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Santé mentale

02 août 2018

Trouver un sens à sa vie de tous les jours

Pourquoi se lève-t-on matin après matin, pour s’attaquer à la tâche (parfois ardue) de vivre? Donner un sens à sa vie permet de mieux l’apprivoiser… et de soigner notre santé mentale.

Le Mouvement Santé mentale Québec Le Mouvement Santé mentale Québec est le seul regroupement d’organismes communautaires œuvrant en matière de promotion et de prévention en santé mentale au Québec. Les quatorze groupes membres, à travers la province, allient leur force en vue de créer, développer et renforcer la santé mentale. Ils visent à ce que les personnes et les collectivités aient les capacités et les ressources nécessaires pour maintenir et améliorer leur santé mentale.

C’est l’histoire de trois tailleurs de pierres qui s’affairent exactement à la même tâche. On demande tour à tour à chacun ce qu'il fait. Le premier dit: « je taille des pierres pour purger ma peine». Le deuxième répond: «je taille des pierres pour nourrir ma famille». Tout sourire, le troisième répond: «je taille des pierres pour construire des cathédrales!».

C’est la même tâche, mais le sens que lui donnent ces trois tailleurs fait toute la différence. Et c’est cette quête de sens qui donne sa couleur et sa saveur à la vie de tous les jours, du plus banal au plus grandiose, touchant tout sur son passage, du moindre évènement à l’adversité, en passant par notre conception même du monde.

Renée Ouimet est directrice du Mouvement Santé mentale Québec. Elle est d'avis que c'est ce sens qui fait qu'on souhaite sortir du lit le matin pour entamer une nouvelle journée. «Lorsqu’une personne sent qu’elle est l’instigatrice de ses actions et que celles-ci sont en lien avec ses valeurs, lorsqu’elle peut faire des choix pour atteindre ses objectifs, qu’elle sent qu’elle fait des progrès et qu’on reconnaît sa valeur, qu’elle aime, se sent aimée et intégrée, elle a alors de nombreux ingrédients pour favoriser sa santé mentale.»

Ce qui donne du sens est différent pour chaque personne, certes, mais répondre à certains besoins psychologiques fondamentaux permet aux individus de rester «accrochés à la vie» et donc motivés par leur vie personnelle et professionnelle. C’est ce qu’on appelle la théorie de l’autodétermination qui englobe trois besoins basiques : l’autonomie, la compétence et l’affiliation sociale.

«Des collectes de données dans les Amériques, en Europe et en Asie nous confirment que les besoins d’autonomie, de compétence et d’affiliation sociale sont universels et que leur satisfaction mène à des conséquences bénéfiques dans les milieux de travail», relate Jacques Forest, Ph. D., psychologue et CRHA, et professeur titulaire au Département d’organisation et ressources humaines de l’ESG de l’Université du Québec à Montréal.

Qu’est-ce qui donne du sens à notre vie?

Ça varie pour chacun... et encore, à certains moments dans notre vie! Par moment, ce sera le sens qu'on donne à la routine et aux petits rituels de la vie comme le café qu'on savoure le matin ou l'histoire qu'on partage avec notre enfant à l'heure du dodo. Pour d’autres, c’est celui donné à tous les rôles que nous jouons dans notre vie : amoureux, ami, connaissance, collègue, bénévole... À certains moments, c’est le sens que nous donnons à nos projets et à ceux auxquels on s'associe. Et c'est le sens que nous donnons aux choses plus grandes que soi : la vie, l’univers, les grandes questions de l'existence et au sentiment d’appartenance à tout ça. Ou encore, c’est la douce paix qui nous habite lorsqu’il y a une cohérence entre nos valeurs et ce que l’on vit.

Lorsqu’on donne du sens à ce qui remplit notre vie, on réduit la douleur. Normal qu'on se sente mieux lorsqu'on vit en accord avec nos valeurs et qu'on se sort de l'impuissance! Le sens, c'est ce qui nous fournit une motivation de nous accrocher et de donner une direction à notre vie. Dans son livre Découvrir un sens à sa vie, le psychiatre (et survivant de l’Holocauste) Viktor Frankl explique que le sens que nous donnons à notre vie peut agir comme un moteur et orienter nos actions. Ainsi, lorsqu'on vit un moment difficile et que la peur nous tenaille, nous pouvons plonger au cœur de nous-mêmes et retrouver nos raisons de vivre. Même lorsque les passages à vide s'allongent et que le malheur s'acharne, le sens qu'on donne aux choses peut agir comme une bouée. Et même les situations les plus difficiles fournissent des occasions d'apprendre et de grandir.

Pour pousser la réflexion

Comment savoir si nos gestes, nos façons de faire et nos actions au travail contribuent à la santé mentale de ceux autour de nous? C’est le cas si on répond oui aux questions suivantes, qui permettent d’amorcer notre réflexion :

  • Nos actions, nos activités et l’organisation du travail favorisent-elles l'intégration sociale?
  • Est-ce qu’elles permettent aux personnes de sentir qu’elles font partie de la société, d’une communauté?
  • Est-ce que par nos paroles et nos actions les gens autour de nous sentent qu'ils peuvent contribuer au projet social et que jamais ils ne sont trop petits pour faire la différence?
  • Est-ce qu’on encourage les gens autour de nous à croire au potentiel de la société, à voir ses progrès et une trajectoire cohérente pour la suite?

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