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Travail et retraite

08 avril 2014

Boss des bécosses ou leader?

Parce qu’il existe plusieurs types de patrons, et je ne parle pas de ceux qui servent à faire des vêtements!

On gère des choses, on mène des gens

— Grace Hopper

Il y a les petits patrons chiches et grossiers à qui leur maman n’a jamais appris à prononcer les «mots magiques» comme merci et s’il-vous-plaît, et qu’on rêve, la nuit, d’étriper à mains nues. Laissez-moi vous dire que j’en ai connu plus d’un.

Il y a aussi les dirigeants rigides et sévères, les control freaks et les dictateurs qui, si ce n’était que cela leur ferait carrément risquer la prison, vous régenteraient bien à coups de bâton en ricanant comme une hyène. Il y a les boss qui abusent de leur pouvoir en se croyant tout permis, et qui règnent en roi et maître tout en s’imaginant que vous leur appartenez. Et bien sûr — comment les oublier — , il y a les libidineux à l’œil égrillard qui ne se gênent pas pour agir comme s’ils jouissaient d’un droit de cuissage sur votre personne. Ben oui, ça existe encore!

Puis il y a les arrogants et les méprisants qui signent votre chèque de paye un peu comme s’ils vous faisaient l’aumône, vous faisant ainsi rêver de gagner le gros lot du 6/49 et de crier Bye-bye boss!, comme dans la publicité, en leur brandissant un doigt d’honneur bien senti.

Des p’tits boss des bécosses, quoi!

Mais il y a aussi les autres. Les patrons qui maîtrisent l’art d’insuffler l’enthousiasme au sein de leurs équipes, les motivateurs et les visionnaires. Ceux-là savent se montrer humains, empathiques et flexibles. Ce sont des chefs capables de galvaniser leurs troupes et d’en gagner la loyauté. Ceux-là sont ce qu’on appelle des leaders.

Mais les leaders sont-ils si différents des p’tits boss dans leur manière de gérer? Selon Sam Geist, réputé expert en gestion des affaires, il semblerait que oui. En fait, plusieurs caractéristiques séparent les premiers des deuxièmes. En voici quelques-unes :

  • Un patron aime être sur un piédestal au-dessus des autres, alors qu’un leader préfère être parmi ceux qu’il mène;
  • Un patron s’enfarge dans les détails tandis qu’un leader focalise sur la vision d’ensemble;
  • Un patron dirige par la peur, et un leader par la confiance;
  • Un patron aime s’écouter parler, un leader préfère écouter;
  • Un patron prétend tout savoir alors qu’un leader pose des questions;
  • Un patron utilise les gens, un leader les développe;
  • Un patron s'attribue tout le mérite, un leader reconnaît celui des autres;
  • Un patron utilise son autorité, un leader son influence;
  • Un patron dit : «Go», un leader : «Let’s go» (allez-y vs allons-y!).

Cela dit, et n’en déplaise à tous ceux qui estiment en être un, le dirigeant parfait n’existe pas. Assez ironiquement, d’ailleurs, je remarque qu’il n’y a que dans l’univers des couturiers que le mot patron (pour faire des vêtements!) est synonyme de modèle. Ce qui ne devrait pas constituer en soi une excuse pour s’asseoir sur ses lauriers en ne cherchant pas à s’améliorer.

Chacun devrait garder en mémoire que la manière dont on traite les autres en affaires n’est rien d’autre qu’un boomerang, et ce, peu importe le poste qu’on occupe. Qu’on se le dise, avoir la grosse tête, ce n’est jamais payant. Car on recroise toujours, en descendant, ceux qu’on a un jour rencontrés en montant.

Il est indéniable qu’un patron a bien des pouvoirs sur nous. Mais il faut savoir que ces pouvoirs s’arrêtent au pas de la porte de notre dignité et de notre estime de soi. Que l’on soit stagiaire, commis de bureau, concierge ou veilleur de nuit, rappelons-nous qu’il n’y a que dans l’organigramme d’une entreprise qu’un patron peut être désigné comme notre supérieur.

Même incroyablement généreux, un chèque de paye n’achète pas tout. Surtout pas notre âme.

Dominique Bertrand est aussi l’auteure de Démaquillée, livre autobiographique où elle se livre en toute humanité, et du livre Le pot au rose, son premier roman, dans lequel elle nous invite à plonger dans l'univers savoureux de Florence.

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