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Vie financière

15 septembre 2017

ALENA 101- Partie 1

Comme le Canada, les États-Unis et le Mexique renégocient actuellement les termes de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), la présente mise en contexte vous aidera à comprendre pourquoi cela est important.

Les Canadiens qui ont suivi la campagne présidentielle de 2016 aux États-Unis ont été surpris et interpelés lorsque le candidat Donald Trump a juré de mettre en pièces l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Aujourd’hui, M. Trump est président, et la renégociation de l’ALENA est bien amorcée. Notre série d’articles vous aidera à comprendre le contexte et les particularités de cette renégociation ainsi que ce que cela implique pour vous.

Qu’est-ce que l’ALENA?

L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) est un traité conclu entre le Canada, les États-Unis et le Mexique ayant permis de supprimer la plupart des obstacles au libre-échange entre les trois pays. En raison de cette entente, il revient souvent moins cher d’acheter certains biens auprès des pays membres de l’ALENA que d’acheter des biens similaires auprès des pays non membres. Grâce à l’ALENA, nous pouvons sans difficulté savourer des avocats du Mexique à longueur d’année. De même, les Canadiens peuvent faire de grosses économies en achetant des voitures construites aux États-Unis plutôt que des modèles européens. Les biens des pays signataires de l’ALENA sont importés sans barrières tarifaires, conformément aux règles d'origine de l'ALENA. Ces règles indiquent les exigences relatives à la teneur en valeur régionale du produit provenant du pays membre.

Quand l’ALENA est-il entré en vigueur?

L’ALENA a été conclu au terme de 14 mois de négociations intenses menées en 1991 et en 1992. Ratifié par les parlements du Canada, des États-Unis et du Mexique en 1993, il est entré en vigueur en janvier 1994. Avant l’ALENA, le Canada et les États-Unis avaient conclu l’Accord de libre-échange Canada-États-Unis.

De quelle manière le Canada profite-t-il de l’ALENA?

Les États-Unis sont, de loin, le plus important partenaire commercial du Canada. En fait, en 2016, le commerce entre ces deux pays a atteint le chiffre énorme de 752 milliards de dollars. «Le commerce avec les États-Unis est une composante très importante de l’économie du Canada; en conséquence, l’amélioration du commerce transfrontalier a énormément profité au Canada», indique Chhad Aul, vice-président de la gestion de portefeuille chez Placements mondiaux Sun Life. «Depuis que l’ALENA a permis de libéraliser davantage le commerce, le volume global de nos échanges commerciaux avec les États-Unis et le Mexique a nettement augmenté et notre économie s’en porte mieux, ajoute M. Aul. En outre, des secteurs en entier ont été intégrés de part et d’autre de la frontière.»

Voici 5 exemples de bénéfices importants que les Canadiens ont tirés de l’ALENA :

  1. Élargissement de l’éventail des biens,
  2. Hausse du volume des échanges commerciaux,
  3. Augmentation de l’investissement direct étranger (l’investissement direct étranger au Canada provenant d’investisseurs des États-Unis a progressé de 243 % entre 1993 et 2013),
  4. Facilitation de la circulation transfrontalière des professionnels et des investisseurs,
  5. Création de nouveaux emplois.

Qu’entend-on par «excédent commercial» et «déficit commercial»?

Il y a excédent commercial lorsqu’un pays vend à un autre pays ou y exporte plus de biens (p. ex. du pétrole et des voitures) et de services (p. ex. du tourisme et des logiciels) qu’il lui en achète ou en importe. En revanche, il y a déficit commercial lorsque les ventes ou les exportations du pays sont inférieures à ses achats ou importations. Il importe de noter si les politiciens parlent de biens ou de services (ou des deux), car il est possible d’enregistrer un excédent commercial dans un domaine tout en affichant un déficit dans l’autre. Il faut savoir, en outre, que tout n’est pas nécessairement négatif dans un déficit puisque celui-ci peut être attribuable à une économie qui importe plus de biens et de services pour appuyer sa croissance, par exemple.

Dans l’ensemble, l’ALENA a permis l’intensification marquée des échanges commerciaux entre les États-Unis et le Canada. En 2016, selon l’Office of the U.S. Trade Representative, les exportations des États-Unis vers le Canada avaient augmenté de 165 % depuis 1993, tandis que leurs importations s’étaient accrues de 150 %. La balance commerciale entre les États-Unis et le Canada a progressé et reculé au fil des années écoulées depuis l’entrée en vigueur de l’accord. En 2015, le Canada a enregistré un déficit commercial (biens et services combinés) par rapport aux États-Unis d’environ 11,9 milliards de dollars US, chiffre qui est passé à 12,5 milliards de dollars US en 2016. Malgré ces chiffres, certains détracteurs de l’ALENA aux États-Unis affirment que l’accord favorise injustement le Canada et le Mexique, parce que les États-Unis ont des déficits commerciaux avec les deux pays. On accuse également l’accord d’avoir engendré des pertes d’emplois aux États-Unis et au Canada en raison des coûts de main-d’œuvre plus faibles au Mexique.

En dépit de la rhétorique des États-Unis, bon nombre d’experts disent qu’il est peu probable que ce pays quitte l’accord. Beaucoup de choses ont changé, toutefois, depuis 1994, et il est évident que l’ALENA doit être actualisé et amélioré. Pour en savoir plus long sur la renégociation et sur ce qu’il faut attendre de l’ALENA 2.0, surveillez la publication de l’article ALENA 101 - Partie 2.

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