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Vie financière

23 mai 2014

Épargne : mettre de l’ordre dans la cabane!

Catherine et Yannick sont dans la trentaine, et leur situation ressemble à celle de plusieurs familles : deux enfants, deux emplois, deux voitures et une maison en banlieue. Avec l'aide d'experts, ils ont décidé de mettre de l’ordre dans leurs finances personnelles… et d'épargner plus efficacement.

Catherine a 35 ans et Yannick, 36 ans. Ils ont deux enfants d’âge scolaire, deux emplois, deux voitures et une maison en banlieue. Grâce au boom immobilier des dernières années, la valeur de leur maison dépasse de beaucoup l’ensemble de leurs dettes. Leur revenu familial brut avoisine les 110 000 $, ce qui, normalement, devrait leur permettre d’épargner assez facilement. Pour le moment, ils mettent conjointement 100 $ par mois dans un REEE et un total de 150 $ par mois dans leurs REER, pour une épargne annuelle totale de 3 000 $. Deux experts les aident à mettre l’ordre dans leurs finances.

Le problème, c'est que Catherine et Yannick n'ont aucun coussin financier pour parer aux imprévus. De paie en paie, ils assument l’ensemble de leurs dépenses courantes. C’est la marge de crédit qui leur servirait de rempart dans l’éventualité où ils n'arriveraient pas à boucler leur budget. Ils devront d'ailleurs l'utiliser pour éponger le solde de 5 000 $ de leur carte de crédit principale… qui traîne depuis un certain temps.

« Je pense quand même qu'on pourrait faire davantage attention à nos dépenses », explique Catherine. « Mais on ne peut pas faire de miracle, ajoute Yannick.  Par exemple, on dépense près de 600 $ par mois juste en essence, pour se rendre tous les deux au travail. »

« C’est Yannick qui a les finances en main, ajoute Catherine, un peu gênée. C’est un domaine qui me rebute un peu. » Mais elle est bien consciente qu'il faut quand même calculer quelque part, pour continuer à profiter de leur maison et de leur mode de vie : « Surtout que j'aime faire des folies pour les enfants, comme magasiner des vêtements pour eux et organiser en grand leurs fêtes d’anniversaire », confie-t-elle.

Du pain sur la planche

Notre couple se demande par exemple si la répartition de leur épargne est adéquate, car planifier leur retraite et épargner en prévision des études des enfants sont deux priorités qui leur tiennent à cœur. Mais vaut-il mieux privilégier le REER ou le REEE? Ou tenter de cotiser un peu aux deux, comme c’est le cas actuellement?

Les experts consultés, de leur côté, considèrent que le couple devrait d'abord tenter rapidement de se constituer un coussin pour éviter d’utiliser la marge de crédit hypothécaire pour boucler le budget à certains moments.

Le premier conseil : le budget

Yves Néron, président de I2S Finance (distributeur du logiciel Budget-Express), considère que le couple a une situation financière enviable : le revenu familial est élevé, Catherine a un régime de retraite puisqu'elle travaille dans l'enseignement et la maison, achetée à bon prix, constitue maintenant un actif important. « Par contre, précise-t-il, on devrait en théorie viser à épargner systématiquement environ 10 % de notre salaire net. Dans le cas de Catherine et Yannick, ils devraient viser le double de la somme qu'ils épargnent actuellement, disons environ un minimum de 7 000 $ par année. »

L'objectif semble ambitieux, mais M. Néron a une solution, inspirée de l’auteur à succès David Chilton (Un barbier riche). « Puisqu’il est difficile pour eux d’épargner autant, ils peuvent alors plutôt jouer sur leurs dépenses. Je leur suggère donc d’économiser 4 % de leur salaire, et de réduire leurs dépenses d'environ 6 %, ce qui, selon les chiffres qu'ils m'ont fournis, devrait faire l'affaire », explique-t-il.Pour se donner une petite chance, ils devraient limiter leur accès au crédit et prendre conscience de leurs dépenses en établissant clairement où va leur argent. Et la clé, ce sera la discipline », suggère-t-il.

Même son de cloche du côté de Maud Salomon, conseillère en sécurité financière et représentante en épargne collective chez Mica Capital, et créatrice du site reee.ca. Selon Mme Salomon, la priorité est de revoir le budget familial. « Ils pourraient par exemple noter de façon rigoureuse toutes leurs sorties d’argent dans une grille de calcul pendant un mois. Ils verront alors quelles sont leurs dépenses réelles. Plusieurs de mes clients, quand ils font cet exercice, vivent une vraie "prise de conscience" », dit-elle. Cette suggestion semble plaire à Catherine et à Yannick. « Nos dépenses sont probablement plus élevées que les estimations que nous en faisons », soulignent-ils.

Catherine s’engage donc à mieux gérer les coûts de l’épicerie, et à établir une limite. C'est important, parce que c'est un poste budgétaire substantiel pour une famille de quatre personnes. Elle devra alors soigneusement planifier les repas et magasiner davantage pour profiter des réductions. Yannick, un grand amateur de bières, devra retenir ses ardeurs et limiter ses nouveaux achats le temps de redresser la barre.  « On pourrait aussi aller un peu moins souvent au restaurant, ça nous aiderait », ajoutent-ils.

Les sommes ainsi économisées seront désormais dirigées vers un compte d’épargne à intérêt élevé, qui deviendra leur coussin budgétaire.

Épargner plus efficacement

Maud Salomon est d’avis que Catherine et Yannick devraient cotiser davantage à leurs REER respectifs, et utiliser le remboursement d’impôt ainsi obtenu pour garnir ensuite le REEE. « Ils pourraient ainsi récupérer plus de 500 $ par année du gouvernement », explique-t-elle. Elle recommande donc d’investir dans leurs REER la totalité des 3 000 $ qu'ils épargnaient jusqu'à maintenant (1 800 $ dans les REER et 1 200 $ dans le REEE). «  En supposant un taux d'imposition de 42 %, ils auraient un remboursement d’impôt total d'environ 1 250 $, qui lui, serait déposé au REEE. Ce serait donc très avantageux : ils investiraient ainsi plus d'argent à la fois dans les REER et dans le REEE. »

Plus simple qu’il n’y paraît!

Catherine et Yannick ont suivi les conseils de nos deux experts. Pour ramener les cartes de crédit à zéro, ils ont utilisé (pour la dernière fois) leur marge de crédit hypothécaire, dont le taux d'intérêt est faible. Ils surveillent de près leur budget mensuel, afin de dégager des sommes à épargner pour se constituer un fonds d’urgence. Et ils poursuivent plus efficacement deux objectifs financiers précieux, soit se préparer une meilleure retraite et accumuler des fonds pour payer les études de leurs enfants.

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