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Santé mentale

Simplement brillant
25 mai 2017

Les bienfaits de l'amitié sur la santé

Conserver un réseau social sain et florissant peut aussi vous aider à rester en bonne santé, tant sur le plan psychologique que physique.

La Dre Michaela Hynie étudie le concept d'inclusion sociale parmi la population des nouveaux immigrants et des personnes âgées. Cette professeure agrégée de la faculté de santé de l'Université York à Toronto est consciente que les problèmes de santé mentale, le manque d'accès au transport, les barrières linguistiques et les problèmes liés à la mobilité sont des obstacles à l'inclusion des personnes au sein d'un groupe social. Elle a d'ailleurs pu en constater directement des conséquences.

« N'importe qui peut se sentir [isolé]. Cependant, certaines situations peuvent rendre certaines personnes encore plus vulnérables », affirme la Dre Hynie. « Une mauvaise connaissance du français ou de l'anglais, par exemple, peut favoriser l'isolement. Les personnes qui ont la responsabilité de prendre soin des membres de leur famille ont moins l'occasion de sortir de chez elles. Il y a aussi les obstacles liés au transport. Si vous vivez dans un secteur où les services de transport en commun sont inadéquats et que vous n'avez pas d’auto, vous ne pouvez pas sortir pour rencontrer des gens. »

La Dre Hynie a été encouragée par les résultats d'un récent programme mis sur pied par l'Association canadienne pour la santé mentale intitulé « Minding our bodies ». Cette série de projets a pour but de promouvoir une saine alimentation et une vie active auprès des personnes atteintes de maladie mentale afin d'améliorer leur état de santé.

« Il était bien sûr important de créer de nouvelles possibilités d'activité physique et de leur montrer à cuisiner; mais ce sont surtout les liens créés grâce à ces activités qui ont été la clé de leur réussite », affirme la Dre Hynie. « Ils ont aidé les gens à se sentir mieux. »

Les participants, dont la plupart souffrent d'une maladie mentale comme la dépression ou la schizophrénie, n'ont pas seulement cuisiné ou fait de l'exercice; ils se sont fait des amis.

Les bienfaits des réseaux sociaux

Les relations sociales sont bonnes pour notre santé. Elles aident à réduire le niveau d'anxiété et les symptômes de la dépression et fournissent un soutien quand les choses deviennent difficiles.

Toutefois, ces bienfaits vont au-delà des avantages psychologiques. Selon le National Institute on Aging des États-Unis, les relations sociales favorisent la réduction de l'inflammation dans le corps, qui peut entraîner l'apparition de maladies cardiaques ou d'autres maladies comme l'Alzheimer. Participer à des activités sociales contribue aussi à réduire la tension artérielle ainsi que les risques de morbidité et de mortalité.

« Elles réduisent la tension artérielle, stimulent le système immunitaire et améliorent le sommeil », déclare la Dre Verena Menec, professeure au département des sciences de la santé communautaire de l'Université du Manitoba.

Fait intéressant : les relations sociales n'ont pas toutes les mêmes effets positifs sur la santé. Selon une étude effectuée en 2010 par le Journal of Health and Social Behaviour, la qualité des réseaux sociaux est importante et peut influer sur les comportements.

« On pourrait penser qu'une personne en couple est plus heureuse et en santé », dit la Dre Menec. « Toutefois, si la relation avec le conjoint est mauvaise, les bienfaits sont moins nombreux. »

Pour certaines personnes, le fait d'avoir une ou deux relations d'amitié solides – avec une personne qui leur fait des câlins et écoute leurs problèmes – est suffisant. Pourtant, pour la plupart des gens, plus ils en ont, mieux c'est. Les relations avec les membres de sa famille, les amis et les connaissances apportent diverses expériences sociales – soutien, rire, divertissement ou soins – et répondent aux besoins d'une personne.

« Chaque type de relation peut vous procurer des bienfaits uniques. »

Entretenez vos réseaux sociaux

Selon la Dre Menec, le pire qu'on puisse faire est de s'isoler soi-même et de perdre contact avec ses amis et ses connaissances. Cette situation se produit quand les gens vieillissent ou qu'ils sont atteints d'une maladie chronique.

Les hommes hétérosexuels ont d'ailleurs tendance à avoir un réseau social plus petit. Certains n'ont personne d'autre que leur femme. Arrivés à un certain âge, et surtout s'ils sont veufs, les hommes se retrouvent avec peu d'amis. « Ils n'entretiennent pas autant leurs amitiés que les femmes », affirme la Dre Menec. « Si leur conjointe décède, ils sont perdus. Il est ensuite difficile d'entrer en contact avec eux. »

Selon la Dre Hynie, si les personnes âgées sont découragées à l'idée de se joindre à un groupe, les membres de leur famille peuvent les aider à surmonter les obstacles courants. Ils peuvent les encourager à participer à des activités, vérifier auprès d'organismes locaux s'ils offrent des cours abordables, des ateliers, des programmes d'exercice ou des clubs et les y conduire. Il existe aussi des services de transport comme Wheel Trans ou ceux fournis par la Croix-Rouge ou la CARP (Canadian Association for Retired Persons) qui offrent un service de navette aux personnes âgées.

Les programmes d'aide à la communauté soutiennent les nouveaux arrivants au Canada en les aidant à se constituer un réseau. Ils favorisent la socialisation entre personnes ayant les mêmes intérêts et compétences et offrent des stratégies d'intégration, comme des cours de langue et de la formation.

Selon la Dre Hynie, le bénévolat est aussi une excellente activité pour rencontrer des gens et se sentir utile. « Il est prouvé que le bénévolat apporte de nombreux bienfaits », dit-elle. « C'est une activité qui permet d'entrer en contact avec d'autres personnes, ce qui rend les gens plus heureux. »

« Renforcer son réseau social est donc une des plus importantes choses à faire », conclut la Dre Hynie. Ce à quoi la Dre Menec acquiesce : « Cultivez vos amitiés. »

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