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Vie financière

24 mars 2014

Enfants adultes : les parents doivent-ils continuer à payer?

Quand nos enfants sont de jeunes adultes, mais qu’ils ne sont pas encore autonomes financièrement, comment fixer nos limites si leurs demandes sont exagérées?

Quand les enfants sont devenus de jeunes adultes, mais qu’ils ne sont pas encore autonomes sur le plan financier, qu'est-ce que les parents devraient payer pour eux? Et, surtout, comment peuvent-ils fixer leurs limites et s'y tenir quand ils croient que les enfants exagèrent?

Maxime a 20 ans, et il a abandonné le cégep il y a un an sans avoir terminé sa formation. Il vit dans le sous-sol de la résidence familiale et passe ses journées sur Facebook ou à jouer à des jeux vidéo. Ses parents se désolent : « Il avait un travail à temps partiel comme serveur dans un restaurant, mais ça n’a pas fonctionné. Depuis, il ne cherche pas d’emploi et vit littéralement à nos crochets. » Ils se sentent impuissants et ne savent pas comment amener leur fils à se prendre en main.

Et les ennuis de Maxime ne s’arrêtent pas là : après avoir monté sa facture de téléphone cellulaire à près de 300 $ et avoir été incapable de la régler, il a aussi entaché son dossier de crédit. Ses parents ont payé la note, ainsi que la dizaine de contraventions dont il a écopé avec la voiture familiale… Pas de doute, Maxime exagère. Mais que peuvent faire ses parents?

Favoriser l’autonomie : mieux vaut tard que jamais

Camille Beaudoin, directeur de l’éducation financière à l’Autorité des marchés financiers, estime que, quand les enfants ont été sensibilisés jeunes à la valeur de l’argent et qu’on leur a inculqué une certaine autonomie, en général, ils se montrent plus raisonnables plus tard. « Il faut profiter de toutes les occasions pour rattacher l’argent à la réalité et leur expliquer combien coûte par exemple une auto ou un loyer », explique-t-il.

Claire Leduc, travailleuse sociale, thérapeute conjugale et familiale, a pour sa part conçu une méthode, celle du « parent entraîneur », qui consiste à favoriser l’autonomie progressive chez les enfants, tout en répondant à leurs besoins affectifs et en leur inculquant de bonnes valeurs familiales. « À partir de 16 ans, les enfants devraient commencer à travailler pour gagner un peu d’argent, par exemple en tondant le gazon ou en étant moniteurs dans un camp de jour. Ces sommes serviront à payer certaines dépenses que les parents détermineront avec eux (cellulaire, jeux vidéo...). C’est une bonne façon de les aider à comprendre les efforts à fournir pour gagner de l’argent et s’acheter des biens, et pour leur apprendre à faire un budget », explique Mme Leduc.

Les parents de jeunes adultes qui ne sont pas encore autonomes financièrement, parce qu’ils sont aux études notamment, peuvent se charger des besoins de base -- nourriture, transport en commun, vêtements, par exemple -- , mais laisser les enfants payer ce qui n'est pas absolument essentiel. « S’ils veulent un vêtement d’une marque particulière, ils devraient se l’acheter eux-mêmes », dit Claire Leduc. « Ce que les parents peuvent payer dépend bien sûr de leurs moyens financiers, mais aussi des valeurs qu'ils souhaitent inculquer à leurs enfants, comme l’effort, l'importance des études, l’autonomie, affirme pour sa part Simone Bilodeau, conseillère budgétaire à l’ACEF Rive-Sud de Québec. Mais, tout en réglant les dépenses essentielles, ils doivent progressivement amener leurs enfants à payer le reste. »

Fixer des limites claires et s'y tenir

Mais comment rectifier le tir si ce travail d’éducation n’a pas été fait, ou s'il ne donne pas les résultats espérés? « Plus on attend, plus ça sera difficile », dit Mme Bilodeau. On ne doit donc pas laisser les choses traîner. C'est aux parents de fixer certaines limites claires, et à les faire respecter. « Il faut donc que les parents se questionnent d'abord sur leurs propres valeurs, sur ce qui est acceptable ou non pour eux », ajoute-t-elle. « Par exemple, quand les enfants sont aux études et qu’ils ont besoin d’un coup de main sur le plan financier, c’est une chose. Mais s’ils traînent dans les bars, les parents n’ont pas à payer pour ça! », explique Claire Leduc, qui ajoute que beaucoup de jeunes sont trop gâtés et qu’il leur est difficile de prendre leurs responsabilités.

Selon Mme Leduc, il est donc nécessaire de confier aux adolescents -- et, à plus forte raison, aux jeunes adultes qui vivent chez leurs parents -- , certaines tâches, comme faire leur lavage, passer l’aspirateur ou préparer le souper une fois par semaine. « Ça peut prendre du temps, mais il faut répéter et ne pas lâcher. Les jeunes doivent comprendre qu'on ne peut pas tout obtenir sans effort. Les parents, eux, doivent apprendre à dire non et être prêts à assumer les conflits qui se produiront », ajoute-t-elle, avant de conclure : « Et, pour y arriver, ils doivent avoir la conviction profonde que leurs enfants seront plus heureux s’ils sont autonomes. »

Pour en savoir plus…

  • Le parent entraîneur, le site Web de Claire Leduc. On peut y commander ses livres, Le parent entraîneur et Comment transmettre des valeurs essentielles à nos enfants.
  • Jeu de la conso, une websérie de l'ACEF Rive-Sud de Québec qui aide les jeunes à devenir des consommateurs avertis et responsables. On y aborde des thèmes tels que les contrats de téléphonie cellulaire, les cartes de crédit et l’achat d’une voiture d’occasion.
  • Tesaffaires.com, un site Web de l’Autorité des marchés financiers conçu pour aider les jeunes à atteindre des objectifs comme acheter une voiture, payer ses études et louer un appartement.

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