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Santé mentale

18 janvier 2019

Surmonter les blues de l'hiver

Vous avez des envies de sucre, vous dormez tard, vous annulez des sorties et vous ne vous sentez pas vraiment dans votre assiette? Vous souffrez peut-être de dépression saisonnière.

Lorsque les journées commencent à se refroidir et à raccourcir en septembre, Ingrid a de plus en plus envie de dormir, elle a des envies de sucre et elle se sent anxieuse. Ingrid souffre de dépression saisonnière (aussi appelée troubles affectifs saisonniers ou TAS) depuis de nombreuses années.

«Je m'isole du reste du monde pendant au moins la moitié de l'année et je mange trop, ce qui me fait prendre du poids; je me sens donc peu attrayante et mes vêtements ne me font plus» explique-t-elle. «Je ne garde pas le contact avec mes amis comme je le fais pendant l'été et les rendez-vous galants représentent tout un défi pour moi, car je ne m'aime pas lorsque je suis dans cet état.»

Ingrid, 46 ans, souffre de dépression saisonnière environ huit mois par année, de septembre à mars, au moment où arrive le printemps. Elle souffre d'une forme grave de la maladie, qui touche 2 % des Canadiens, selon Robert Levitan, détenteur de la Chaire de recherche Cameron Wilson sur la dépression au Centre de toxicomanie et de santé mentale, à Toronto.

Souffrez-vous de troubles affectifs saisonniers?

De 3 à 5% des Canadiens souffrent d'une forme bénigne de troubles affectifs saisonniers, qui sont un état dépressif se manifestant lorsque le nombre d'heures d'ensoleillement diminue, que les journées raccourcissent et que la température baisse. Chez les personnes qui sont atteintes de dépression saisonnière, les neurotransmetteurs du cerveau, substances chimiques régulant le sommeil, l'humeur et l'appétit, ne fonctionnent pas normalement, selon l'Association canadienne pour la santé mentale (ACSM). Ces personnes présentent les symptômes suivants :

  1. Envie de dormir excessive pendant la journée. Le plus souvent à partir de novembre, les personnes qui souffrent de TAS ressentent un manque d'énergie et une fatigue excessive. Le seul fait de se lever le matin relève du défi.
  2. Envie d'aliments riches en sucres et féculents. L’envie soudain et régulier de beignes, de bagels, de biscuits ou de purée de pommes de terre pourrait être un signe de TAS.
  3. Pensées dépressives. Les TAS mènent essentiellement à une dépression clinique bénigne.
  4. Décrochage face aux activités sociales. Les personnes qui souffrent de TAS ont souvent le goût de s’isoler, et évitent de participer à des activités dans le cadre de leur travail, à des soirées ou autres événements sociaux.
  5. Anxiété ou désespoir. Dans les cas plus graves de TAS, on peut ressentir de l’irritabilité, l'anxiété et même du désespoir.
  6. Prise de poids. Si vous prenez plus que quelques livres seulement à l'arrivée de l'hiver chaque année, c'est possible que ce soit attribuable aux TAS.

Mais il y a une bonne nouvelle. Des traitements existent et peuvent vous aider à fonctionner normalement.

Illuminez votre vie

Heureusement, les personnes atteintes d'une forme bénigne de dépression saisonnière — et même celles qui sont plus gravement atteintes — répondent à des traitements comme la luminothérapie, la pharmacothérapie ou la psychothérapie.

Le truc qu'on utilise le plus souvent pour faire croire à l'organisme que c'est le printemps ou l'été est l'utilisation d'une lampe de luminothérapie qui produit une lumière vive. M. Levitan recommande de s'exposer à cette lumière pendant une demi-heure chaque matin. «Si la personne peut se lever à six ou sept heures, c'est encore mieux» explique-t-il, car la lampe lui fournira l'«ensoleillement» supplémentaire dont son organisme a besoin.

La constance est la clé, dit M. Levitan. «Si vous utilisez la lampe à n'importe quel moment de la journée, vous modifiez les signaux que reçoit votre cerveau.» Cela signifie donc qu'il ne faut pas l'utiliser à 8 heures un matin et à 10 heures le lendemain, par exemple, ce qui pourrait, selon lui, aggraver les symptômes de TAS.

D'autres traitements qui peuvent apporter un soulagement sont les modifications aux habitudes alimentaires, la prise de suppléments comme les Oméga 3 et la vitamine D et l'exercice, qui produit la sérotonine, l'hormone du bien-être. L'acide aminé tryptophane, en vente libre en pharmacie, favorise aussi le sommeil et la relaxation chez plusieurs des patients de M. Levitan.

Ingrid est allée encore plus loin. «En plus d’une lampe pour la luminothérapie, j'ai aussi acheté un simulateur d'aurore, qui s'allume lentement pour simuler l'aube d'une journée radieuse de mai» dit Ingrid.

Si ces traitements ne fonctionnent pas, il existe aussi des antidépresseurs pour traiter les TAS, explique M. Levitan, de même que la psychothérapie. Mais il rappelle qu'il faut impérativement consulter son médecin avant d'entreprendre n'importe quel traitement.

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