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Vie financière

15 juin 2015

Couple : ce que vous devez savoir avant de parler d’argent

Entre conjoints, parler d'argent peut facilement être source de frictions. Voici quelques trucs pour que chacun y trouve son compte.

Alors que de nombreux Québécois sont inquiets face à leur situation financière, un sondage CROP révélait récemment qu’une personne sur deux est gênée de parler d’argent avec les membres de son entourage. Même les relations les plus intimes semblent marquées par ce tabou. Voici ce que trois spécialistes nous suggèrent pour nous aider à éviter ce problème avec notre tendre moitié. 

Trouver le bon moment

Les finances sont un sujet délicat, entre autres parce qu'elles comportent des enjeux de pouvoir. Quand on sent le besoin d'en parler avec notre conjoint ou conjointe, il faut donc les aborder avec tact, et choisir son moment. « Il ne faut pas prendre l'autre par surprise, sinon il risque de se mettre sur la défensive, conseille François Delorme, économiste, professeur au département de sciences économiques de l'Université de Sherbrooke et psychothérapeute. Il faut d’abord lui faire part de notre intention de parler d’argent, évaluer son degré d’ouverture, puis trouver un moment qui convient aux deux pour en discuter. » 

Valider les intentions

Et encore faut-il savoir de quoi on veut parler! « La première étape est de se demander ce qui est important pour nous, explique Rose-Marie Charest, présidente de l’Ordre des psychologues du Québec. Qu'est-ce qu’on recherche? La paix d’esprit? Avoir assez d’argent pour pratiquer un sport? Pouvoir envoyer les enfants dans une école privée? Il faut mettre sur la table les choses qui sont essentielles, et aussi celles qui sont importantes sans être nécessaires. Et la meilleure façon d’aborder une discussion avec une autre personne – peu importe le sujet –, c'est de commencer par confirmer ce sur quoi on s’entend tous les deux. » Or, on a souvent tendance à faire l’inverse! 

Accepter que l’amour ne dure pas toujours… toujours 

« Une des raisons pour lesquelles certains couples refusent de signer un contrat de vie commune, c'est qu’ils pensent qu’ils n’en ont pas besoin : ils s’aiment! » explique Nancy Émond, notaire et agente d’information pour la Chambre des notaires du Québec. « Quand on décide de s’associer avec quelqu’un en affaires, la dissolution est prévue dans le contrat, dit François Delorme. Mais, en amour, on refuse très souvent même seulement d’entrevoir cette possibilité! » 

Tenir compte des inégalités

« Pour des raisons biologiques évidentes, les femmes doivent arrêter de travailler quand elles ont des enfants, et peu d’hommes se prévalent du congé parental. Ça a un impact sur les revenus de la majorité des femmes », rappelle François Delorme. « Mais, ce qui est important, ajoute Rose-Marie Charest, ce n’est pas de rechercher l’égalité, mais de rechercher l’équité. Si on paie tout moitié-moitié, celui (ou celle!) qui ne gagne pas autant va nécessairement s’appauvrir. 

Comment arriver à cette équité? François Delorme met d'abord en garde les couples contre certains arrangements discutables : « Par exemple, parfois c'est l’homme qui paie l’hypothèque et la femme qui s’occupe des dépenses courantes. En fin de compte, l'homme se retrouve avec l’actif, et la femme… avec la charge des enfants. » C'est pourquoi, quand un couple n'est pas marié, un contrat de vie commune devient une protection importante. M. Delorme suggère aussi une sorte de formule de « péréquation » : le conjoint ou la conjointe qui fait le plus d’argent verse un montant à l’autre, de façon à ce que le train de vie des deux corresponde aux finances du couple mises en commun.

Savoir faire des compromis

« Il n’y a pas de formule magique pour tous, parce que chaque couple est différent », souligne Rose‑Marie Charest. Et, pour trouver la formule qui nous convient, il est important de savoir faire des compromis. « Il faut créer un troisième territoire : un endroit où ce n’est pas tout à fait ce que veut l’un et pas tout à fait ce que veut l’autre, un lieu de compromis où les deux se sentent à l'aise », explique la psychologue. 

Éviter les cachotteries

En mettant leurs finances en commun, certains partenaires craignent de perdre leur autonomie financière. Or, le compte conjoint ne signe pas l’arrêt de mort des dépenses personnelles! « Dans un couple mature, on devrait être capables de dire "J’ai envie de m’acheter une moto", par exemple, à condition que ça ne passe pas par le compte conjoint », estime François Delorme.

Ne pas avoir peur des conflits

« Souvent, on n’aborde pas les questions financières parce qu’on veut éviter la chicane, dit M. Delorme. Pourtant, on sait bien que, s’il y a une insatisfaction et qu'on ne la règle pas, ça va finir par péter! » « Comme c’est un sujet délicat, trop souvent, les couples remettent ça constamment à plus tard, confirme Rose-Marie Charest. Et, quand un conflit survient, c'est là que ça refait surface. Or, ce n’est vraiment pas le meilleur moment pour parler d’argent. » 

Demander conseil 

Quand on a de la difficulté à aborder la question de l'argent, ou quand on n'arrive pas à le faire sans que ça provoque des tensions, pourquoi ne pas demander les conseils de spécialistes? « Il y a un métier qui reste à inventer : le conseiller financier psychologue! », conclut en souriant François Delorme. À défaut, il peut être utile de consulter un conseiller financier, un notaire, et… un psychologue!

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