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Vie financière

08 septembre 2017

Héberger ses parents pour le meilleur… sans le pire!

Quand on est appelés à héberger ses parents, le temps d’une convalescence, d’un passage à vide ou pour le reste de leur vie, est-il possible de vivre à nouveau sous le même toit qu’eux sans drame? Conseils d’experts pour en maximiser les chances.

Perte d’autonomie, pépin financier, délai entre deux maisons, convalescence prolongée après un ennui de santé, la liste de raisons qui pourraient nous amener à ouvrir nos portes et nos bras à nos parents vieillissants est longue. Cette décision doit se prendre en toute connaissance de cause, dit Yves Couturier, professeur titulaire à l’École de travail social de l’Université de Sherbrooke et Chaire de recherche du Canada sur les pratiques professionnelles d'intégration de services en gérontologie. «L’hébergement intergénérationnel est très valorisé dans notre société, mais il faut décider d’héberger nos parents pour les bonnes raisons et non à cause de la pression sociale. Concrètement, cela veut dire qu’on se méfie de l’appel moral à dépasser ses limites.»

On doit donc évaluer avec franchise nos ressources morales, physiques, matérielles et financières avant de décider de partager notre maison. Idéalement, la famille élargie fera partie de la conversation. Ainsi, on saura qui est prêt à contribuer au bon fonctionnement de la cohabitation (service de répit, éventuels soins) et on évitera les malentendus sur l’entente financière prise avec nos parents.

Conseils pour une cohabitation réussie

  • Faire preuve de franchise. On définit franchement les règles du partage de l’espace et des responsabilités de tous dans la routine familiale. «Dans la tête de certains parents, cette prise en charge par leurs enfants leur est due, car ils les ont élevés, déplore Nicole Côté, psychologue clinicienne. Les parents doivent accepter de composer avec d’autres règles, sans continuer de jouer aux parents!» Ainsi, on doit établir clairement les zones d’intimité de chacun, le partage des aires communes (les repas, le temps télé, par exemple) et les tâches à partager. Plus c’est clair, plus ce sera facile de se conformer aux règlements établis. Et on ne se gêne pas pour les afficher sur le frigo, par exemple!
  • Mettre de l’eau dans son vin. Il est possible que Maman ne range pas la passoire à son endroit habituel ou que le souper ne soit pas comme avant, mais on relativise. «Cette cohabitation ne durera qu’un temps, rappelle Nicole Côté, et dans les années à venir, on sera heureux de l’avoir réussie.»
  • Parler d’argent, dès le départ. Combien les parents débourseront-ils pour contribuer au budget familial? «On peut établir que les parents contribuent ce qu’il leur coûterait pour se loger de façon équivalente ailleurs», propose Nicole Côté. Si les parents sont moins nantis, ils peuvent verser leur Pension de Sécurité de la vieillesse en se gardant un montant pour leurs dépenses personnelles.
  • Rendre la maison sécuritaire. Si nos parents sont plus vieux et/ou en perte de mobilité, on s’assure que la maison est sécuritaire. «Une simple chute à un âge avancé, c’est grave, rappelle Nicole Côté. Ainsi, on aménage les espaces (rampes au mur, couloirs et escaliers désencombrées), quitte à reconfigurer les pièces au besoin.
  • Fixer des limites claires par rapport à l’éducation ds enfants. «L’apport culturel et la transmission des valeurs et de l’histoire familiales offerts par les grands-parents sont précieux, dit Nicole Côté, sans parler du coup de main qu’ils peuvent donner en temps et énergie, à condition que cela reste le rôle des parents d’éduquer les enfants. On peut dire : ‘J’apprécie ton son de cloche, mais j’éduque mes enfants d’une façon différente que toi’.»
  • Délaisser les rôles traditionnels. On l’oublie parfois, à force de miser sur les difficultés liées à la cohabitation, mais on peut avoir beaucoup de plaisir à vivre ensemble. Il faut pour cela accepter d’agir en dehors de nos rôles traditionnels de parents-enfants. Être là les uns pour les autres et profiter de notre compagnie mutuelle, ça compte aussi.
  • Se donner le droit de changer d’idée! On peut envisager un arrangement de 6 ou 12 mois, par exemple, en revisitant la question à l’échéance. Et si c’est trop taxant sur notre couple, notre famille, ou nous-même, on lève le drapeau sans attendre. «Les aidants naturels attendent trop souvent l’épuisement avant de demander de l’aide», indique Yves Couturier. Nos parents vieillissent; il faut donc prévoir toutes les éventualités, dès le début.

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