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Vie financière

11 juin 2015

La retraite est-elle un concept sexiste?

La planification de la retraite est rarement au sommet de notre liste de priorités. Cependant, après que les événements de 2008 en ont laissé plus d’un perplexe en matière de sécurité financière, il est intéressant de constater que les Québécois semblent croire que l’épargne-retraite en vaut le coup. Est-ce que les Québécoises, elles, se trouvent en bonne position?

Sur la grille de départ

Selon le dernier sondage Question-Retraite sur les comportements financiers des travailleurs québécois de 25 à 64 ans, 77 % d’entre eux se disent très ou assez confiants quant à l’aspect financier de la retraite. De ceux qui sont peu ou pas du tout confiants, plus de la moitié sont des femmes.

Pourquoi cette tendance lourde? En regardant les résultats de plus près, nous constatons rapidement que les femmes ont déclaré moins de revenus et moins d’épargne. L’Institut de la statistique du Québec fait encore état d’un écart significatif entre les salaires horaires moyens des hommes et des femmes. En 2012, ces dernières gagnaient en moyenne environ 10 % de moins que les hommes. Sur une note plus positive, au Canada, c’est le Québec qui a connu une plus grande amélioration de ce côté depuis les 15 dernières années.

Cet écart est plus qu’apparent dans les réponses à notre sondage. En effet, parmi les travailleurs ayant déclaré un revenu inférieur à 40 000 $, 60 % sont des femmes. À l’opposé, seulement le quart des travailleurs qui reçoivent un revenu supérieur à 100 000 $ sont des femmes. Pas étonnant que 44 % des femmes affirment à ce jour avoir moins de 10 000 $ en épargne et placements.

Au fil des ans, l’Indice de report de la retraite de la Financière Sun Life a d’ailleurs démontré qu’au Canada, les hommes sont plus nombreux à bénéficier d’un régime d’assurance et d’un régime d’épargne-retraite au travail. Une des réponses où les femmes l’emportent, c’est l’âge de la retraite ou plutôt le travail passé l’âge de la retraite. Contrairement aux hommes, elles sont plus nombreuses à croire qu’elles devront travailler après 65 ans, alors qu’une majorité d’hommes travailleront parce qu’ils en ont envie.

Comment vivre une retraite qui nous ressemble?

Lorsque questionnées sur leurs habitudes d’épargne, les femmes représentent plus de la moitié des travailleurs qui affirment réussir à épargner seulement lorsqu’un projet leur tient à cœur. Mais est-ce que la retraite leur tient suffisamment à cœur pour faire partie de leurs objectifs financiers?

En 2015, l’Indice de report de la retraite nous apprenait que seulement 22 % des Canadiens ont un plan financier, qui dans la majorité des cas, inclut un plan d’épargne-retraite. Ces personnes se disent plus confiantes et moins stressées face à leur avenir financier.

Un plan financier devrait pourtant répondre à des objectifs. Cependant, les travailleurs ont indiqué en grande majorité ne pas en avoir : seulement 21 % ont déclaré avoir des objectifs et un plan pour les atteindre. La majorité d’entre eux sont des hommes – les femmes représentent seulement le tiers de ces travailleurs. De façon générale, selon cette étude, peu de femmes ont des objectifs ou un plan.

Il est aussi tentant de conclure que les femmes dépensent davantage pour le bien-être immédiat de la famille. Elles sont toutefois conscientes que malgré un plus faible revenu et leur situation familiale – près des deux tiers des personnes ayant déclaré être monoparentales sont des femmes – il est important d’épargner pour l’avenir. En effet, si elles ont accès à des tactiques qui facilitent l’épargne – retenues salariales et prélèvements automatiques –, 66 % d’entre elles en profitent.

Quelles que soient les raisons derrière le retard apparent des femmes en termes d’épargne pour la retraite, il est important de continuer de marteler que chaque dollar d’épargne compte! Et si l’accès à l’épargne systématique est limité, peut-être que l’arrivée du nouveau régime volontaire d’épargne-retraite (le RVER est un programme gouvernemental d’accessibilité à l’épargne pour les salariés admissibles du Québec qui n’ont pas accès à un régime d’employeur actuellement) pourra aider les femmes à combler le manque à gagner en matière d’épargne-retraite.

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