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Travail et retraite

18 mai 2018

Continuer à travailler après l’âge de la retraite : un bon choix financier?

Pour rester actifs ou pour augmenter leurs revenus, certains sont tentés de continuer à travailler après l'âge de la retraite. Quels sont les impacts financiers d’un tel choix? C’est un pensez-y bien.

Certains sont tentés de continuer à travailler après l'âge de la retraite, parce qu'ils jugent que leurs revenus ne seront pas alors suffisants, ou encore simplement parce qu'ils souhaitent rester actifs. Mais, avant de faire ce choix, il faut en évaluer les impacts financiers. Voici quelques pistes utiles pour prendre une décision éclairée.

Rester sur le marché du travail après l’âge de la retraite peut contribuer à bonifier la rente que nous versera la Régie des rentes du Québec quand on cessera de travailler. En effet, en vertu des règles de la Régie, quand on choisit de retarder le moment où l'on demandera notre rente, celle-ci augmente de 8,4 % par an pendant les années comprises entre 65 ans et l’âge auquel on commencera à la percevoir. Au niveau fédéral, reporter le versement de la pension de la Sécurité de la vieillesse, à laquelle on est admissibles à partir de 65 ans, permet d’accroître celle-ci de 0,6 % par mois de report, jusqu’à un maximum de 36 %, soit 60 mois.

Travailler moins?

Après 65 ans, ou à partir de 60 ans si l'on a cotisé pendant au moins une année au Régime des rentes du Québec (RRQ), il est aussi possible de continuer à travailler, mais moins d'heures, et de toucher en même temps notre rente. Dans ce cas, il faut toutefois cotiser au RRQ dès que nos revenus de travail dépassent 3 500 $ (l'exemption générale).

Cependant, ces cotisations donneront droit au supplément à la rente de retraite, qui, pendant une année, représentera 0,5 % du revenu sur la base duquel on a cotisé l'année précédente. La Régie versera ce supplément sans que l’on doive en faire la demande, et la rente sera augmentée même si l'on touche déjà la somme maximale chaque mois. De plus, la rente continuera à croître chaque année, tant et aussi longtemps que l’on cotisera. Autrement dit : plus on cotise longtemps, plus notre rente augmente.

Voici un exemple de cette situation fourni par la Régie des rentes. Louise est bénéficiaire d'une rente de retraite de 750 $ par mois. Cette année, son revenu de travail est de 22 700 $. Elle cotise donc au Régime de rentes sur des revenus de travail de 19 200 $ (22 700 $ moins l'exemption générale de 3 500 $). Le 1er janvier de l'année suivante, Louise aura droit à un supplément de 8 $ par mois (19 200 $ x 0,5 % = 96 $ par année) grâce aux cotisations qu'elle aura versées. Si elle continue de travailler au cours des années suivantes, de nouveaux suppléments s'ajouteront alors à sa rente pour chaque année de travail.

Par ailleurs, il est également possible de travailler moins, mais de choisir de continuer à payer les mêmes cotisations au RRQ. En effet, si l'on a 55 ans ou plus, mais moins de 70 ans, on peut travailler moins d’heures par semaine tout en continuant à verser autant au RRQ, comme si notre salaire n’avait pas diminué, et notre future rente ne sera pas alors réduite. Il faut toutefois que notre employeur accepte de conclure avec nous une entente pour que l'on puisse prendre une retraite progressive. Pour avoir une meilleure idée de l’impact d’une telle entente sur notre cotisation, on peut obtenir sur demande une simulation la part de la Régie.

Continuer à travailler ou non?

Tout cela est alléchant, mais, avant de décider de continuer à travailler après l’âge de la retraite, il faut faire quelques calculs supplémentaires. Est-ce vraiment un choix avantageux pour tout le monde? Non, affirme Julie Carrier, conseillère en sécurité financière à la Financière Sun Life :

« C’est du cas par cas. Il faut évaluer plusieurs facteurs, comme de combien d’argent on aura besoin pour vivre et à combien s'élèveront nos revenus à la retraite. On conseille souvent de percevoir la rente de retraite, mais, en fait, il faut évaluer la question en fonction de la situation particulière de chacun. C'est la même chose quand les gens se demandent s'il est préférable de continuer à travailler mais à temps partiel. Un conseiller en sécurité financière peut alors nous aider à prendre la meilleure décision », explique-t-elle.

Mme Carrier souligne également que les gens qui restent sur le marché du travail après l'âge de la retraite continuent en général de créer de la richesse, ce qui n’est pas le cas quand on cesse de travailler et que l’on vit sur nos acquis. Elle ajoute que lorsqu’on reste sur le marché du travail, on peut continuer de cotiser à notre REER jusqu’à l’âge de 71 ans. Après 71 ans, il faut commencer à décaisser un montant minimum. Mais, répète Mme Carrier, chaque situation doit être analysée en fonction de ses particularités, et rester plus longtemps sur le marché du travail n’est pas toujours un facteur de création de richesse. Par exemple, compte tenu du mode de calcul du RRQ, si l'on a connu plus de six années de faibles revenus, retarder notre départ à la retraite et ajouter d’autres années mal rémunérées pourrait avoir un impact négatif sur le montant de notre rente.

De même, une personne qui posséderait un REER très bien garni n’aurait pas nécessairement intérêt à repousser sa retraite. « J’ai en tête l’exemple d’un de mes clients qui, à 55 ans, avait 700 000 $ dans son REER. S’il avait travaillé jusqu’à 71 ans, son REER aurait atteint 1,5 million quand il aurait commencé à en retirer des sommes, ce qui, d’un point de vue fiscal, n’aurait pas été intéressant. »

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