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Travail et retraite

24 août 2017

Le bonheur vient avec l'âge, c'est prouvé!

On associe souvent le bonheur à la jeunesse. Cependant, des recherches indiquent qu'on le trouve plus facilement quand on accumule les années! Une spécialiste nous explique pourquoi.

Vieillir n’est pas seulement une accumulation de déficits à ranger dans la colonne des pertes. Au contraire, les conclusions d'études publiées dans The Economist et dans le New York Times montrent que c'est en vieillissant que nous avons le plus de chance de trouver le bonheur!

On doit cette découverte à des économistes qui ont tenté de mesurer l'effet, sur le bien-être humain, de différents facteurs autres que l’argent. Après avoir éliminé ou neutralisé des variables généralement associées au bonheur comme la santé, la scolarité, la vie familiale et la richesse, les chercheurs ont conclu qu’il ne restait qu’une explication : l’âge! De plus, l'étude a été menée dans 72 pays, et partout les chercheurs en sont arrivés à la même conclusion.

La vie est un U

Pour illustrer la vie, les chercheurs utilisent une courbe en forme de U. En arrivant à l'âge adulte, nous sommes généralement confiants envers la vie et plutôt heureux : nous sommes alors au sommet de la branche gauche du U. Ensuite, nous suivons la courbe vers le bas : ce sont les années pendant lesquelles le travail occupe une grande place; c'est aussi la période de la vie pendant laquelle les gens qui souhaitent fonder une famille ont des enfants... et les voient grandir. Ces années sont donc en général marquées par pas mal de soucis et de stress. Et nous arrivons dans le creux de la courbe, la fameuse «crise de la quarantaine», à la mi-quarantaine ou au début de la cinquantaine.

Et c'est là que la surprise se produit. Alors que les gens, en vieillissant, perdent graduellement de leur vitalité physique, ils s’apprêtent pourtant à remonter la côte du bonheur, la branche droite du U. Si ce phénomène a surpris les économistes qui l’ont observé, les experts en gériatrie, eux, le connaissent depuis le début des années 1980. «Ces données sur le bonheur des personnes âgées sont connues des experts, mais pas de la plupart des gens, qui ne voient généralement que les aspects négatifs de la vieillesse», explique Sylvie Belleville, directrice de la recherche à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

«Le bonheur des personnes âgées n’a rien à voir avec les facteurs externes qu’on associe généralement au bonheur, comme l’amour, l’argent, la santé ou les enfants, ajoute Mme Belleville. En vieillissant, on vit toutes sortes de pertes et de deuils; donc, si le bonheur était uniquement associé à des facteurs externes, il irait en décroissant. Le fait qu’il augmente, au contraire, montre qu’il y a bel et bien des facteurs internes qui jouent sur le bien-être.»

Bonheur et maturité

Entre 50 et 90 ans, nous vivons encore de grands changements cognitifs, affectifs et psychologiques. «On admet généralement qu’on devient plus "sage" : le mot est galvaudé, mais ce qu'il signifie, c'est qu’on gère mieux nos états affectifs. Grâce à nos connaissances et à notre expérience, on se rend compte que, finalement, ce qui semble terrible à d'autres n'est pas si grave et qu’il n’y a aucune raison de s’en faire», explique Sylvie Belleville.

Parce que leur énergie décline, les personnes âgées deviennent aussi plus sélectives, et, comme elles ont aussi un meilleur jugement, elles sont mieux en mesure de choisir ce qui est le plus à leur avantage. Ce phénomène a été scientifiquement prouvé, précise Mme Belleville : «Quand on fait des expériences où on demande aux participants de régler des situations complexes, les personnes plus âgées obtiennent de meilleurs résultats que les jeunes.» Bref, les personnes âgées contrôlent mieux leurs émotions, trouvent de meilleures solutions aux conflits et vivent mieux le présent. «L’expérience accumulée sert enfin à quelque chose!» dit Mme Belleville.

Tout est relatif, même le bonheur

Mais pourquoi le fond du U se situe-t-il vers la fin de la quarantaine, et qu'est-ce que cela signifie? «C'est probablement parce que c'est à cet âge qu’on sent la vieillesse arriver, et qu’on la redoute, croit Sylvie Belleville. On se prépare à de grands deuils, et on a même commencé à en vivre. Plus tard, quand ils sont faits, on remonte la côte.» Mais attention, «fond du U» ne rime pas avec «fond du baril» : «ce sont paradoxalement les années où on est souvent le moins heureux… mais pas nécessairement malheureux!»

«De plus, ajoute-t-elle, le bonheur dont on parle ici est un effet de groupe. Dans un grand groupe qui vieillit, le bonheur augmente, peu importe le pays où se trouve le groupe. Mais les individus d'un groupe ne vivent pas nécessairement tous la même situation.»

Bonheur et santé

Enfin, il est important de mentionner que, plus les gens sont heureux, plus ils sont en santé : «La recherche l'a démontré», dit Sylvie Belleville. Et, comme la santé est également une condition qui contribue au bonheur, c'est donc une combinaison gagnante. Et cela, à tout âge!

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