Passer à l'ouverture de session client Passer au contenu principal Passer au pied de page

Vie financière

15 avril 2015

Faire un budget, moi?

L’insouciance est un luxe que je me suis offert très longtemps. En fait, j’étais passée maître dans l’art de prétendre n’avoir aucun tracas. Et si par malheur je me sentais flancher - car personne n’est à l’abri d’un petit coup de blues - une séance de shopping-thérapie me remettait rapidement sur le piton. Jusqu’à ce que…

J’ai donc dépensé sans compter, allongeant fièrement ma carte de crédit et me sentant doucement renaître avec chaque nouvelle autorisation d’achat. Puis s’il m’arrivait d’avoir des scrupules à dépenser autant, je les étouffais aussitôt avec un prétexte fallacieux de mon choix : «Quand y’en aura plus y’en aura d’autre!», «J’ai tellement travaillé fort!», «Je le mérite», ou le tristement célèbre «J’en ai vraiment besoin !».

C’était la bella vita, mais je ne m’en cache pas : la gestion de mon budget discrétionnaire «Shopping, restos et autres cruelles nécessités» relevait sans contredit de la pensée magique. C’est un choix risqué comme principe de gestion. Oh! Pour un temps, tout s’est bien passé... jusqu’à ce que je constate que je m’affolais de plus en plus à la simple idée d’avoir à ouvrir ma boîte aux lettres. Je l’avais d’ailleurs rebaptisée «la boîte aux dettes».

L’insomnie, puissant moteur de changement

Je maniais l’insouciance avec une telle virtuosité qu’en fait je n’ouvrais même plus les enveloppes qui m’étaient adressées. Je savais trop bien ce que j’allais y trouver! Mais inévitablement, collectionner des dettes, ça gruge par en dedans. Même avec la tête dans le sable, je n’arrivais plus à dormir. C’est donc parce que j’en avais marre de compter des moutons que j’ai finalement décidé d’aller chercher de l’aide :

  • «Madame, vous êtes au bon endroit. Ne vous en faites pas, on va vous arranger ça.»
Avec beaucoup de délicatesse, ma banquière a épluché ma liasse d’états de compte et n’a pas tardé à comprendre qu’elle avait devant elle l’archétype de la consommatrice malavisée.
  • «Nous allons simplement vous consentir un prêt personnel qui vous permettra de consolider toutes vos dettes.»
C’est pas plus compliqué que ça? Ma-gi-que!

Une fois la banquière vivement remerciée pour sa sollicitude, j’ai signé sur le pointillé et suis sortie de son bureau le pas léger, délivrée, surprise de constater qu’en fin de compte il y avait encore du bon monde.

Maintenant on va se dire les vraies affaires : ça venait de me coûter près de deux mille dollars en frais d’intérêts sur cinq ans. Un peu moins magique. Mais c’était le prix de ma négligence et, à mon sens, la seule façon d’éviter le naufrage… et de recommencer à faire mes nuits.

Faire son budget : un petit coup à donner

Mes cartes de crédit réduites par ma banquière à quelques copeaux de plastique inoffensifs, j’ai dû faire face à la réalité. Je réponds tout de suite à votre question : non, je n’ai pas eu de plaisir. Du moins pas dans l'immédiat. Mais armée d’une bonne dose de j’ai-plus-vraiment-le choix et d’une tasse de café bien corsé, j’ai donné le coup de grâce à mes années folles : j’ai fait un budget.

Ça m’a pris au maximum deux heures pour bâtir mon chiffrier. Deux heures…c’est le temps d’un film! J’aurais pu faire ça il y a longtemps et m’éviter bien des tourments si j’avais seulement choisi de fermer la télé. En seulement deux heures, j’avais devant moi un portrait complet de mes dépenses qui me révélait où atterrissait vraiment mon argent durement gagné.

Choisir autre chose… ou autrement

Ce fut d’abord déstabilisant, puis surprenant, puis instructif, puis profondément rassurant. J’étais en mesure de comprendre où étaient les fuites et de les endiguer. L’Opération a reçu le nom de code «Oui. Mais.», comme dans «Oui, tu le mérites. Mais…», «Oui, tu en as envie. Mais…». Et c’est comme ça que j’ai détricoté mes misérables prétextes, une maille à la fois, un choix à la fois.

Parce qu’un budget ce n’est pas qu’un chiffrier. C’est aussi, et surtout, établir des priorités pour mieux faire ses choix. C’est distribuer son revenu logiquement, en toute lucidité, dans autant de petites cases qu’on a de types de dépenses. Une règle toute simple s’applique : il faut commencer par les dépenses fixes (logement, nourriture, pharmacie, assurances, etc.), ensuite les dépenses courantes (vêtements, télécommunications, économies, etc.) et s’il en reste, c’est le temps de se faire plaisir!

Depuis que j’ai fait mon budget, chaque fois où je me trouve avec l’envie d’acheter quelque chose dont j’ai «vraiment besoin», je repense systématiquement à mes nuits sans sommeil, à mes fins de mois à l’étroit et à ma hantise de la boîte aux dettes. Dorénavant, j’arrive beaucoup mieux à contenir mes impulsions, assez (la plupart du temps) pour ne plus avoir de solde impayé sur mes cartes de crédit.

Et peu m’importe si je ne goûte plus souvent au plaisir coupable de dépenser sans compter. Sous la tutelle bienveillante de mon conseiller, et à l’aide de mon budget, je cultive le bonheur tranquille de la modération. Et je ne l’aurais jamais cru, mais ça me va tout à fait.

  • Vous cherchez des moyens de concrétiser vos objectifs de vie, de santé, d'épargne et de retraite? Essayez notre Outil Brillant départ.

Articles Connexes