Passer à l'ouverture de session client Passer au contenu principal Passer au pied de page

Santé mentale

30 septembre 2015

Décrochage : sauriez-vous reconnaître les signaux d’alarme?

Prévenir le décrochage scolaire, c'est possible! Il faut observer nos enfants et surveiller certains signaux, bien sûr. Mais il faut surtout miser sur la motivation et transmettre le goût d'apprendre aux jeunes. Plan d'action pour les parents!

Il n'y a que quelques semaines que l'école est commencée, mais vous sentez déjà la motivation de votre enfant faiblir. Comme on entend beaucoup parler de décrochage scolaire, cela vous inquiète. D'abord, il ne faut pas paniquer : cette baisse de motivation peut n'être que passagère. Mais voici quelques signaux d'alarme à surveiller, et comment y réagir.

Des signaux à surveiller

Différents signaux devraient alerter les parents – au secondaire, mais aussi au primaire. Des exemples? Quand des jeunes perdent toute motivation face à l'école et qu'ils cherchent constamment des raisons de ne pas y aller, ou encore quand ils ont de mauvais comportements en classe ou « oublient » constamment de faire leurs devoirs. Il faut aussi s'interroger quand on note qu'ils ont le sentiment de n'être bons dans rien.

« Comme parents, il faut chercher ce que cachent ces comportements. Est-ce que notre garçon a un problème dans la relation avec son enseignant? Notre fille a-t-elle l'impression de ne rien comprendre simplement parce qu'elle a eu une mauvaise note? Il faut circonscrire le problème », explique Germain Duclos, psychoéducateur, orthopédagogue et auteur, entre autres, de La motivation à l'école (Éditions du CHU Sainte-Justine). Parfois, des enfants croient qu'ils détestent l'école, alors que ce n'est qu'une matière qu'ils n'aiment pas. Il faut alors les aider à ne pas rejeter l'école en bloc en les amenant à réaliser ce qu'ils apprécient : les expériences en sciences, le fait de voir leurs amis, le cours d'éducation physique, etc. Cela leur permet de voir des aspects positifs de l'école, et de retrouver ainsi un peu de motivation.

Priorité : la lecture 

Dès le primaire, un retard en lecture est un indicateur d'un risque potentiel de difficultés à l'école. « La lecture est fondamentale. Trop d'enfants arrivent au secondaire sans être capables de bien comprendre ce qu'ils lisent », dit Édige Royer, psychologue, professeur associé en adaptation scolaire à l'Université Laval et spécialiste de la réussite. Germain Duclos est du même avis : « La lecture est la porte d'entrée de tous les apprentissages. La grande majorité des décrocheurs sont des jeunes qui ne lisent pas. » En effet, comment un enfant peut-il résoudre un problème de mathématique s'il est tout simplement incapable de le lire?

Miser sur les points forts

Si des enfants peinent davantage et ne réussissent pas dans une matière, ils peuvent se sentir découragés. « C'est difficile, pour tout le monde, d'aimer quelque chose qu'on ne réussit pas », affirme Germain Duclos. Pour éviter de laisser perdurer ce malaise, il faut rappeler aux enfants les succès qu'ils ont déjà eus. Nous pouvons par exemple leur dire : « Te souviens-tu quand tu as eu de la misère l'an passé dans telle matière et que, finalement, tu as réussi à faire des progrès? » Nous pouvons aussi leur donner des exemples de difficultés que nous avons eues, comme adultes, et que nous avons réussi à dépasser.

En aidant un enfant à voir ses forces et, surtout, sa capacité à surmonter les obstacles, on le rassure et on lui fait réaliser qu'il est capable d'apprendre. Ensuite, on peut voir d'autres stratégies pour l'aider à mieux comprendre cette matière difficile : en parler avec l'enseignant ou l'enseignante et profiter des périodes de récupération, ou faire en sorte que l'enfant demande l'aide d'un ami qui réussit bien.

Stimuler l'appétit d'apprendre

Parfois, la démotivation vient du fait que l'enfant ne voit pas l'utilité de certains apprentissages. « Il doit pouvoir voir le lien entre les acquis et la vraie vie. À quoi ça sert, finalement! Autrement, il risque d'être moins motivé en classe, d'écouter moins et de déranger les autres par son comportement », explique Germain Duclos.

C'est bien sûr plus évident dans certaines matières, mais c'est un exercice utile, peu importe l'apprentissage. « De plus, beaucoup de jeunes trouvent leur seule motivation dans les notes, alors que le contenu et le plaisir d'apprendre devraient primer », ajoute M. Duclos. « Et, pour que les enfants s'intéressent à une matière ou à ce qu'ils font à l'école, il faut que les parents démontrent aussi leur intérêt, en posant par exemple, pendant le souper, des questions sur ce qui se passe à l'école », dit Égide Royer.

« La motivation, c'est comme l'appétit, explique Germain Duclos. On ne peut forcer personne à se motiver ou à avoir faim. Pour développer l'appétit, il faut préparer de bons petits plats. Et, quand on a du plaisir pendant les repas, l'appétit augmente. » De même, quand un enfant perd de l'intérêt à l'école, il faut stimuler son appétit d'apprendre et le plaisir qu'il peut en tirer. « Les parents peuvent par exemple raconter de bons souvenirs liés à l'école, montrer qu'ils aiment encore apprendre, lire avec leurs enfants. La motivation, c'est quelque chose de contagieux! » rappelle le psychoéducateur.

Et à ne pas oublier : l'intimidation

Enfin, il faut savoir que l'intimidation peut aussi mener au décrochage. « Un enfant victime d'intimidation est 20 fois plus susceptible de s'absenter de l'école », explique Égide Royer. Si, tout d'un coup, un enfant qui aimait l'école ne veut plus y aller, il faut s'interroger et poser des questions d'abord à l'enfant puis à son enseignant ou enseignante. Il y a maintenant, dans la plupart des écoles, des programmes pour lutter contre l'intimidation.

Articles Connexes