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Vie financière

24 mars 2016

Familles recomposées : 6 règles pour gérer les finances sans conflit

Vous songez à emménager avec votre nouvelle flamme et vous avez des enfants nés d’une union précédente? Voici six conseils d’experts à ce sujet.

Vous songez à emménager avec un nouveau conjoint ou une nouvelle conjointe, et l’un ou l’autre a des enfants nés d’une union précédente? Pour éviter des conflits potentiels, prenez le temps de réfléchir à la façon dont vous gérerez les finances de votre couple et de la famille recomposée. Voici six étapes à suivre.

1. Régler les questions financières liées à l’union précédente

Avant d’entreprendre une nouvelle vie de couple, il est indispensable de régler les questions financières qui nous lient à notre ex-conjoint(e) et de bien expliquer la situation au nouveau conjoint ou à la nouvelle conjointe. « Or, souvent, les gens ne le font pas, et le nouveau conjoint ou la nouvelle conjointe n’est pas du tout au courant d’éléments qui sont pourtant essentiels. Par exemple : la maison familiale a-t-elle été vendue? Y a-t-il une pension alimentaire à verser pour les enfants, y a-t-il encore des biens, ou des dettes, en commun? », explique Hélène Hétu, consultante budgétaire à l’ACEF Rive-Sud de Montréal.

2. Établir la situation financière de chacun des nouveaux conjoints

L’étape suivante consiste à tracer le portrait de la situation financière des nouveaux conjoints, idéalement avant même qu’ils n’emménagent ensemble. « Il faut calculer l’actif et le passif de chacun, et préciser leurs revenus et leurs dépenses – celles qu’ils doivent assumer en tant qu’individus, mais aussi en tant que parents. C’est également à ce moment-là que les nouveaux conjoints doivent se parler de leurs valeurs, de leur rapport à l’argent, de leurs habitudes de consommation », indique Mme Hétu. Il est important que les conjoints partagent des valeurs qui se ressemblent, et s’entendent sur la façon de gérer les finances du couple et celles de la famille recomposée. La clé du succès? Une communication franche et directe.

3. Prévoir l’impact fiscal de la nouvelle situation

Il est difficile de tout prévoir, mais dans la mesure du possible, il faut se renseigner sur l’impact fiscal de la nouvelle situation. « Au bout d’un an de cohabitation, l’Agence du revenu du Canada et Revenu Québec considèrent les conjoints comme conjoints de fait. Le calcul du revenu familial sera donc modifié, ce qui peut par exemple entraîner la perte de certains crédits d’impôt pour l’un et l’autre (crédit d’impôt pour solidarité, prime au travail, allocation logement, crédit pour la TPS, crédits pour frais de garde, etc.) », explique Nathalie Jacques, de Solutions financières N. Jacques inc. De plus, certaines sommes reçues séparément au début de la cohabitation seront par la suite versées à un seul des deux conjoints : il faut y penser avant et décider lequel des deux sera le bénéficiaire.

4. Prévoir l’impact sur les allocations familiales

Le changement de revenu familial aura de même un impact direct sur le montant des allocations familiales provinciales et fédérales, et cette diminution peut être lourde de conséquences. Prenons l’exemple d’une personne séparée ayant un ou des enfants, qui décide de refaire sa vie avec un autre conjoint. Le calcul du revenu familial, qui inclut désormais le revenu du nouveau conjoint, va probablement entraîner une réduction des allocations familiales. Or, si le nouveau conjoint ne participe pas aux dépenses liées à l’enfant, le parent sera pénalisé parce qu'il est en couple comparativement à ce qu’il touchait lorsqu’il était chef de famille monoparentale. Prévoir des mécanismes de compensation ou revoir la répartition des dépenses évitera alors de créer des inégalités.

5. Faire un budget

Avec tous ces éléments en main, il faut choisir le type de budget qui satisfera les nouveaux conjoints. « Certains couples mettent tout en commun, d’autres assument les dépenses au prorata de leurs revenus. Il y a de nombreuses possibilités, et l’essentiel est de trouver le modèle qui nous convient – et qui sera suffisamment flexible pour s’adapter aux imprévus ou aux changements », conseille Hélène Hétu. On peut par exemple opter pour un budget où les dépenses communes seront payées proportionnellement au revenu de chacun : le prêt hypothécaire et les dépenses liées au logement ainsi que l’épicerie, par exemple.

Mais ce n’est pas tout, car il faut aussi déterminer de quelle façon seront réparties les dépenses liées aux enfants de l’un ou l’autre ou des deux conjoints. On doit décider notamment si celles-ci seront partagées ou si chacun payera pour sa propre progéniture, et si oui, dans quelle proportion. Pour être équitable, on s’efforcera de calculer le « poids » de chaque enfant dans le budget familial. Ainsi, un adolescent en pleine croissance coûte bien plus cher en épicerie qu’un enfant de cinq ans!

Si une pension alimentaire est versée pour l’enfant, il faut aussi décider quelle utilisation en sera faite. On peut choisir de la consacrer entièrement aux dépenses liées à l’enfant ou s’en servir pour contribuer aux dépenses communes de la famille recomposée, ou encore de répartir des sommes entre les deux.

6. Réfléchir à la planification successorale

La planification successorale doit être l’une des grandes préoccupations des familles recomposées, selon Nathalie Jacques. Comment répartir le patrimoine de façon équitable entre le nouveau conjoint ou la nouvelle conjointe, les enfants du couple et les enfants nés d’une union précédente? « Si les enfants héritent d’un REER par exemple, celui-ci est imposable. Mais si le conjoint en est le bénéficiaire ou l'héritier par testament, en revanche, il pourrait ne pas être imposable », explique Mme Jacques. Si nous souhaitons laisser un montant à nos enfants, la planificatrice recommande plutôt une assurance-vie, qui, elle, ne sera pas assujettie à l’impôt.

Nathalie Jacques rappelle aussi qu’il est important de vérifier certaines règles de la Loi sur les régimes complémentaires de retraite. Ainsi, si une personne meurt avant de commencer à retirer les prestations du régime de retraite de son employeur, la valeur du fonds de retraite sera transférée au conjoint survivant; ce n’est que si celui-ci a renoncé à ses droits que les prestations pourront être versées aux enfants ou aux héritiers, et ce, « même si on a désigné nos enfants comme héritiers dans notre testament », dit Nathalie Jacques.

Pour en savoir plus…

Pour nous aider à faire les bons choix et éviter les erreurs qui pourraient nous coûter cher, il est préférable de consulter un conseiller ou un planificateur financier.

Le réseau des ACEF propose plusieurs outils budgétaires très utiles, notamment le guide À vos amours, à vos affaires, deux brochures dont l’une s’adresse spécifiquement aux familles recomposées. On peut se les procurer pour auprès des ACEF Rive-Sud de Québec et de Lanaudière.

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