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Vie financière

15 octobre 2018

Comment inclure ses valeurs dans sa nouvelle entreprise

Faut-il laisser ses valeurs à la porte quand on se lance en affaires ? Au contraire. Même si l’appel du dollar facile se fait persistant, on gagne à respecter ce qui est important pour nous.

Boomerang

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Chantal, 49 ans, est journaliste de formation et a un peu toujours été entrepreneure depuis 1995, moment où elle lançait sa boîte de communication. Au fil des ans, elle a mijoté d’autres projets, est partie travailler en entreprise, a fait évoluer son entreprise, et est devenue auteure et conférencière en plus. Elle avoue avoir connu des années plus maigres, mais toujours, elle a voulu garder le cap pour œuvrer au sein d’une boîte qui lui ressemble. « On se doit de connaître nos valeurs profondes avant de se lancer en affaires. Quelles concessions sera-t-on prête à faire pour faire de l’argent ? J’ai compris que si on vit un conflit interne, c’est que deux valeurs sont en conflit. »

Les valeurs animent tout individu et toute organisation. Et toute personne qui souhaite se lancer en affaires aura à bien les connaître pour s’assurer qu’elles fassent aussi partie de leur business. Le Business Dictionary définit les valeurs d’entreprise (corporate values) comme « les philosophies ou principes qui guident le fonctionnement interne d’une organisation, de même que relations de celle-ci avec ses clients, partenaires et bailleurs de fonds ». Si cela semble trop ‘corporatif’ pour inspirer les microentreprises, voire les travailleurs autonomes qui se lancent en affaires dans leur sous-sol, l’exercice est important. « Toutes les entreprises ont leurs valeurs – et ces valeurs influencent toujours leurs façons de faire, précise Dominic Martin, professeur d’éthique à l’École des sciences de la Gestion de l’Université du Québec à Montréal. Même la volonté de faire le plus de profits possible, c’est déjà une valeur ! »

L’exercice n’a pas à être aussi douloureux qu’on l’imagine à première vue. Pour Chantal, cela s’est fait en réfléchissant à ce qu’elle souhaitait mettre dans sa vie de tous les jours et, par extension, dans ses journées de travail. « Convivialité, plaisir et ludisme sont importants pour moi. Un client m’a déjà reproché que le fait de mettre de la musique sur mon répondeur au bureau manquait de professionnalisme. Je lui ai dit que le plaisir au travail était très important pour moi, mais c’était déjà signe que mon travail risquait de ne pas correspondre à ses attentes. »

Si l’anecdote semble banale, elle illustre bien que communiquer nos valeurs et nos façons de faire permet de cibler des clients qui seront heureux de travailler avec nous, et satisfaits de notre travail. Pour Chantal, cela passait par bien communiquer son style d’écriture coloré et enjoué à ses clients corporatifs, histoire d’éviter les déceptions s’ils espéraient plutôt lire autre chose. « C’est important de traduire un maximum de valeurs par notre image de marque. Plus on en dit aux clients potentiels sur nous à travers notre image (qui passe par notre façon d’accueillir les clients, notre site web, nos communications d’affaires), plus les clients sauront à quoi s’attendre s’ils font affaire avec nous. Parce que quand on s’obstine à prendre des mandats qui ne nous ressemblent pas, on trouve le travail pénible… et notre client aussi ! »

Dominic Martin confirme que ça peut être payant d’avoir des valeurs et de s’y tenir. « Nos valeurs permettent de forger notre identité, en offrant un message un peu différent de nos rivaux commerciaux. Plus encore, notre indépendance peut faire partie de notre identité. » Cela dit, on doit s’assurer que nos valeurs ne soient pas déphasées des valeurs sociales partagées pour ne pas se mettre à dos des potentiels clients. Ce sont les enjeux auxquels sont sensibles nos clients, comme l’égalité des sexes, le développement durable ou encore, l’ouverture aux autres modes d’alimentation ou de consommation. « Ça peut nous coûter très cher si nos valeurs ne sont pas en phase avec celles du public sur certains enjeux », précise M. Martin.

Bien sûr, il faut bien fixer une limite quelque part. Se fier à ses valeurs, mais aussi aux règles commerciales et morales. Dominic Martin propose trois questions pour déterminer si nos actions passent le test :

  1. Est-ce que j’opère dans les limites de la loi ? Mes activités professionnelles passent-elles le test de la légalité ?
  2. Mon comportement peut-il causer un tort ou une souffrance à la société ? Par exemple, en cautionnant des pratiques amorales comme le harcèlement sexuel, on crée un tort important à autrui.
  3. Est-ce que mes valeurs respectent ce que je souhaite mettre en place comme entreprise ?

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