteure du livre No Hype: The Straight Goods on Investing Your Money.

La plupart des gens ont un horizon de placement assez long. Dans la mesure où ils ont une stratégie bien pensée, les événements des mois ou des quelques années qui viennent n'auront pas beaucoup d'effet sur la réalisation de leurs objectifs de retraite au moyen de fonds communs ou d'autres placements. Les Canadiens qui pensent prendre leur retraite assez rapidement font exception. « Si vous prévoyez vous servir de l'argent dans deux ou trois ans, vous pourriez vouloir accorder plus d'attention aux nouvelles », souligne-t-elle.

Si vous êtes à plus de cinq ans de la retraite, une approche lente et sûre devrait être payante vu votre horizon de placement.

«Si vous n'avez pas établi de plan et pas encore déterminé votre tolérance au risque, vous devez le faire. Par contre, si vous avez fait vos devoirs et disposez d'un plan de placement qui se déroule comme prévu, ne changez rien.»

«C'est ce que j'ai appris au fil du temps. Les gens ont tendance à effectuer trop d'opérations et à suranalyser leur situation, ce qui n'apporte rien de bon», conclut Mme Bebee.

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