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Vie financière

08 octobre 2014

Consommation : distinguer simples désirs et besoins réels

Votre marge de crédit déborde et vous redoutez le moment où vous recevrez votre relevé de carte de crédit sur lequel figurent les achats de la rentrée scolaire. Il est peut-être temps d'apprendre à mieux distinguer un simple désir d’un véritable besoin.

Selon Statistiques Canada, la dette des ménages canadiens se chiffre actuellement à 164 % de leurs revenus. Dans ce contexte, l’expression « Apprendre à vivre selon ses moyens » prend tout son sens… Mais nous faisons parfois difficilement la distinction entre un simple désir et un véritable besoin. Des experts et des consommateurs nous aident à y voir plus clair.

Philippe Viel, responsable des communications à l’Union des consommateurs, est d’avis que le fait de bien évaluer nos habitudes d’achat exige nécessairement une prise de conscience qui n'est pas toujours évidente. « S’offrir des gâteries simplement parce qu'on en a envie, c'est possible, mais seulement quand on sait clairement qu'on en a les moyens. Quand on a prévu les dépenses essentielles et choisi une façon d’épargner et de rembourser nos dettes, il y a moyen de se payer de petits "extras" », dit-il. Le danger, c’est de dépenser sans compter et sans planification, de faire des achats impulsifs en se servant du crédit. « Les consommateurs critiques et avertis sont passés maîtres dans l’art de budgéter, d’économiser avant de consommer et de magasiner à rabais », ajoute M. Viel, en soulignant que faire un budget, c'est également bien réfléchir à nos valeurs.

Le simple mot « budget » en effraie d’ailleurs plusieurs. « Pourtant, ce n’est pas un outil de privation, mais plutôt une façon de bien s'organiser », souligne 

Cathy Simard, conseillère budgétaire à l'ACEF de l'Île-Jésus. Par exemple, il est préférable de planifier financièrement les petits plaisirs que nous souhaitons nous offrir, en nous assurant entre autres que les dépenses des semaines à venir nous le permettent, notamment après les vacances et quand le temps des Fêtes approche -- deux périodes de l'année qui bousculent un budget. « On peut par exemple alors voir clairement qu’on n’a pas vraiment les moyens de s’offrir une soirée familiale au cinéma à 60 $ », dit M. Viel.

Désirs, besoins et… compromis

C'est le temps qui permet souvent de différencier les désirs des besoins. Valérie Houle, propriétaire de la Ferme des Hautes Terres, à Saint-Rémi-de-Tingwick, a un bon conseil à nous donner à ce sujet. « Quand j'ai envie d'acheter quelque chose qui représente une dépense assez importante, je patiente trois mois avant de le faire. Bien souvent, je constate alors que c'est une idée futile; pire, il m'est même déjà arrivé d'oublier ce que j'avais tant souhaité avoir! », confie-t-elle. Par contre, si, après trois mois, elle se rend compte qu'il s'agit d'un véritable besoin, alors elle fait son achat, idéalement en choisissant un article d'occasion quand c'est possible. « Un désir s’estompe avec le temps, alors qu’un besoin demeure essentiel à la vie, précise Cathy Simard. C'est donc une bonne façon d'apprendre à faire la différence. » Certains diront qu’un fort désir devient parfois une nécessité, mais, ajoute la conseillère, « si on est francs avec nous-mêmes, on aura une réponse claire ».

Et il se peut que la solution se trouve dans un compromis! Par exemple, des gens pourraient choisir de faire un voyage en famille chaque année plutôt que deux, et de faire du camping pendant les vacances estivales. L’une des deux voitures pourrait aussi être sacrifiée au profit d’une solution de covoiturage. « Tout est une question de choix, explique Philippe Viel. Et, effectivement, parfois ces choix impliquent de renoncer à quelque chose. » Thierry Collart, jeune rentier, abonde dans ce sens, parce que, pour lui, l'indépendance financière est quelque chose de précieux : « Comme je n'ai pas beaucoup de jeu du côté des rentrées d’argent, il faut que je resserre mes dépenses. Je pense aussi que, bien souvent, on réalise qu'avoir plus de biens matériels n'apporte pas de bonheur durable dans la vie, ce n'est qu'une illusion. »

La responsabilité, ça s'apprend

Mais il est difficile de résister aux multiples occasions que les commerçants nous font miroiter, et à la pression sociale -- il nous faut le dernier gadget à la mode! « On doit toujours se rappeler non seulement qu’on est responsables de nos décisions et des conséquences financières qui s’ensuivent, mais aussi que nos habitudes de surconsommation ont des effets nocifs sur l’environnement », dit M. Viel, qui dénonce d'ailleurs l’absence de cours d’économie au secondaire. Les parents doivent donc inculquer seuls à leurs enfants des notions financières et, surtout, les valeurs qui y sont nécessairement liées. La rentrée scolaire est d’ailleurs une période tout indiquée pour le faire. « Invitez vos enfants à réutiliser les cartables et les cahiers qui sont en bon état. Faites réparer un sac à dos au lieu d’en acheter un neuf. Il faut de nouveaux souliers de course? Optez pour une marque peut-être moins à la mode, mais moins chère », suggère-t-il. Les futurs consommateurs que sont nos enfants apprendront ainsi à diminuer leur empreinte écologique, et ils comprendront mieux les concepts de ressources limitées et de désirs… illimités! Il n'est jamais trop tôt pour apprendre la distinction entre désirs et besoins.

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