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Travail et retraite

16 novembre 2016

La retraite approche, on vend la maison…pour racheter ou pour louer?

Quelques années avant la retraite, vous vendez votre propriété. Est-il alors plus profitable de louer un appartement ou d'acheter une maison ou un condo? Des experts vous donnent des pistes de réponses.

À quelques années de la retraite, plusieurs décident de vendre leur propriété. Mais, ensuite, quelle est l'option la plus avantageuse : acheter ou louer? C'est une décision cruciale en matière de finances…et de style de vie.

Marie-Hélène Ouellette est courtière immobilière, et elle offre des services à la fois d’achat de propriétés et de location d’appartements. Selon elle, choisir entre les deux options n’est pas seulement une décision financière. «Il faut d’abord envisager les avantages et les inconvénients du fait d’être propriétaire ou locataire, dit-elle. La plus grande différence, c'est le niveau de responsabilité et de liberté. Il est évident que, quand on est locataires, on est plus libres, puisqu’on peut partir dès que notre bail se termine; et on a moins de responsabilités, parce que les travaux d’entretien sont à la charge du propriétaire.» Mais les locataires ont aussi moins de contrôle sur le lieu qu'ils habitent, et, quand on a été longtemps propriétaires, ce n'est pas toujours quelque chose de facile à gérer.

Par ailleurs, sur le plan financier, l'achat d'une maison ou d'un condominium est intéressant, puisqu'il s'agit d'un actif qui prendra de la valeur avec les années. Toutefois, il ne faut pas oublier que quand, au lieu de placer l'argent de la vente de notre maison et de louer un appartement, on achète une nouvelle propriété, on ne peut pas avoir accès à une partie de la valeur de celle-ci au moment où on aurait besoin de liquidités, ce qui peut très bien arriver…

Une propriété ou des placements?

Josée Jeffrey, planificatrice financière et fiscaliste, explique que quitter notre maison pour un logement loué n’est pas nécessairement une bonne affaire pour tout le monde. «En général, les gens qui approchent de la retraite et qui vendent leur maison ont fini de rembourser leur hypothèque, fait-elle remarquer. S’ils louent un appartement, ils devront payer un loyer, ce qui fera donc augmenter leurs dépenses. De plus, les loyers augmentent graduellement, alors que les hypothèques, elles, diminuent avec le temps.»

Là encore, acheter ou louer dépend donc de nos objectifs. Par exemple, investir une partie de l’argent de la vente d'une maison dans des placements peut être un choix à considérer sérieusement pour certaines personnes, en particulier celles qui craignent d’épuiser leur capital-retraite trop rapidement. Mme Jeffrey rappelle toutefois que, étant donné l'état actuel du marché, une maison constitue un actif plus sûr que des actions en Bourse : «La valeur des maisons augmente graduellement, et il y a peu de chance qu'elle baisse, tandis qu’une crise financière peut réduire de beaucoup la valeur de nos placements.»

Selon Mme Jeffrey, la solution idéale pourrait donc être de vendre la maison…et d’en racheter une autre moins chère. De cette façon, on reste propriétaires et on obtient aussi du capital – non imposable – qui pourra être investi dans des placements : on réduit ainsi les risques liés aux soubresauts des marchés financiers.

André Lacasse, planificateur financier à Services financiers Lacasse, souligne de son côté que la valeur de la maison que l'on veut vendre joue un grand rôle dans la décision à prendre. Si, par exemple, on tire 500 000 $ de la vente et qu’on place judicieusement cette somme, on peut obtenir un revenu mensuel de 2 000 $, ce qui permet de payer le loyer d’un logement sans même entamer notre capital. Mais, si le fruit de la vente ne s’élève qu'à 150 000 $, les placements que l'on fera rapporteront difficilement plus que 580 $ par mois, ce qui ne couvrira probablement pas le prix d’un loyer.

Et les condos?

Si les condominiums font rêver bien des acheteurs, ce n’est pas nécessairement le cas de nos trois spécialistes. «Certains se disent qu'il est financièrement avantageux d'investir le montant de la vente d'une maison dans l’achat d’un condo, mais ils oublient parfois qu'il faut payer des frais de copropriété – qui peuvent facilement s’élever à plusieurs centaines de dollars par mois. Il faut aussi dans certains cas mettre de l’argent dans un fonds de prévoyance, et, même là, il se peut que des réparations imprévues obligent les copropriétaires à verser des cotisations spéciales», explique Josée Jeffrey.

Et, encore ici, c'est pour beaucoup une question de choix de style de vie. Par exemple, Marie?Hélène Ouellette se rappelle l'un de ses clients qui avait décidé d'acheter un condo et qui avait fini par changer d'idée… découragé devant l’impressionnante liste de règlements et de tâches imposées aux copropriétaires. Et c'est la même chose quand il faut choisir entre acheter et louer : «J’ai aussi eu des clients qui avaient une propriété en Floride et qui y passaient plusieurs mois chaque année, ajoute Mme Ouellette. Ils n’avaient plus envie de s’occuper d’une autre maison ni d'un condo au Québec, alors ils cherchaient un logement à louer.» Bref, si des experts peuvent nous aider à faire un choix éclairé, une chose est sûre, il n'y a pas de règle applicable à tous, c'est du cas par cas.

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