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Santé mentale

08 septembre 2017

Comment reconnaître les signes de la dépression à l’adolescence

Changements des habitudes de sommeil et d'alimentation, repli sur soi, irritabilité : S'agit-il de changements propres à l'adolescence ou de signes de dépression? Voici comment faire pour le savoir.

Les progrès de la médecine et les initiatives de sensibilisation comme la Journée mondiale de la santé mentale (célébrée le 10 octobre) font évoluer le discours sur la maladie mentale dans notre société et permettent à des millions de personnes d'obtenir l'aide dont elles ont besoin. Toutefois, la prévalence terriblement élevée de la dépression chez les enfants et les adolescents est encore souvent ignorée.

Selon l'Association canadienne pour la santé mentale, la maladie mentale ou les troubles mentaux touchent de 10 % à 20 % des jeunes au Canada, mais seulement 1 jeune Canadien sur 5 ayant besoin de services de santé mentale les reçoit.

Cependant, même si les difficultés d'accès aux services de santé mentale peuvent être nuancées et complexes, la sensibilisation aux signes de la dépression à l'adolescence et l'éradication de la stigmatisation rattachée aux maladies mentales peuvent aider. Le docteur Marshall Korenblum, professeur agrégé à la Faculté de psychiatrie de l'Université de Toronto, explique comment.

À quoi ressemble la dépression chez les adolescents?

La dépression chez les adolescents diffère légèrement de celle des adultes, en partie à cause des hormones qui sont toujours en effervescence après la puberté, souligne le Dr Korenblum. «Les aspects biologiques de la dépression, comme les troubles du sommeil et de l'appétit, sont beaucoup plus présents chez les adolescents que chez les adultes», dit-il. Vous pouvez remarquer que votre adolescent dort ou mange beaucoup plus – ou beaucoup moins – que d'habitude.

Vous pouvez aussi remarquer des changements dans ses relations avec vous et avec ses pairs. Comme les adolescents souffrant de dépression sont susceptibles de se sentir irritables et isolés, il se peut que vous vous sentiez exclu de leur vie et que vous remarquiez qu'ils passent beaucoup moins de temps avec leurs amis.

Il y a aussi des signaux d'urgence et de danger de dépression grave. Obtenez de l'aide d'urgence si votre adolescent se met à :

  • vendre ou donner ses biens les plus précieux
  • abandonner des activités qu'il aimait
  • dire qu'il se sent pris au piège ou qu'il a l'impression d'être un fardeau 

Ces signes peuvent indiquer que votre ado a des idées suicidaires et requiert une assistance médicale immédiate.

Comment pouvez-vous intervenir si vous soupçonnez que votre adolescent souffre de dépression?

Pour aider votre ado, commencez par lui parler des symptômes que vous avez remarqués. Concentrez-vous sur des comportements objectifs et vérifiables («J'ai remarqué que tu passes plus de temps dans ta chambre. Est-ce que tout va bien?») au lieu d’essayer d'interpréter l'humeur de votre adolescent.  

Parlez-lui de ce que vous avez vous-même vécu relativement à la dépression, à la maladie mentale ou à des difficultés émotionnelles quand vous étiez jeune. «S'il y a deux choses que les adolescents craignent, c'est de passer pour faibles ou bizarres», souligne le Dr Korenblum. Le fait de parler de ce que vous avez vous-même vécu contribue à briser les tabous qui entourent la dépression, ce qui peut inciter votre adolescent à s'ouvrir. 

À partir de là, consultez votre médecin de famille ou un pédiatre, conseille le Dr Korenblum. Certains problèmes de santé, comme l'anémie, l'hypothyroïdie et la mononucléose, peuvent imiter les symptômes de la dépression. Votre médecin peut exclure les autres causes possibles et vous indiquer, s'il y a lieu, un programme de traitement de la dépression efficace pour votre famille. 

Demandez à votre adolescent la permission d'obtenir le soutien d'autres personnes significatives pour lui. Un entraîneur de soccer, un professeur qu'il aime bien et en qui il a confiance ou, si vous êtes une famille religieuse, un pasteur, un rabbin ou un leader jeunesse peut offrir à votre adolescent un cadre sûr pour parler de ses sentiments et de ses difficultés.

Enfin, adoptez un mode de vie sain à la maison en servant des repas nutritifs et en encourageant l'activité physique. «La santé physique favorise la santé mentale, et vice versa», rappelle le Dr Korenblum. Investissez dans une lampe de luminothérapie pour que votre adolescent l'utilise le matin, surtout pendant les mois d'hiver. «La luminothérapie est un moyen sûr et simple de stimuler les mêmes substances chimiques que les antidépresseurs, sans effets secondaires», dit-il.

Prenez soin de vous, aussi

Le fait d'aider une personne aux prises avec la dépression peut compromettre votre propre santé mentale. Si vous vivez des moments difficiles, tournez-vous vers les groupes de soutien et d'entraide de votre région, comme le Mouvement santé mentale Québec et songez à faire appel à des services de consultation parentale ou familiale pour obtenir de l'aide. En prenant soin de vous, vous pourrez non seulement préserver votre propre bien-être, mais aussi rester fort et offrir à votre adolescent le soutien et la stabilité dont il a besoin. 

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