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Travail et retraite

26 novembre 2014

Ces femmes qui redéfinissent le Québec inc.

Les parcours inspirants de quatre entrepreneures qui se trouvent parmi les étoiles montantes du Québec inc.

Elles sont partout, aux quatre coins du Québec. Certaines ont un parcours professionnel lié aux affaires, d’autres ont tout appris à force d’essais et d’erreurs. Mais elles ont un point en commun : elles travaillent sans compter malgré les obstacles, les temps difficiles, l’incertitude, les risques, les échecs. Voici quatre entrepreneures inspirantes qui sont parmi les étoiles montantes du Québec inc.

Ces joies qui nous poussent à continuer, malgré tout

Pas toujours facile, la vie d’entrepreneure. Qu’est-ce qui fait en sorte que l’on continue, malgré les embûches et les déceptions? Pour Nancy Lemieux, ex-journaliste et cofondatrice de l’Auberge des Glacis dans la région Chaudière-Appalaches, la réponse est une réflexion périodique sur le chemin parcouru : « Cet été, après huit ans à la barre de l’Auberge, j’ai réalisé que tous mes efforts avaient porté leurs fruits. La plupart des gros dossiers qui me tenaient à cœur depuis l’acquisition de l’établissement sont maintenant réglés. »

Ce qui motive Catherine Légaré, présidente-fondatrice d'Academos, un réseau social consacré à l’orientation scolaire et professionnelle des jeunes de 14 à 30 ans, c’est la fierté de réaliser un projet original et porteur qui a demandé deux années de travail : « La nouvelle mouture d’Academos, lancée en septembre 2014, est unique au monde. Je suis tellement fière de l’équipe avec laquelle j’ai travaillé! »

Même son de cloche chez Marie-Josée Richer, cofondatrice de PRANA, une entreprise qui met en marché des noix et d'autres superaliments bios : rien ne peut se mesurer au sentiment d’accomplissement lié au fait de mener à terme un projet qui nous est cher… même s’il faut parfois jongler des années avec l’idée avant d’y arriver. Boursière de la Fondation Montréal inc. et mère de trois enfants, elle a récemment lancé YouTube les capsules santé Savourer la vie : « L'idée tournait dans ma tête depuis plus de neuf ans, je me disais qu'un jour je ferais des capsules vidéo et j'en parlais autour de moi. Quand j'ai accouché du projet, ç'a été un réel soulagement! »

Le risque, les doutes : pas de tout repos, la vie d’entrepreneure!

Toutes s’entendent pour dire que ce qui draine le plus d’énergie dans la vie d’une entrepreneure, ce sont les risques constants. Pas moyen de se reposer un instant, et exit l’idée de mettre la switch à off à 17h! « Ce que je trouve le plus difficile, c'est de vivre au quotidien avec le stress financier de gérer une start-up. Il y a eu des moments où nous avons dû faire des choix difficiles, comme abolir des postes. Les décisions qui impliquent directement des gens sont toujours les plus difficiles, parce qu'elles ont des conséquences réelles sur leur vie. Il y a eu quelques nuits d’insomnie! » confie Sophie Boulanger, cofondatrice de la lunetterie en ligne montréalaise Bonlook et détentrice d’un MBA dans le domaine de la mode de la SDA Bocconi de Milan.

Paradoxalement, les moments de doute les plus intenses sont aussi très souvent associés aux moments les plus enivrants. « Et si je me trompais? Si les jeunes n’avaient pas besoin d’un tel outil? Si notre approche n’était pas bonne? Si ça ne marchait pas? » : voilà les questions que se posait Catherine Légaré à la veille de lancer le nouvel Academos. « J’ai réussi à convaincre mes proches collaborateurs avec mes idées folles, et ensemble on a mobilisé des partenaires et des bailleurs de fonds », dit-elle. C’est dans de tels moments que la solidarité d’équipe prend tout son sens : « No risk, no fun, me rappelait alors mon collègue Guillaume », ajoute-t-elle.

Il y a aussi le risque d’avoir perdu son temps, d’avoir fait fausse route : « Ce printemps, avant d'avoir fait le bilan des huit dernières années, je me suis assise pour réévaluer mes objectifs de vie et de carrière. Ça m’a convaincue que j’étais à la bonne place et qu’il fallait que je sois patiente », dit Nancy Lemieux.

Et être femme dans tout cela? Est-ce en soi un désavantage lorsqu’on souhaite se lancer en affaires? Pas du tout, selon Sophie Boulanger : « Je sais que des femmes avant moi se sont battues pour que je puisse me sentir à ma place; mais je ne me suis jamais sentie différente parce que je suis une femme. Notre entreprise a récemment obtenu du capital de risque, et laissez-moi vous dire que la grille d’évaluation est la même, que vous soyez une femme ou un homme. Et c’est très bien ainsi! »

Être entrepreneure pour devenir une meilleure personne

Comme toute expérience intense, le fait d'être entrepreneures transforme celles qui se lancent dans cette aventure. Qu’ont appris ces quatre femmes sur le chemin du succès? « J’ai appris à améliorer mes façons de faire chaque jour. Je suis toujours en mode solutions », répond Nancy Lemieux. « À demander de l’aide! » dit pour sa part Catherine Légaré. Les personnes qui réussissent seules sont rarissimes. Le mythe du self-made man est encore très fort, mais, justement… c’est un mythe. Plus jeune, je pensais vraiment que, pour être pris au sérieux, il fallait que les gens réussissent seuls. Maintenant, je cherche les occasions de partage, j’ai des mentors. Je teste mes idées, et tant mieux si elles sont remises en question par les autres : c’est le meilleur moyen d’avancer. » « Moi, j'ai appris à me faire confiance et à suivre mon intuition, dit de son côté Marie-Josée Richer. Avec de l'énergie, des efforts et de la constance, un rêve peut devenir réalité! »

Et le risque? Est-il possible d’apprendre à le gérer? « Il faut pouvoir accepter de prendre des risques et de ne pas réussir, croit Sophie Boulanger. On se rend compte qu’on n’en meurt pas, et que, si ça ne fonctionne pas, on se relève et on essaie autre chose. C’est très fort comme apprentissage, parce que ça s’applique à toutes les facettes de ma vie. "Qui n’essaie rien n’a rien" fait peut-être cliché, mais c'est vrai. »

Et la maternité dans tout ça?

Être mère et entrepreneure pose certes des défis particuliers mais offre aussi des avantages insoupçonnés : « Avant ma grossesse, j'avais tendance à être un peu workaholic. Avoir des enfants m'a obligée à prendre du recul et à mettre les priorités à la bonne place. À la veille de mon premier accouchement, j’ai vraiment dû apprendre à déléguer! » explique Marie-Josée Richer.

Le congé de maternité peut même être un moment de réflexion bien mérité dans la vie d’une entrepreneure : « En décembre 2012, raconte Catherine Légaré, je suis revenue de mon congé de maternité avec des idées plein la tête pour renouveler la façon d’accompagner les jeunes dans leur avenir professionnel, les brancher au monde du travail et rendre mon organisation plus autonome financièrement. »

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