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Travail et retraite

26 février 2013

8 erreurs à éviter pour décrocher une promotion

Vous êtes dans la course pour une promotion. Malgré votre excellente feuille de route, un faux pas pourrait couler votre candidature. Quelques conseils pour éviter les erreurs les plus courantes.

Après plusieurs années de loyaux services et d’efforts soutenus, vous êtes dans la course pour une promotion. Malgré votre excellente feuille de route, un faux pas pourrait couler votre candidature. Quelques conseils pour éviter les erreurs les plus courantes.

Parler d’argent

Combien rapporte ce nouveau poste tant convoité ? La question vous brûle les lèvres, et c’est normal. Mais attention de ne pas précipiter la négociation. «Négocier le salaire avant d’avoir décroché le poste est totalement inapproprié. Cela envoie le message que vous tenez votre victoire pour acquise. Tant qu’il y a d’autres candidats dans la course, c’est trop tôt», affirme Julie Carignan, associée principale chez SPB psychologie organisationnelle.

En parlant de salaire trop vite -- ou avec trop d’insistance — vous donnez aussi l’impression que l’argent est votre seule motivation. Or, une promotion, c’est beaucoup plus qu’une augmentation. La plupart du temps, elle s’accompagne de responsabilités et d’une charge de travail accrues. «Vous devez sérieusement prendre en compte ces considérations. Et votre patron doit le sentir», insiste Sylvie Lepage, CRHA et présidente d’Innovation RH.

Ce qui ne veut pas dire que la question salariale doit être complètement écartée. «Il faut s’informer de la fourchette prévue en amont, au début de la discussion», dit Julie Carignan. Sinon, vous risquez de vous égarer une fois venu le moment de parler rémunération. Par exemple, vous pourriez exiger un salaire irréaliste ou, pire, découvrir que l’augmentation est nettement inférieure à vos attentes et finir par refuser la promotion.

Si possible, vérifiez l’échelle salariale auprès d’un responsable des ressources humaines. Si seul votre supérieur peut vous répondre, soulevez la question habilement. «Vous pouvez dire : "Je sais que nous sommes loin d’en être arrivés à la négociation, mais pourrais-je avoir une idée de l’échelle salariale ?"» suggère Julie Carignan.

S’attribuer le travail des collègues

Avis aux gros ego : l’arrogance figure rarement parmi les qualités recherchées pour un poste. «Les employeurs veulent des leaders capables de reconnaître la contribution des autres et de faire preuve d’humilité», soutient Julie Carignan.

Vous attribuer tout le mérite des bonnes performances de votre équipe ou vous attribuer les réussites d’un collègue sera donc très mal vu. «Il faut se faire valoir tout en étant inclusif. Parler au " nous "», ajoute-t-elle.

D’ailleurs, insister lourdement sur vos réalisations n’est pas nécessaire. «Si vous êtes dans la course, c’est que vos supérieurs en tiennent déjà compte», souligne Gisèle Casavant, conseillère senior et spécialiste du sens politique chez CFC Dolmen. Il vaut mieux mettre l’accent sur les besoins et les attentes de vos patrons. «C’est comme faire la cour : il faut se montrer plus intéressé qu’intéressant !»

Critiquer vos concurrents

Évitez à tout prix de dire du mal de vos concurrents. «C’est un comportement de politicien en campagne électorale. Mais la quête d’une promotion n’est pas une course à la chefferie !» lance Julie Carignan.

En attaquant vos collègues, vous vous faites des ennemis avant même d’être nommé. «Tôt ou tard, vous aurez à travailler avec ces personnes ou avec leurs alliés», rappelle Gisèle Casavant. Votre patron pourrait douter de votre capacité à les rallier à votre cause une fois en poste. Sans compter qu’il craindra que vous le traitiez par la suite de la même façon !

Faire de l’excès de zèle

On vous demande un rapport à présenter dans deux semaines, et vous songez à mettre les bouchées doubles pour le livrer le lendemain afin de démontrer votre assiduité. «C’est tentant de travailler jour et nuit pour impressionner, mais c’est risqué», avertit Julie Carignan.

D’abord, vous créez des attentes irréalistes, puisque vous serez sans doute incapable de soutenir bien longtemps ce rythme après avoir été promu.

Ensuite, en multipliant les heures supplémentaires, vous donnez l’impression de mal gérer votre temps. «Un patron va hésiter à promouvoir un employé qui travaille déjà 80 heures par semaine et pour qui tout est une priorité, pense Julie Carignan. On va craindre qu’il ne se brûle et, s’il accède à un poste de gestionnaire, qu’il ne brûle les membres de son équipe.»

Et puis, la boulotmanie (workaholism) a beaucoup perdu de son lustre. «Les entreprises où rester tard fait bonne impression existent encore. Mais de plus en plus, les employeurs regardent davantage les résultats que les heures travaillées», estime Sylvie Lepage.

Aujourd’hui, ceux qui s’investissent totalement dans l’entreprise sans se tuer à l’ouvrage s’attirent le respect. «Les candidats qui se soucient des effets d’une promotion sur leur vie personnelle sont bien vus», constate Julie Carignan.

Négliger votre emploi

Le processus de sélection peut être long. En attendant sa fin, continuez d’assumer vos fonctions. «Il ne faut surtout pas négliger votre rôle actuel», prévient Sylvie Lepage. Par exemple, lancez les projets qui doivent l’être, même s’il est possible qu’un collègue doive prendre le relais.

N’oubliez pas que c’est votre poste actuel qui vous a permis de briller suffisamment pour vous voir offrir une promotion. Ne le dénigrez pas. «Évitez toute formulation comme " Cet emploi n’est plus à ma hauteur " ou " J’ai besoin d’autres défis parce que mon poste actuel est ennuyeux "», met en garde Gisèle Casavant. Ces commentaires pourraient faire douter votre patron de votre engagement envers l’organisation.

Faire du chantage

Menacer de démissionner est rarement approprié, et une course à la promotion ne fait pas exception à la règle. «C’est simple : le chantage est un grave manque de professionnalisme. Ce n’est pas la bonne façon de progresser», soutient Sylvie Lepage. «On cherche des leaders qui souhaitent contribuer à l’organisation. Pas des gens centrés sur leur propre fonction dans l’entreprise», ajoute Julie Carignan.

Vous créez aussi un précédent. Allez-vous faire mine de claquer la porte chaque fois que les choses ne se dérouleront pas comme vous le souhaitez ? En plus, si vous ne mettez pas votre menace à exécution, vous vous discréditez totalement.

Vous comptez réellement quitter l’entreprise si la promotion vous échappe? Dites-le de façon constructive. «Il faut être ouvert à la discussion, dit Julie Carignan. Vous pouvez tout à fait dire à votre patron que vous estimez avoir fait le tour de votre emploi actuel, que vous cherchez davantage de responsabilités et que si cette possibilité ne se concrétise pas, vous aimeriez pouvoir trouver avec lui d’autres voies pour concilier vos aspirations aux besoins de l’organisation. Tout est dans le ton!»

Jouer au patron

«Jouer au ti-boss avec vos collègues n’est pas une bonne façon de démontrer que vous êtes prêt à passer à l’échelon hiérarchique supérieur», avertit Julie Carignan. Au contraire, vous risquez de leur déplaire et, du coup, de donner une mauvaise impression à votre supérieur, qui vous observe.

Dans le même ordre d’idée, ne prenez pas de décisions qui vous reviendraient si vous aviez le poste. «Donner des approbations sans en avoir encore le pouvoir vous mettra dans l’embarras, dit Sylvie Lepage. Dans certains cas, cela pourrait entraîner des coûts pour l’organisation et vous mettre la direction à dos.»

Évitez aussi de faire des promesses à vos collègues, en leur disant par exemple que les choses vont changer quand vous serez nommé. «Tant que vous n’êtes pas en poste, vous ne disposez pas de toutes les informations, dit Julie Carignan. Vous créez des attentes et vous vous engagez avec des promesses que vous ne pourrez pas tenir.» Pour votre patron, c’est un autre signe que vous n’êtes pas prêt pour la promotion.

Insister indûment

En attendant la décision, évitez d’être trop insistant. «Aller voir son supérieur tous les jours pour demander : " Est-ce que je vais l’avoir? Quand va-t-on savoir? " ça finit par être harcelant», fait remarquer Sylvie Lepage.

En plus de dénoter de l’impatience, vous révélez ainsi que vous connaissez mal le fonctionnement de l’entreprise. «Dans une PME, ça peut aller vite, poursuit-elle. Mais dans une grande entreprise, les processus d’approbation peuvent être très longs, surtout quand l’autorisation vient d’un siège social à l’étranger.»

Pour éviter cette situation, Julie Carignan suggère de demander, une fois, quelles seront les prochaines étapes du processus et combien de temps elles prendront. «De cette façon, si vous n’avez toujours pas de nouvelles après trois semaines alors qu’on vous avait promis une réponse dans 15 jours, vous pouvez légitimement faire un suivi, sans craindre d’irriter.»

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